ACTUALITE

MEURTRE OU ASSASSINAT ? Ousseynou Diop a droit à un procès équitable

  • Date: 7 novembre 2016

Ceci n’est pas une plaidoirie. Encore moins une manière d’encourager le crime ou toute autre infraction de sang répressible à tous points de vue.

Bien sûr, Ibrahima Samb, ce jeune taximan a le doit de voir son meurtrier puni. Arraché à l’affection de sa mère dont il était le seul fils, le Président Sall a raison de donner des gages quant à l’organisation d’un procès afin que justice se fasse.

Nous avons toutefois noté que le juge d’instruction, d’après les comptes-rendus de presse, aurait décidé de retenir l’assassinat au lieu du meurtre dans la qualification de la confrontation ayant opposé Ousseynou Diop, commerçant de son état, et Ibrahima Samb, taximan. Et ceci, à notre grande surprise. Car, pour ce que nous en savons, l’assassinat est un terme technique de droit pénal qui renvoie à une autre notion, celle de préméditation.

C’est dire que l’assassinat est une forme particulière de meurtre où l’auteur a prévu et préparé son acte. C’est le cas dans les circonstances où il y a guet-apens.

Il faudrait donc pour qu’il y ait assassinat, que la personne ait, au préalable, réfléchi sur son acte et mis en œuvre une sorte de plan d’exécution.

Or, franchement, entre nous, est-ce que dans le cas d’une bagarre de ce genre, on peut parler de préméditation de l’acte de tuer ? Est-ce que l’on peut dire, par exemple, que le sieur Diop s’est rendu à la station dans le but de tuer une personne qu’il n’a probablement jamais vue ?

Est-ce que le fait qu’il se soit rendu dans sa voiture pour prendre son arme peut être interprété comme un acte de préméditation constitutif de l’assassinat ? On ne peut pas non plus dire qu’Ousseynou Diop a préparé son arme parce qu’il savait qu’il allait rencontrer Ibrahima Samb à la station.

J’en doute. Ce qui est sûr, dans cette affaire, c’est qu’il y a eu meurtre. Avec tous les éléments constitutifs : Elément légal qui est la loi qui punit cet acte, l’élément intentionnel qui a été momentané et non prémédité et l’élément matériel ou physique qui est le fait de tirer sur quelqu’un avec une arme de feu.

C’est un meurtre ou homicide volontaire avoué par l’auteur avec beaucoup de témoins, mais pas un meurtre aggravé par la circonstance particulière qui est la préméditation qui en aurait fait un assassinat.

Bien sûr, l’assassinat est plus fortement puni par la perpétuité à l’absence de la peine de mort.

Si en effet, nous avons pensé revenir sur la qualification de nos autorités judiciaires dont nous ne doutons nullement de la compétence en la matière, c’est pour deux raisons particulières :

La première est que les citoyens confondent souvent meurtre, assassinat et homicide involontaire. Ces trois notions sont cependant très distinctes.

La second raison est que de la qualification des faits, dépend souvent l’issue des procès.

Et à ce propos, il serait dommage que les autorités, y compris judiciaires, cèdent à l’émotion du moment causée par la mort d’un jeune soutien de famille et à la pression populaire. Les chauffeurs de taxis et les syndicats de transport, heureusement très dynamiques, ont des leviers de pression efficace sur les régimes politiques.

Ousseynou a commis un acte ignoble, mais c’est un justiciable qui a droit à un procès équitable.

Et le premier acte d’iniquité est de qualifier des faits constitutifs de meurtre d’assassinat dans le but de mieux sévir.

Ce qui est sûr, c’est qu’ousseynou Diop sera condamné. Mais, notre souci, c’est qu’il le soit selon les lois en vigueur et non selon l’émotion du moment.

Assane Samb

2 Comments

  1. On s’en bat les couilles de votre « litterature » ….
    Ce barbare merite tout ce qui lui tombera dessus.

    Qui ne peut creer la vie ne doit pas en oter !

    1. ce n’est pas de la littérature.
      le punir certes mais avec la loi en vigueur

Comments are closed.

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15