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Mort violente de Dominique Lopy et Djilata Mané : Pourquoi la lumière sur ces affaires ne viendra pas du parquet

Bien qu’il soit le juge de l’opportunité des poursuites, rien n’oblige pour autant le procureur Habib Samba Laobé Aw à engager de telles poursuites pénales en vue de faire toute la lumière sur les causes des morts de Dominique Lopy et Djilata Mané. Il ne resterait dès lors qu’à espérer que la demande de constitution d’une commission d’enquête parlementaire formulée par le vice-président du groupe libéral et démocratique, le député Amadou Ndiaye Lô, soit positivement sanctionnée par l’Assemblée nationale.

Source : Walfadjri

Le suspense lié au genre de mort qui a emporté Dominique Lopy pourrait durer encore longtemps. Car, de l’avis de Me Prosper Djiba avocat à la cour, le procureur de la République près le tribunal régional de Kolda est ‘juge de l’opportunité des poursuites’. Rien donc, a priori, n’oblige le patron du parquet à engager des poursuites dans cette affaire. ‘Il peut laisser l’initiative de la poursuite à la partie civile’, explique Me Djiba. ‘D’autant que, poursuit-il, le procureur peut se dire qu’il n’a pas à être plus royaliste que le roi’.

Pourtant, c’est le procureur qui avait demandé l’autopsie pour déterminer les causes de la mort du jeune Lopy. A l’évidence, les circonstances du décès du prévenu dans les locaux du commissariat de Kolda lui paraissaient, en ce moment-là, suspectes. ‘Si le rapport d’autopsie lui parvient, il doit en tirer les conséquences’, commente Me Djiba. Tout comme les parents de Dominique Lopy, désormais édifiés sur sa mort. Un pli confidentiel a été remis à Habib Samba Laobé Aw, procureur de la République près le tribunal de Kolda depuis une semaine. Mais, jusque-là, l’énigme reste entière pour bon nombre de Koldois. Dans la famille du défunt, c’est l’omerta le plus complet. On ferraille ferme. Pour encore longtemps, sans doute, de crainte que la vérité n’ouvre le cycle de la vendetta.

Seulement voilà, ‘si la plainte est déposée chez le juge d’instruction avec constitution de partie civile, l’action judiciaire peut alors s’enclencher’, éclaire Me Prosper Djiba. Mais prudence, ‘car le juge d’instruction peut décider de ne pas engager les poursuites’, renseigne-t-il, ajoutant qu’’il doit dans ce cas rendre une ordonnance susceptible d’appel devant la Chambre d’accusation’. Là, si l’infraction est avérée, le juge infirme l’ordonnance du juge d’instruction, donnant libre cours aux poursuites.

Pour ce qui concerne la mort de Djitala Mané, tué par balle samedi dernier lors des échauffourées entre les jeunes et les policiers, ‘le parquet peut ouvrir une enquête, mais rien ne l’y contraint’, précise Me Djiba. ‘Il peut toutefois, s’il le désire, saisir le juge d’instruction pour qu’une instruction plus ample se fasse’, concède-t-il. Mais c’est aussitôt pour préciser, à propos de l’enterrement de ce jeune sans autopsie, que ‘le bon sens voudrait qu’on détermine les causes de la mort’, comme c’est le cas chaque fois qu’une personne meurt de mort violente. Parce que l’autopsie est le seul moyen d’établir les causes de cette mort violente. Il est aussi d’avis que le renoncement par la famille du défunt de se constituer partie civile, ne peut empêcher l’autopsie. Mais le parquet étant le maître des poursuites dans le cas d’espèce, ‘il peut aller dans le sens voulu par les parents du défunt si ces derniers renoncent à l’autopsie’. Ce qui intéresse le parquet, précise Me Djiba, c’est la préservation de l’ordre public. Et, dans le cas d’espèce, le renoncement par les parents de Djilata Mané à toute plainte avec constitution de partie civile va dans le sens du rétablissement de l’ordre public qui a été gravement menacé à Kolda.

Dans cette affaire Djitala Mané, si la famille de la victime a renoncé à porter plainte, par contre, le député Amadou Ndiaye Lô, vice-président du groupe libéral et démocratique, lui, est d’un tout autre avis. Dans une correspondance adressée au président de l’institution parlementaire, Pape Diop, le député Lô, par ailleurs 2e adjoint au maire de Kolda, demande ‘la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour apporter toute la lumière sur la mort de M. Djitala Mané’. Pour le député Lô, ‘les populations de Kolda et, au-delà d’elles, tous les Sénégalais ont besoin de savoir la vérité’. La famille du jeune Mané n’ayant pas porté plainte, rien au plan du droit ne s’oppose à la mise en place d’une commission d’enquête pour faire jaillir la lumière sur cette affaire.


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