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MOBILISATION POUR SAUVER L’ÉCOLE PUBLIQUE Le faux bond des citoyens

 Peu de Sénégalais ont répondu présent, hier, à la journée de mobilisation citoyenne appelée par des organisations de la société civile, à la place de l’Obélisque. Même si le pari de la mobilisation n’a pas été une réussite totale, ces acteurs ont plaidé la bonne cause. Celle d’une école publique de qualité sans perturbation majeure. Ils ont appelé à la responsabilité des enseignants et du gouvernement.

6 cars ‘’Ndiaga Ndiaye’’, 3 véhicules de police encerclent la place de l’Obélisque. Quelques citoyens, qu’on peut compter du bout des doigts, se regroupent à l’intérieur de la mythique place. Ainsi, le décor est campé pour cette manifestation citoyenne qui a été organisée par des acteurs de la société civile pour sauver l’école publique sénégalaise. On est loin des regroupements politiques où des milliers de Sénégalais regagnaient cette place. Pourtant la cause est noble. Très noble. En témoigne cette pancarte brandie par une très jeune élève où on pouvait lire : ‘’S’il vous plaît, je veux étudier ! C’est mon droit !’’ L’élève, avec une démarche nonchalante, attire les regards.

Tellement son message résume en une seule phrase les souffrances des pensionnaires de l’école publique sénégalaise. Des élèves qui paient des pots qu’ils n’ont même pas cassés. Pourtant, depuis quelques semaines, ces organisations de la société civile appellent à une mobilisation citoyenne autour de l’école publique sénégalaise. La rencontre qui a été prévue mercredi dernier avant d’être renvoyée jusqu’à hier vendredi n’a pas mobilisé beaucoup de monde. C’est peut-être ce constat qui a poussé le coordonnateur de la Cosydep à appeler les Sénégalais ‘’à arrêter de se positionner en spectateurs passifs’’ face à la question de l’école. Pour Cheikh Mbow, le citoyen doit être plus actif et jouer un rôle de sentinelle dans une école où les deux protagonistes qui sont sources de ce blocage sont les syndicats d’enseignants et le gouvernement.

‘’Ça suffit !’’

Des acteurs de la société civile ou du patronat étaient bien présents hier à la place de l’Obélisque pour appeler le gouvernement et les syndicalistes à la raison. Ainsi, les plus en vue étaient Mansour Kama de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal, Penda Mbow, Me Massokhna Kane de SOS Consommateur… ‘’L’école est dans une situation extrêmement dangereuse’’, déplore le président de la fondation du secteur privé pour l’éducation, Mansour Kama. Face à une telle situation, ce dernier se demande si les citoyens ont le droit de laisser la crise perdurer sans dire au gouvernement et aux enseignants que l’école doit fonctionner. ‘’Non’’, répond-il, tout en demandant aux deux parties de continuer les négociations sans bloquer les enseignements. ‘’C’est à nous de dire à l’État et aux syndicalistes : ça suffit ! Le droit à l’éducation est en train d’être bafoué. On est en train de sacrifier nos enfants’’, conclut M. Kama.

Les élèves étaient bien présents à la place de l’Obélisque. Même s’ils n’étaient pas aussi nombreux.  Chacun avait, par devers lui, sa pancarte. ‘’L’éducation est un droit fondamental, respectons-le’’, ‘’pour une école apaisée, performante et de qualité’’, sont, entre autres, les principaux messages exprimés sur les pancartes. Ces enfants sont les principales victimes d’une grève répétitive des enseignants. Leur porte-parole, Mbaye Kébé, souligne que les apprenants sont ‘’perdus, déçus et désespérés par cette crise sans cesse’’. Ainsi, il n’a pas manqué d’appeler les autorités ‘’peu soucieuses’’ du devenir de sa jeunesse à respecter les engagements et aux enseignants de suspendre la grève. ‘’Nous en appelons à la conscience pour, qu’enfin, revienne la paix dans notre système éducatif’’, lance comme dernier appel le jeune Kébé.

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