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Michel Lazare Fmi: « Il n’y a pas d’inquiétude sur la viabilité de la dette du Sénégal » 

Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné dans la capitale sénégalaise, du 18 au 31 octobre 2018, pour mener les entretiens relatifs à la Consultation de 2018 au titre de l’Article IV et à la septième revue du programme appuyé par l’instrument de soutien à la politique économique (ISPE) qui a été approuvé en juin 2015.

 Michel Lazare, chef de délégation d’une équipe des services du FMI à   Dakar, a indiqué qu’il n’y a pas d’inquiétude sur la viabilité de la dette pour le Sénégal. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse  marquant la fin de mission. Il a reconnu que l’endettement du Sénégal, comme celui de beaucoup de pays africains, s’est accru ces dernières années. Sur ce, il a informé que la septième revue du programme ISPE devrait être examinée par le conseil d’administration du FMI en janvier 2019. Dans sa déclaration, M. Lazare a fait savoir que le projet de loi de finances 2019 cadre avec l’objectif de déficit budgétaire de 3% du PIB fixé à l’échelle de l’UEMOA. Cependant, reconnait-il, l’atteinte de cet objectif représente un défi étant donné la faiblesse récente des recettes et l’incidence négative de la persistance des prix mondiaux élevés du pétrole sur les finances publiques. Pour lui, sur le moyen terme, les autorités doivent établir une stratégie en matière de politique fiscale et d’administration des recettes qui permettra d’atteindre à moyen terme l’objectif de 20 % fixé par l’UEMOA pour le ratio recettes fiscales sur PIB. A l’en croire, elles doivent aussi mettre en place un cadre de gestion de la richesse pétrolière et gazière conforme aux meilleures pratiques internationales et visera à limiter la procyclicité de la politique budgétaire. La stratégie de gestion de la dette doit viser à accroître la part de la dette intérieure dans le total de la dette et à recourir à des emprunts concessionnels autant que possible.

Non-respect du plafond des contrats du secteur public signés par entente directe

D’après Michel Lazare, la mise en œuvre du programme au premier semestre de 2018 a été globalement satisfaisante. Si la plupart des objectifs quantitatifs ont été atteints à fin juin, l’objectif fixé pour le déficit budgétaire a été réalisé en partie grâce à l’exécution plus lente que prévu des dépenses publiques pour compenser la moins-value importante constaté sur les recettes intérieures. Par ailleurs, le plafond relatif à la part de la valeur des contrats du secteur public signés par entente directe n’a pas été respecté depuis décembre 2017, en raison principalement des offres spontanées. Cependant, dira-t-il, les pressions se sont accumulées rapidement dans le secteur budgétaire au cours des derniers mois. Il est maintenant prévu que les recettes seront inférieures de 0,9% du PIB à l’objectif fixé pour décembre 2018. « La hausse des prix mondiaux du pétrole, couplée au maintien de la stabilité des prix de l’énergie au niveau intérieur, continue à peser sur les dépenses courantes et un financement élevé de SN La Poste par le Trésor a encore contribué à une situation budgétaire très difficile » a-t-il souligné. Cela, explique le chef de la délégation du Fmi, a conduit à une accumulation d’obligations non remplies envers le secteur de l’énergie et à des impayés vis-à-vis de fournisseurs et autres opérateurs économiques.

 

Limiter  le financement de SN La Poste 

Pour atteindre les objectifs budgétaires fixés pour décembre 2018, dans le cadre du programme ISPE, des efforts budgétaires considérables seront nécessaires. Les autorités ont accepté de réduire sensiblement les dépenses d’équipement financées sur ressources intérieures qui ne sont pas urgentes et les dépenses courantes hors salaires afin de respecter l’enveloppe budgétaire convenue. Selon lui, pour limiter les pressions sur le budget et les risques pesant sur l’achèvement de la revue, les autorités ont accepté de renforcer sensiblement la gestion des finances publiques  en limitant de manière permanente le financement de SN La Poste par le Trésor. A cela s’ajoute l’arrêt d’utiliser diverses lettres budgétaires qui engagent l’administration centrale pour ce qui est de dépenses au-delà de l’exercice en cours ou de dépenses exécutées en dehors du budget.

 

Zachari BADJI

 

 

 

 

 

 

 

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