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Moustapha Sène, nouveau Sg de l’Association des professeurs d’histoire et de geographie : « On a élaboré une nouvelle feuille de route pour outiller davantage les professeurs »

Le Soleil- Le nouveau secrétaire général de l’Association sénégalaise des professeurs d’Histoire et Géographie, Moustapha Sène, décline sa feuille de route. Rendant visite au « Soleil » pour aborder son nouveau programme, M. Sène, qui dirige la structure créée en 1961 par Amadou Mactar Mbow et compagnie, reconnaît qu’il y a eu une léthargie ces dernières années. Après l’Assemblée générale du 20 mai dernier, leur objectif est de relancer les activités de l’association pour améliorer la formation continue des membres.

Quel est l’objectif de cette association et son bilan depuis sa mise en place en 1961 ?
L’objectif de cette association était de réunir les professeurs d’Histoire et de Géographie, mais aussi d’être une structure d’information et de formation des professeurs disséminés sur l’étendue du territoire national. Dans son bilan, l’association a produit beaucoup de documents, des supports parmi lesquels le dossier pédagogique documentaire qui circulait sur tout le territoire et qui permettait aux professeurs d’améliorer leur fiche, leur production et de dérouler correctement leurs enseignements et apprentissages. A son actif également, il avait plusieurs voyages, parce que l’association mettait à profit les vacances scolaires pour permettre à ses différents membres de visiter toutes les régions du pays. En partenariat avec certaines ambassades au Sénégal comme celles de la France ou de la Belgique, l’association a pu organiser des voyages parmi lesquels celui aux États-Unis qui permettait aux professeurs de visiter ce pays chaque année du nord au sud, de l’Est à l’ouest.

Après ce passé reluisant, êtes-vous toujours aussi dynamique ?
Depuis quelques années l’association est tombée en léthargie pour des raisons que je ne veux pas évoquer ici. Le 20 mai 2017, il y a eu l’assemblée générale extraordinaire et j’ai été élu secrétaire général. Dans la feuille de route, il nous a été demandé de relancer l’association parce que les professeurs sont confrontés à plusieurs défis. Il y a le déficit de la formation parce qu’aujourd’hui, il n’y a plus de structures de formation continue qui permettent d’outiller davantage les membres. Il y a aussi parmi ces problèmes les coefficients dans certaines séries ; et nous avons vu, il y a deux ans, que le crédit horaire en Histoire et Géographie a été diminué d’une heure au cycle moyen. Nous avions quatre heures pour l’Histoire et la Géographie et maintenant nous n’avons que trois heures pour l’Histoire et la Géographie et une heure pour l’instruction civique toute la semaine.

Avez-vous les moyens de mettre en œuvre votre nouvelle feuille de route ?
L’association compte sur les subventions de certains partenaires, sur la production de certains documents comme le bulletin de liaison, le dossier pédagogique documentaire. Cela nous permettrait de réunir un certain nombre de ressources. Nous organisions des conférences, mais maintenavnt il y a des problématiques actuelles et il faut que l’association soit au cœur des questions comme les changements climatiques, les politiques publiques comme le Pse, l’Acte 3 de la décentralisation. Il faut que l’association soit au cœur de ces questions pour permettre aux professeurs d’avoir la bonne information. Il faut également renforcer le niveau d’encadrement de nos sociétaires dans les classes. On a élaboré un programme d’actions dans le cadre de la relance des activités. Dans ce programme, il y a l’envoi de correspondances à des personnalités comme Amadou Mactar Mbow, le professeur Iba Der Thiam et à nos partenaires naturels que sont la Commission nationale pour l’Unesco, les ambassades, les institutions de la place et des ministères partenaires comme celui de l’Education, de la Culture, de l’Environnement, du Tourisme, etc. Nous comptons organiser des journées pédagogiques pour revisiter les critères d’évaluation en Histoire et Géographie. Nous allons mettre en place un site Internet pour permettre à nos membres d’accéder au contenu pour améliorer leur préparation.

Le Bac 2017 a connu un certain nombre de problèmes avec les fuites. Est-ce que dans vos missions de formateur, il ne faut pas sensibiliser davantage les élèves sur les questions de citoyenneté et des valeurs pour pérenniser la fiabilité du système éducatif ?
Nous sommes tous des républicains, nous avons des responsabilités. C’est à nous tous d’assurer la fiabilité de ce système. Nous professeurs, nous intervenons dans la préparation et de la proposition des sujets aux examens et concours. Maintenant, à un autre échelon, il y a l’Inspection générale de l’éducation et de la formation. Les professeurs ne constituent qu’un rouage du système et chacun doit jouer son rôle et même la société a son rôle à remplir pour assurer la viabilité du système.

On a constaté aussi que d’année en année, le quota réservé aux professeurs d’histoire et de géographie diminue à la Fastef. Pour cette année, il n’y a même pas de concours pour le niveau baccalauréat. Est-ce que vous ne faites pas un peu les frais de la priorité accordée aux filières scientifiques ?
La mission assignée à l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie est de participer à la formation citoyenne des Sénégalais. Le scientifique, quel qu’il soit, doit être un bon citoyen et où il doit évoluer et connaître son environnement immédiat. C’est bien de mieux orienter les élèves vers les filières scientifiques, mais il ne faut pas perdre de vue la formation citoyenne et les sciences comme l’Histoire et la Géographie. Nous assistons aujourd’hui à une crise de la citoyenneté. Mais quel est le rôle à travers nos enseignements pour installer des compétences sociales ? Il nous faut des enseignants d’élites. D’aucuns diront que les professeurs d’enseignement secondaire, avec de l’expérience, coûtent cher et que la parade c’est de trouver des professeurs de Lettres-Histoire-Géographie. Un professeur de Lettres-Histoire-Géographie qu’on envoie à l’intérieur du pays est moins outillé que le professeur secondaire qui est ici à Dakar et les résultats le prouvent. Il faudrait maintenant, au sortir de la Fastef, que l’Etat mette dans les Centre régionaux de formation des personnels de l’éducation (Crfpe) des structures et donne les moyens pour qu’elles accompagnent les professeurs. Le défi, c’est d’avoir des enseignants de qualité. Nous de l’association des professeurs d’Histoire et de Géographie nous prenons l’engagement d’accompagner l’Etat dans le secteur de l’éducation. Nous allons aussi promouvoir l’interdisciplinarité.

Propos recueillis par Oumar KANDE

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