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MISE EN ŒUVRE DE POLITIQUES ECONOMIQUES ET EDUCATIVES Le Sénégal doit bannir le copier-coller Français

 

L’Afrique, plus particulièrement, le Sénégal, souffre toujours d’une tendance au «copier-coller» dans la mise en œuvre de ses politiques, l’empêchant de parvenir à des solutions pertinentes pour résoudre ses problèmes persistants, comme la pauvreté et le chômage. 

Le Sénégal gagnerait à intégrer la notion de compétences génériques pour élaborer un référentiel propre à sa réalité et non pas importé comme un copier-coller. Tels sont les conseils du docteur Mahamouda Salouhou, président de Djagora University, récemment implantée à Dakar. Il est  actuellement dans notre capitale dans le cadre d’un programme relatif à l’employabilité des jeunes en Afrique. Face à la presse hier, Salouhou dit souhaiter voir les dirigeants africains se départir de «la facilité» consistant à adapter des référentiels externes, et développer plutôt des politiques élaborées à l’échelle locale ou nationale. Selon le président de Djagora University, l’Afrique n’a pas un problème de compétences, mais il existe malheureusement, un déficit de politiques publiques d’éducation, en phase avec les besoins du marché de l’emploi qui affecte les jeunes générations. «Il suffit de les faire monter en compétences et de les amener vers l’excellence», a-t-il préconisé. Le Pr Omero Marongiu, sociologue français et vice-président en charge des programmes de Djagora University, est allé dans son sens, en s’inquiétant que la politique éducative et économique du Sénégal est phagocytée par le «logiciel français». En d’autres termes, dit-il, notre pays, bien qu’il regorge de ressources de qualité, reproduit in extenso le système français. Alors que si le Sénégal souhaite se développer de manière pérenne, il faut que les gouvernements investissent en masse dans la recherche et dans des politiques du cru, afin de résoudre les véritables problèmes. «Focaliser sur ce qu’a fait la France ou la Chine, sans tenir compte de leurs contextes spécifiques, ne constitue pas une réflexion à long terme».  «L’Afrique doit développer un savoir autochtone». Certes, il est bon d’observer et d’apprendre, mais nous ne pouvons convertir le continent en quelque chose qu’il n’est pas», a déclaré Marongiu. Ainsi, à l’heure de la mondialisation des échanges culturels et commerciaux, l’Afrique doit-elle éradiquer la fuite des cerveaux, en offrant une formation supérieure de qualité, mais également des débouchés professionnels. «Le développement de l’Afrique a besoin d’Africains qualifiés et avec des compétences d’aujourd’hui et de demain», a affirmé le docteur Salouhou. D’où la création de Djagora – qui signifie Berger en langue Peulh – dont la problématique se situe au cœur de l’adéquation entre formation et employabilité. Il s’agit de former des étudiants opérationnels immédiatement avec un métier qualifiant et de rompre, ainsi, avec les méthodes anciennes qui n’ont pas réussi à s’adapter aux changements et aux évolutions récentes de la technologie et du management.

Mouhamadou BA

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