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MONTEE GRANDISSANTE DE L’INSTINCT DE TUER- La loi et les services de sécurité dépassés

  • Date: 21 novembre 2016

Pendant que le Sénégal tout entier était absorbé par l’effervescence du Magal, une Conseillère économique et sociale, responsable de l’Alliance pour la République à Pikine, est égorgée par son propre chauffeur qui aurait dit avoir « disjoncté et commis l’irréparable ». Un assassinat qui s’est même invité au Magal de Touba car le Khalife s’en est offusqué et déploré cet état de fait.  

La mort de Fatoumata Matar Ndiaye fait suite à une longue série d’actes de ce genre, au point que le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, a cru devoir organiser une conférence de presse pour éclairer la lanterne de l’opinion. Il a notamment expliqué que les faits sont constants, les témoins se sont prononcés, des constations faites et des aveux recueillis, notamment celui du principal suspect. Mieux, il semble bien, à première vue, que le mobile soit financier et non politique.

Mais, ce qui a surtout préoccupé le Procureur, c’est de mettre l’accent sur le fait que c’est la perpétuité qui est prévue par le code pénal en sa circonstance.

Toutefois, deux limites atténuent en général les effets des peines prononcées. La première est celle dont le procureur a parlé hier. Il s’agit des remises de peine.

Il s’avère, en effet, qu’après quelques années faites en prison, les condamnés ont le droit de demander la libération conditionnelle. Y compris pour les crimes de sang. Cette possibilité prévue par la loi est laissée à l’appréciation des services compétents.

L’autre limite, ce sont les réductions de peines. Et même si le Procureur n’en a pas fait cas, il s’agit de la possibilité de retenir des circonstances atténuantes, des cas d’irresponsabilité pénale comme la démence, même passagère, la contrainte, les cas de nécessité, la légitime défense, l’excuse de provocation, etc.

Il s’agit d’une kyrielle de circonstances qui peuvent considérablement réduire la peine et sur lesquelles les défenseurs n’hésitent pas à s’appuyer. Bien entendu, tout cela sera laissé à l’appréciation du juge.

Mais, ce qu’il convient de mentionner, c’est qu’il nous semble que le Législateur doit, en l’absence de la peine de mort, prévoir des cas de crimes ou d’assassinats où la possibilité de libération conditionnelle est exclue, comme cela existe dans certains pays.

La libération conditionnelle ne peut être possible pour les auteurs d’actes crapuleux comme l’assassinat de cette dame. Il n’est pas pour autant admissible que des circonstances atténuantes lui soit trouvées ou des excuses du genre démence passagère. Et pour ce faire, il est important, pour le législateur, de suffisamment verrouiller la loi au point de lier la main du juge qui est parfois victime de l’éloquence de certains défenseurs. Comme quoi, une réforme du Code pénal s’impose.

Car, on tue aujourd’hui trop facilement au Sénégal. Et ça fait peur.

Or, jusqu’ici, aucune étude sociologique ou criminologique n’est parue pour éclairer la lanterne des citoyens qui se réveillent brusquement pour découvrir une société sénégalaise très criminogène.

Personne ne comprend pourquoi cette facilité à tuer. Est-ce la loi qui n’est pas assez dissuasive avec l’absence de peine de mort ? Est-ce la magnificence de la violence avec le cinéma, internet ou la télévision ? Est-ce la pauvreté galopante ? Est-ce l’urbanisation sauvage ?

Autant de questions et bien d’autres sur lesquelles le Procureur ne pouvait répondre hier.

Toutefois, il est bien heureux que le budget du Ministre de l’Intérieur soit augmenté de façon substantielle et que le recrutement de 3500 gendarmes et policiers soient prévu cette année.

Mais la réponse ne peut être tout simplement sécuritaire ou judiciaire. Il faut ausculter la société et essayer de comprendre la propension grandissante à tuer et tout faire pour essayer de tuer le mal à la racine.

Ceci est d’autant plus nécessaire que les crimes les plus odieux sont commis par des gens dits « normaux » qui n’ont en général rien de criminels.

Il semble bien que l’instinct de tuer soit présent en chacun de nous et que la loi et les services de sécurité sont non seulement désarmés du fait de l’absence de la peine de mort, des remises et des atténuations de peines, mais aussi du fait de l’absence de compréhension d’un phénomène qui prend de l’ampleur.

Assane SAMB

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