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Italie: marche contre le racisme à Florence

Meurtre de sénégalais à l’étranger- L’enfer, c’est les autres

REWMI.COM- Dans la pièce théâtre ‘’Huis Clos’’ de Jean-Paul Sartre, les apprentis philosophes des classes terminales retiennent cette phrase d’un des personnages : ‘’l’enfer, c’est les autres’’.

Sartre avait, dans une magistrale, dépeint la difficile coexistence des êtres dont chacun souffre des différences des autres et pense qu’il le prive de sa liberté.

Eh bien, c’est exactement la situation des émigrés dans leurs pays d’accueil.

Idy Diène vient d’être froidement abattu par Roberto Pirrone, un homme qui ne le connaissait même pas. Et c’est loin d’être le premier meurtre de ce genre que d’aucuns mettent sur le dos de la montée grandissante du populisme en Europe et aux Etats-Unis.

Des Sénégalais et d’autres étrangers sont quotidiennement victimes du regard d’abord interrogateur, puis provocateur, avant d’être violent d’autochtones qui, manifestement, ont des soucis d’insertion socio-professionnelle, frappés par la crise. Alors, l’immigré devient la source de tous les maux. Un mauvais procès sans doute, mais qui n’est pas toujours sans fondement.

Si rien ne justifie un meurtre aussi gratuit, il est important que les Sénégalais et les étrangers qui arrivent dans d’autres pays fassent leur propre introspection.

Aux alentours du Dome à Florence, là où le meurtre a eu lieu, de la Chapelle de Medici, du Vieux pont et autres lieux mythiques visités quotidiennement par des touristes, la principale source de revenus de la ville, devant les magasins et autres lieux, Sénégalais, Marocains, Chinois et autres nationalités développement leurs petits commerces à l’aide de cartons ramassés dans les poubelles. Le contraste est réel par rapport aux pratiques en cours et les lois en vogue sur le commerce dans ce pays. Nous exportons nos habitudes et pratiques chez des gens qui n’en ont pas la culture. Nous indisposons. Et ça, personne ne le dit. Ces pratiques de ‘’voi comprare’’ (veux-tu-acheter) comme on les appelle là-bas, sont combattues par les forces de l’ordre chaque jour avec des étrangers qui s’entêtent.

Et ce n’est pas tout. L’entassement dans les maisons, la promiscuité ambiante, le refus de payer le transport dans les bus et autres moyens de transport, de respecter le minimum de lois du pays d’accueil, accentuent le sentiment de xénophobie.

Nous tenons tous à voyager, surtout dans des pays nantis, sans vraiment savoir ce qui nous attend là-bas. Les nouveaux qui arrivent constituent un fardeau pour ceux qui les accueillent, en général des parents ou des voisins, qui les balancent dans la rue pour vendre de petits objets dont personne n’a besoin.

C’est vrai que l’Europe est alors un enfer pour ces immigrés, mais ces derniers constituent aussi un enfer pour ceux qui sont ainsi indisposés dans leurs propres pays. Il faut savoir regarder les choses en face.

Que peut faire l’Etat du Sénégal quand un Italien tire sur un Sénégalais, sinon souhaiter que le criminel soit arrêté et que justice se fasse ? La faute n‘est pas toujours du côté de l’Etat. Elle est du côté des parents qui poussent leurs enfants à l’aventure, de ces Modou-modou qui trichent une fois rentrés au bercail en donnant l’impression de vivre le paradis là d’où il vient, de la détérioration des termes de l’échange, de la tutelle de notre monnaie, de la faiblesse de nos économie, de l’inadaptation de notre enseignement au marché de l’emploi, etc.

Il faut, dans tous les cas, que les gens apprennent à rester chez eux et s’ils voyagent, à rentrer. Le paradis n’existe nulle part et on l’apprend trop vite à ses dépens. Nombre de Sénégalais sont aujourd’hui bloqués dans ces pays, faute de billets pour rentrer.

Et ce qui est dramatique, c’est que beaucoup se clochardisent et perdant tout sens du réel et du bons sens. Idy a été tué, mais certains de nos compatriotes se suicident parce qu’ils n’en peuvent plus.

C’est dire que l’on est jamais trop bien que chez soi.

Assane Samb/Rewmi quotidien

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