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Mise sous tutelle sécuritaire de l’Afrique Le GAR-Si rejoint Africom

L’Union européenne a lancé, au Sénégal, au début de ce mois de février, une initiative appelée ‘’Groupe d’Action rapide, Surveillance et Intervention’’ (GAR-SI Sahel), dont le champ d’application concerne toute la région du Sahel. Le financement global est de 28 milliards de Fcfa. Il concerne le Sénégal qui a acquis 4,2 milliards de l’ardoise, mais aussi les autres pays du G5-Sahel que sont la Mauritanie, le Burkina-Faso, le Mali, le Tchad et le Niger.

L’objectif est de lutter contre l’insécurité et le terrorisme sans oublier les mouvements migratoires et autres dysfonctionnements qui minent ces Etats aux frontières poreuses.

Pour le Ministre des Forces Armées du Sénégal,  Augustin Tine, qui présidait la cérémonie de lancement, ‘’Le GAR-SI est alors un outil fort pour renforcer la sécurité intérieure du Sénégal et au-delà, la sécurité collective de la sous-région’’.

Ce n’est pas le G5-Sahel, mais c’est tout comme. L’unité de 150 hommes formés sera postée aux frontières avec le Mali et sera dotée de matériels adéquats.

Le hic dans la démarche est que l’initiative ne vient pas des pays africains. Nous ne sommes pas sûrs d’ailleurs que le G5-sahel ait été vraiment pensé et mis en œuvre par les pays africains concernés.

Toujours est-il que la démarche n’est pas nouvelle. Il devient de plus en plus fréquent et c’est presque une habitude pour les pays nantis de penser la sécurité des pays africains.

Les démarches étaient naguère plus ‘’soft’’, avec des accords de défense qui ont toujours été des assistances en défense. Ce sont les pays européens, en général anciens colonisateurs, qui apportent leur argent, le matériel, les formateurs et l’expertise.

Ce qui est nouveau depuis la mise en place d’Africom, le Commandement unique américain pour l’Afrique, en 2008 par les Etats-Unis, c’est la formalisation de l’assistance, donc du mode d’intervention.

Quand un pays tiers crée une armée pour d’autres pays indépendants, la démarche est unique dans l’histoire de l’humanité. Depuis, ce n’est plus un complexe, cela peut se faire.

Alors, le GAR-SI entre incontestablement dans cette dynamique. Il s’agit de formaliser la tutelle sécuritaire, mais en la rendant plus acceptable parce que les unités seront nationales.

Or, nous savons que les officiers-instructeurs et peut-être même encadreurs, seront étrangers comme le Service de sécurité intérieure (SSI) en Mauritanie. L’argent et la logistique viendront aussi de l’étranger. Ceci n’est pas alors une coopération, même si elle répond à une demande intérieure. Il s’agit d’une mise sous tutelle qui est une forme de domination.

Ce que nous voulons dire par là, c’est que les instances sous-régionales comme la Cedeao et continentales comme l’Union africaine, ne peuvent pas ne pas faire de la sécurité des Etats une priorité. Partant, elles doivent pouvoir élaborer des stratégies communes en mutualisant les efforts pour leur mise en œuvre.

Dans cette optique, la Force de réaction rapide de l’Afrique pourrait voir le jour avec ses ramifications dans les zones de tension réelle ou supposée.

Alors, la coopération internationale ne viendra qu’en appoint. C’est sera cela la coopération.

Mais ce, à quoi nous assistons ne peut pas aller de pair avec la nécessaire prise en charge par les pays concernés de leur destin, seul gage de développement et d’épanouissement des peuples.

Georges Emmanuel Ndiaye

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