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Moutede Djim Hyngar, témoin dans l’affaire Hissein Habré :

  • Date: 29 octobre 2015

« L’espérance de vie au sud du Tchad était de 24 heures renouvelable sous Habré »

Le procès de Hissein Habré a été marqué, hier, par le témoignage de Moutede Djim Hyngar.

A la barre des Chambres africaines extraordinaires, le témoin est revenu sur les faits qui se seraient déroulés au Tchad et au cours desquels plusieurs cadres Codos ont perdu la vie.

Moutede Djim Hyngar a été, hier, à la barre des Chambres africaines extraordinaires. Il a vécu jeune les faits pour lesquels il a cité comme témoin dans l’affaire Hissein Habré. Le témoin avait 20 ans lorsque les militaires étaient au sud du Tchad pour s’en prendre aux cadres Codos. A la barre, hier, Moutede Djim Hyngar a raconté les faits qui se seraient déroulés au sud pendant la période du règne de Hissein Habré. « En février et mars 1985, c’était le chao total dans cette région. Les militaires ont convoqué les populations pour leur délivrer un message. Quand ces dernières sont venues sur la place publique, on leur a demandé où sont les Codos ? A la réponse négative des populations, les soldats ont tiré sur 17 personnes, les uns sont couchés à même le sol et les autres ont été exécutées par rafale de mitrailleuse », a narré le témoin, hier, devant les juges. A l’en croire, il y avait beaucoup d’exactions à l’endroit des cadres Codos de cette partie du Tchad. Ce qui a motivé, selon lui, les Codos à créer une formation pour contester le pouvoir central. Moutede Djim Hyngar a aussi parlé de massacres qui se seraient déroulés au Tchad et au cours desquels plusieurs personnes avaient perdu la vie. « Pendant cette période, j’avais 20 ans et j’étais élève en classe de 1ère. Il faut dire que j’avais un appareil photo que j’utilisais à l’époque. En rentrant du collège je diversifiais mes chemins. Cela m’a permis de vivre plusieurs événements », a déclaré le témoin.

« Je suis chanceux de rester toujours en vie »

En réponse à une des questions de la défense demandant à Moutede s’il a été témoin de l’histoire, il rétorque : « je ne cherchais pas à être témoin mais le fait que je changeais de chemin m’a permis de découvrir certaines choses ». C’est sur ces entrefaites qu’il a fait état de massacres dans les régions de Maybo, Boda, Dedi, etc. S’agissant des massacres de Maybo, le témoin a indiqué avoir été informé par un témoin oculaire. « Je suis venu 45 minutes après les faits. J’ai vu plusieurs corps mais je dois préciser que je n’ai reconnu aucun Codos ». S’exprimant toujours devant les juges, il a soutenu que vivre au sud du Tchad à l’époque était une chance.

« Nous sommes chanceux d’être toujours en vie parce que l’espérance de vie au Tchad à l’époque était de 24 heures renouvelable. Aucun endroit n’a été épargné et on ne savait où se cacher », a-t-il encore dit. Par ailleurs, les motifs qui seraient évoqués par les militaires pour arrêter certains responsables étaient que ces derniers étaient en connivence avec les rebelles Codos.

« Si les gens étaient complices des Codos, pourquoi ne pas les traduire en justice au lieu de les massacrer ? Le Tchad sous Habré était une République avec une justice. Donc, il y avait un moyen d’amener ceux qu’on soupçonnait d’être en relation avec les rebelles devant la justice », a martelé le témoin.

«  Ce que j’ai vu n’est qu’une goutte d’eau par rapport à ce qui s’est passé au Tchad »

Parlant des victimes du Sud, le témoin explique : « on n’enterrait pas ceux qui sont morts de manière violente dans un cimetière pour ne pas qu’ils dérangent la quiétude de ceux qui y sont enterrés. Donc toutes les tombes hors des cimetières sont des victimes de massacres ». Pour étayer ses propos, il a indiqué qu’en procédant ainsi, les sudistes se conformaient à leur croyance culturelle.

Restant toujours dans le volet des exactions qui seraient commises au Tchad sous Hissein Habré, il poursuit, « les Tchadiens parlent « d’abattoirs » pour désigner les lieux où des exécutions se seraient déroulés. Ce que j’ai vu n’est qu’une goutte d’eau par rapport à ce qui s’est passé au Tchad », a renseigné le témoin qui a fini, hier, sa déposition. Le procès reprend ce matin avec la suite de l’audition des témoins.

Cheikh Moussa SARR 

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