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Monnaie unique de la Cedeao en 2020 : Birima Mangara préconise une évaluation périodique des performances

La création d’une monnaie unique dans l’espace Cedeao, à l’horizon 2020, nécessite une convergence macroéconomique, d’après le ministre délégué chargé du Budget, Birima Mangara. Il préconise une évaluation régulière des performances des Etats de la zone communautaire dans l’application des critères de convergence.
Le ministre délégué chargé du Budget, Birima Mangara, a présidé l’ouverture de la réunion du Conseil de convergence de la Cedeao, hier à Dakar. Une occasion, pour les participants, de se pencher sur le bilan du cadre de convergence, l’évaluation de performances des économies des pays, la surveillance multilatérale et le projet de création d’une monnaie unique. A ce titre, le ministre délégué souligne l’importance de la convergence macroéconomique dans le processus de création d’une monnaie unique. « Même si elle n’est pas une condition suffisante, la convergence des économies candidates à une monnaie unique n’en demeure pas moins une condition nécessaire », relève-t-il. D’où la nécessité, à son avis, d’évaluer périodiquement les performances de convergence des Etats membres, notamment en ce qui concerne le respect des critères de convergence.

Le ministre indique, à cet effet, que les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris des décisions « pragmatiques » à mettre en œuvre par les gouvernements. A cet égard, rappelle-t-il, la 47ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, dans l’accélération du processus de création de la monnaie unique en 2020, a approuvé la nouvelle feuille de route proposée par la Task force présidentielle, élargie aux présidents du Nigéria et de la Côte d’Ivoire, sur le programme de coopération monétaire ainsi que sur la définition de nouveaux critères de convergence. Cela, à son avis, traduit l’engagement et la détermination des autorités de la Cedeao de renforcer et d’accélérer le processus d’intégration en vue de respecter l’échéance.

Evaluer périodiquement nos économies

La rencontre de Dakar constitue une occasion, pour le Conseil de convergence, de prendre connaissance des conclusions et recommandations de la réunion du comité technique chargé des politiques macroéconomiques, relatives notamment aux critères de convergence et à la création de l’Institut monétaire de la Cedeao. La mise sur pied de cette institution, d’après le ministre délégué chargé du Budget, permet de prendre en charge les aspects techniques et institutionnels de la création d’une banque centrale de la Cedeao ainsi que le lancement de la monnaie régionale commune à l’horizon 2020.  S’agissant du point relatif au cadre harmonisé des finances publiques, M. Mangara estime que c’est un processus « lourd » qui nécessite la prise en compte de toutes les dispositions. Ceci afin d’obtenir des textes applicables et ne remettant pas en cause les meilleures pratiques tout en tenant compte des standards internationaux. A ce titre, il salue l’engagement du Comité technique ainsi que la volonté de la Commission d’accorder plus de temps aux Etats afin d’approfondir l’examen du rapport portant sur le cadre réglementaire des finances publiques au sein de la Cedeao. Le ministre délégué s’est aussi félicité des avancées significatives enregistrées dans la mise en œuvre de la feuille de route, notamment dans les chantiers d’harmonisation des statistiques, le développement des bases de données, du protocole de libre circulation, l’intégration du commerce et des marchés financiers… Toutefois, il y a des défis majeurs à relever et qui interpellent les Etats car étant des préalables au succès de l’intégration régionale, estime-t-il. En vue de respecter l’horizon de convergence dans les délais prévus, Birima Mangara convie les pays membres de la Cedeao à continuer à mettre en œuvre des politiques qui s’inscrivent dans la perspective du respect des normes communautaires, à faire des recommandations appropriées et à définir des stratégies devant permettre d’avoir une union monétaire solide et crédible, garantissant une croissance forte et durable et pourvoyeuse d’emplois.
De son côté, Ibrahima Bocar Bâ, commissaire des politiques macroéconomique et de la recherche économique de la Cedeao, reconnaît la difficulté de créer une monnaie unique, car cela exige un socle économique solide, une convergence des économies, notamment les budgets, la promotion du commerce intracommunautaire de la région. « La Commission de la Cedeao est déterminée à œuvrer en faveur d’une croissance soutenue et inclusive et du développement de la région », a indiqué M. Bâ. Cette instance de décision, en tant qu’acteur clé, va œuvrer en « parfaite intelligence » avec les autres parties prenantes pour faire en sorte que la vision d’une Cedeao des Etats ainsi que celle d’un espace économique unique, devienne une réalité à l’horizon 2020.

Le Soleil

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