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MEURTRE D’IBRAHIMA GAYE Les accusés condamnés à 7 ans de travaux forcés

Attraits hier à la barre de la chambre criminelle de Dakar pour le meurtre de Ibrahima Gaye, les accusés Djibril Camara et Adama Sène ont été reconnus coupables. Ils ont été condamnés à 7 ans de travaux forcés et à une amende d’un million chacun.

Le Président de la chambre criminelle de Dakar a condamné, hier, les sieurs Djibril Camara et Adama Sène à 7 ans de travaux forcés, avec une amende d’un million chacun. Ils ont été déclarés coupables du meurtre d’Ibrahima Gaye. Il ressort des débats d’audience que le 20 septembre 2009, les éléments de la brigade de gendarmerie de Keur Massar ont été informés de la découverte du corps sans vie d’un homme dans la forêt classée de Boune. Les hommes en tenue se sont rendus sur les lieux avant de constater que le corps sans vie de la victime reposait à même le sol, couché sur le ventre, la main gauche allongée et celle de droite légèrement repliée, un couteau à manche verte planté dans le sol à hauteur du ventre, ainsi qu’une pochette contenant une pièce d’identité et une carte d’électeur du nom de Mamadou Kondjira, né le 11 mai 1983. La victime avait le crâne rasé avec quelques légères blessures au niveau de la tête. L’examen du corps a permis de constater deux plaies pénétrantes dorsales et une égratignure au niveau de la poitrine. La quantité de sang découlant de l’hémorragie et qui a entraîné la mort de la victime, n’a pas été constatée sur les lieux, ce qui laisse supposer que la victime a été poignardée à un endroit différent de celui où elle a été retrouvée. Selon le procès-verbal d’enquête préliminaire, les enquêteurs ont été avisés par l’infirmier chef du poste de santé de Boune, Mamadou Lamine Sy, qu’il a reçu le nommé Djibril Camara, grièvement blessé par une arme blanche, qui sollicitait des soins. C’est sur ces entrefaites qu’ils se sont rendus immédiatement audit poste de santé où le chef de ladite structure a précisé que le sieur Camara présentait une plaie pénétrante à l’avant-bras gauche, faite à l’arme blanche. Il a déclaré que devant la gravité des blessures, il a requis l’ambulance de Pikine pour procéder à son évacuation. Au cours de celle-ci, le sieur Camara, malgré la gravité de ses blessures, s’inquiétait du sort de son ami qui avait reçu un coup de couteau à la poitrine et s’était dirigé vers la forêt.

La défense plaide l’acquittement au bénéfice du doute

Poursuivant sa déclaration, l’infirmier a dit que le sieur Camara a avoué que ses blessures lui ont été infligées au cours d’une bagarre et qu’on lui a retiré son portable, mais que lui aussi avait réussi à prendre le téléphone portable des agresseurs. L’enquête de voisinage menée par des gendarmes a permis de savoir, d’une part, à travers notamment les déclarations d’Aïssatou Ndiaye et Ndary Badiane, que le samedi 19 septembre 2009, vers 15 heures, deux personnes agressées dont l’une grièvement blessée à la poitrine, ont tenté de se réfugier successivement dans leur maison et un magasin, alors qu’elles étaient poursuivies par leurs assaillants ; et d’autre part, qu’il s’agissait d’un règlement de compte entre agresseurs, relativement au partage de butin. A la barre de la chambre criminelle, hier, les accusés ont nié les faits. Selon Djibril Camara, étant au domicile de son ami Adama Sène, il lui a demandé de l’accompagner à Pikine. Arrivés à Boune et attendant un véhicule en partance pour Pikine, un nommé Ibrahima, accompagné de trois autres garçons, est venu empoigner son ami et l’a poignardé à la poitrine. Alors qu’il venait à la rescousse d’Adama Sène, le sieur Ibrahima s’est attaqué à lui et lui a infligé des blessures par arme blanche au niveau de l’avant-bras gauche. De son côté, le maître des poursuites a indiqué qu’il s’agissait d’un partage de butin entre deux gangs qui a mal tourné. C’est la raison pour laquelle il a demandé au tribunal de les déclarer coupables et de les condamner à 15 ans de travaux forcés et à une amende d’un million chacun. Son réquisitoire a été rejeté par la défense selon qui il n’y a aucune pièce du dossier qui montre que les accusés détenaient une arme. “ Il y a un doute obscur et persistant dans ce dossier. C’est pourquoi je vous demande de prononcer leur acquittement au bénéfice du doute”, a plaidé la robe noire. En rendant sa décision, le Président les a déclarés coupables avant de les condamner chacun à 7 ans de travaux forcés avec une amende d’un million.

Cheikh Moussa SARR

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