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MISE A NIVEAU DES ENTREPRISES : La Tunisie, un cas d’école pour le Sénégal

Classée au 1er rang en Afrique et 30e au niveau mondial dans le domaine de la compétitivité, la Tunisie doit ces résultats à son programme de mise à niveau. D’anciens étudiants et stagiaires sénégalais revenus de leur séjour tunisien indiquent à l’Etat le pays de Ben Ali.
Pour engager le Sénégal sur le chemin de la croissance et de la compétitivité, il n’est point besoin de réinventer la roue. En Afrique, la Tunisie fait figure de pionnier au point qu’on entend souvent parler de « modèle tunisien » faisant référence à la success story de ce pays dans le domaine de la mise à niveau de ses entreprises. D’ailleurs, la Tunisie a même reçu la bénédiction du Forum économique mondial de Davos, le classant 1er pays en Afrique et 30è au plan mondial en matière de compétitivité. Ces résultats, glorieux pour un pays africain, sont pourtant le fruit d’un travail de longue haleine entamé depuis novembre 1987, date à laquelle Ben Ali est venu au pouvoir.

Le Cercle des anciens étudiants et stagiaires sénégalais en Tunisie (Caesst) invite d’ailleurs les autorités sénégalaises à s’inspirer du programme de mise à niveau tunisien. Un appel formulé ce week-end lors d’une conférence sur le thème : Mise à niveau de l’entreprise sénégalaise. Invité à parler de l’expérience tunisienne, M. Kanezari, expert de l’Onudi confie que ce projet est initié en vue de la suppression des droits de douanes tarifaires et non tarifaires. « Le programme de mise à niveau a permis aux entreprises tunisiennes de rattraper le niveau de compétitivité des industries européennes et des standards des pays développés », confie le conférencier. Auparavant, le gouvernement a commencé par moderniser « les niches de compétitivité » avec la formation de ressources humaines de qualité et des ingénieurs qualifiés. Mais également par la création d’un fonds de développement de la compétitivité financé par les entreprises elles-mêmes.

Celles-ci, tout comme le gouvernement, se sont appropriés du programme avec l’adhésion de 3 600 d’entre elles sur les 5 à 6 000 que compte le pays. Avec un tel consensus, l’impact de ce projet est sans commune mesure sur les entreprises tunisiennes. Et de l’avis de M. Kanezari, les exportations ont connu un bond de 16 % ; le recrutement s’élève à plus de 12 % alors que l’emploi connaît cinq points de plus dans sa croissance. À cela, il faut ajouter la certification Iso de 600 à 650 entreprises depuis le début du programme.

Les entreprises tunisiennes ont même dépassé les standards en cours dans le domaine de la conception et de la fabrication de certains produits. « Pour ce qui est de la fabrication de chaussures par exemple, la Tunisie est à 35 minutes dans l’assemblage des chaussures là où les autres sont à 60 minutes », relève l’expert de l’Onudi. Mais ces réformes entreprises par Ben Ali et son gouvernement se traduisent aussi par une « solidarité sociale », selon Jalel Lackdar, l’ambassadeur de la Tunisie au Sénégal. « Aujourd’hui, fait-il remarquer, le taux de pauvreté est ramené à –4% en Tunisie ».

Dans son diagnostic des leviers de ce programme tunisien, Aliou Ndiaye, vice-président de ce regroupement relève, en dehors des infrastructures une « incitation fiscale » basée sur un réinvestissement exonéré des entreprises par l’Etat. Une panoplie de mesures a été donc entreprise par le gouvernement tunisien avant d’accéder à son niveau actuel. Et pourtant le Sénégal et la Tunisie présentent bien des similitudes, selon Ahmadou Abdoul Dia, le président du Cercle des anciens étudiants et stagiaires sénégalais en Tunisie. Avec 200 000 km carrés de superficie chacun, 10 millions d’habitants, une bonne gouvernance qui les caractérise, le Sénégal et la Tunisie se ressemblent, selon lui à bien des égards. À charge donc aux autorités sénégalaises qui ont lancé le programme de mise à niveau des entreprises de s’inspirer de ce cas d’école qu’est la Tunisie. Déjà des outils comme l’Agence pour la promotion de l’investissement (Apix) et la stratégie de croissance accélérée sont de belles initiatives auxquelles les anciens étudiants et stagiaires sénégalais veulent incorporer d’autres outils venus du pays de Ben Ali.


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