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Mis en examen, Nicolas Sarkozy riposte et se pose en victime de la «calomnie»

Mis en examen pour la troisième fois, mercredi 21 mars, Nicolas Sarkozy clame toujours son innocence. L’ancien président est soupçonné d’avoir reçu de l’argent de l’ex-dictateur libyen Mouammar Khadafi pour financer sa campagne victorieuse de 2007. Alors que l’ex-chef de l’Etat a été placé sous contrôle judiciaire, une première, le site du Figaro publie ses déclarations devant les magistrats lors de sa comparution, au sortir de sa garde à vue.

Devant les magistrats, Nicolas Sarkozy nie fermement les faits, il raconte « vivre l’enfer de la calomnie », parle de « manipulation » de la part de Mediapart et de « mensonges ». Il répond aussi point par point aux accusations. Pour lui, il n’y aucune « preuve matérielle » d’un financement libyen. Après la décision des juges, la publication dans le grand quotidien de droite en France de ces déclarations sonne comme un début de contre-attaque de la part de l’ancien président de la République.

Tout comme son invitation, ce jeudi soir, au journal de 20h de TF1. Une méthode qu’affectionne l’ancien président. En juillet 2014, il était sur le même plateau de TF1 pour riposter après sa mise en examen pour corruption et trafic d’influence d’actifs dans l’affaire Paul Bismuth. « Je vous le dis bien dans les yeux : je n’ai rien à me reprocher ! Vous m’entendez ? Rien ! » s’était défendu à l’époque l’ex chef de l’Etat.

Dans le camp de l’ancien président, depuis la mise en examen, les soutiens de Nicolas Sarkozy se montrent plus timides. Il a fallu attendre ce matin pour avoir une réaction de Les Républicains. Les ténors du parti ne se sont pas précipités dans les médias, ni sur les réseaux sociaux.

Présomption d’innocence et « indépendance de la justice »

Les éléments de langage restent pourtant les mêmes que lors de la garde à vue de mercredi : à l’instar de Laurence Sailliet, les porte-parole de Les Républicains réitèrent leur soutien à l’ancien président, déclarent leur attachement au respect de la présomption d’innocence et dénoncent un acharnement judiciaire.

De son côté, le député Eric Ciotti, invité du matin sur RFI, affirme que Nicolas Sarkozy « a subi beaucoup d’attaques depuis plusieurs années » et tient à souligner que « le magistrat en charge du dossier est celui qui a mis en examen […] François Fillon ». Mêmes accusations plus ou moins voilées chez l’élue Valérie Debord, qui voit dans cette mise en examen un « vrai problème d’indépendance de la justice » et remet en cause l’impartialité du juge Serge Tournaire, qui aurait dû à l’en croire « clairement être démis de cette affaire ».

Laurent Wauquiez en retrait

Quant à Laurent Wauquiez, discret ces dernières 48 heures, il n’a pas pris la parole, en tout cas officiellement. Son entourage a simplement transmis à l’AFP une déclaration lapidaire, « Mis en examen ne vaut pas culpabilité », déclaration prononcée mercredi soir lors d’un dîner par le président de Les Républicains. Pas de son, pas d’image, pas de nouveaux tweets. On a connu soutien plus franc.

Et c’est d’ailleurs révélateur du malaise ressenti par une partie de la droite, fatiguée, embarrassée d’être ramenée aux affaires. La discrétion de Laurent Wauquiez n’est certainement pas étrangère à sa volonté d’ouvrir une nouvelle page pour Les Républicains, de tirer un trait sur le passé. Une ambition que les encombrantes affaires de Nicolas Sarkozy ne facilitent pas.

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