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Mouvement d’humeur des enseignants THIÈS BAT LE MACADAM CONTRE LE REDÉPLOIEMENT

Hier, enseignants et élèves du département de Thiès ont battu le macadam pour protester, avec la dernière énergie, contre le redéploiement, qualifié d’«abusif», de 41 professeurs et 97 instituteurs, effectué par l’Académie de Thiès.

Les perturbations de l’année scolaire en cours s’intensifient à Thiès. Hier, élèves du moyen-secondaire, élémentaire comme préscolaire ont accompagné leurs enseignants du comité intersyndical dans leur procession contre le redéploiement de 41 professeurs et 97 instituteurs de l’Académie de Thiès. Une forte mobilisation qui fera dire à Thiès au Secrétaire général adjoint du Cusems, Ndongo Sarr, que la «lutte ne fait que commencer».

Pour son camarade coordonnateur régional du Cusems à Thiès, Aliou Gningue, «ce redéploiement n’obéit a aucune règle ni à aucun critère. Ce qui se passe c’est du «matay» dans la mesure où on ne peut pas vouloir dire, nous allons vous affecter, parce que vous êtes un surplus, et vouloir donner à ceux qui vont rester dans ces écoles-là, 25h de cours par semaine et des classes de 120 élèves». Pour le syndicaliste, «n’importe quel enseignant qui tentera d’avoir 25h par semaine et 120 élèves par classe perdra la tête avant la fin de l’année».

Pis, poursuit-il, «les enseignants redéployés doivent procéder au redéploiement de leur propre famille». Ce qui est, à ses yeux, «inadmissible». M. Gningue est d’avis qu’«aucun gouvernement, qui se soucie de l’avenir de son école, ne peut adopter une telle attitude».

Son camarade Ndongo Sarr de renchérir : «De redéploiement, il faudrait qu’il en ait, mais il faut qu’il en ait là où, effectivement, on doit en faire. Et je considère que la première institution de ce pays où on doit redéployer, c’est le Gouvernement où on trouve un effectif pléthorique.»

Toutes raisons qui poussent le comité intersyndical, composé du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire et du Cadre unitaire syndical de l’enseignement moyen et secondaire (Saems/Cusems) et du Cusems, à dire que la communauté éducative, n’acceptera pas «cette forfaiture» et a décidé de procéder au boycott des compositions au niveau du département prévues la semaine prochaine, mais également à la rétention des notes des devoirs.

Car, pour le coordonnateur de ce dit comité, Aliou Gningue, «on ne peut pas admettre en pleine année scolaire, à la veille des compositions, que les autorités redéployent des professeurs».

«Des rapports faux, il n’y a nulle part des surnombres d’enseignants»

Pour sa part, Mamadou Lamine Dianté, coordonnateur du grand Cadre «A», leader national du Saems/Cusems, venu prêter main forte à ses camarades, d’indiquer que «tous les rapports qui ont été produits au niveau du ministère de l’Education nationale ne sont que des rapports faux, parce qu’en réalité, il n’y a nulle part des surnombres d’enseignants. Les enseignants ont bénéficié des affectations pour des raisons de santé mais aussi pour simplement se rapprocher de leur conjoint(e) et dans la limite de la légalité».

Et de poursuivre : «Aujourd’hui, on n’accepterait pas qu’un ministre vienne remettre tout cela en cause au point de porter atteinte aux intérêts de l’élève. C’est pourquoi les élèves, qui en sont conscients, ont décidé de battre le macadam auprès de leurs enseignants parce que le lien affectif qu’ils ont déjà avec ces enseignants est tellement fort qu’ils ne souhaiteraient pas qu’ils soient redéployés.»

Ainsi, le bras de fer entre les syndicats d’enseignants et l’Inspection d’académie de Thiès se poursuit de plus belle, après l’échec de la réunion de clarification sur la situation qui prévaut dans l’Académie de Thiès, organisée par l’Inspectrice d’académie et qui a réuni tous les acteurs de l’éducation.

Depuis une dizaine de jours, le comité intersyndical des enseignants du département de Thiès organise des journées de débrayage ayant fortement perturbé le système éducatif, déclenchant une grève de 48h renouvelables, suivie hier d’une marche départementale.

Le Grand cadre vaque les cours à Kédougou

Après le redéploiement jugé «injuste» et «arbitraire» de certains de leurs collègues, le Grand cadre des syndicats d’enseignants n’a pas mis du temps pour décréter un débrayage ce mercredi. A l’image des autres régions, Kédougou n’a pas été en reste, le mouvement a bien été respecté par les enseignants qui, dès 9 heures, ont rangé la craie et l’éponge et évacué leurs salles de classe. Interpellé sur la question, le Secrétaire général du Sels/A, Babacar Ndaw, dira que «le mouvement a très bien été suivi dans l’ensemble des écoles».

Pis, ce dernier dénonce le comportement «irrespectueux» des syndicalistes membres du Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels) qui font parti du Grand cadre et qui ont refusé de suivre le mot d’ordre au niveau local.«On n’a pas compris l’attitude de nos camarades du Sels qui n’ont pas répondu à l’appel.»

Pourtant, poursuit notre interlocuteur, «au niveau national, le secrétaire national dudit syndicat fait partie de ceux qui ont signé le procès-verbal de la rencontre qui a décidé du débrayage de ce jour». «J’ai tenté de joindre en vain, Souleymane Diallo, Sg local du Sels», renchérit-il. Suite à cette situation,

Souleymane Diallo joint, explique que son téléphone «était en mode silencieux» parce qu’il était convié à une rencontre avec l’ambassadeur des Etats-Unis. Mieux, informe-t-il, sur le refus du Sels de prendre part au débrayage : «Le préavis ne peut pas être déposé le lundi dernier et qu’on parte en grève avant même son expiration.»

A l’en croire, «l’échéance, qui avait été donnée à l’Etat pour respecter ses engagements, était fixée à la fin du mois de janvier. S’il ne respecte pas ses engagements maintenant, nous allons passer à la vitesse supérieure.»

Mais cela se fera dans les règles de l’art. Par rapport au redéploiement abusif de certains enseignants, Diallo tempête : «Dès qu’on a appris la nouvelle, on a pris notre bâton de pèlerin pour aller à la rencontre de l’Inspecteur de l’éducation et de la formation (Ief) pour lui demander des explications.»

Parce que, dit-il : «Ce n’est pas normal que des directeurs d’écoles profitent de l’occasion pour en faire un règlement de comptes.» A cet effet, lance ce dernier, «l’Ief n’étant pas présent, on s’est adressés à son adjoint, M. Badiane, qui a pris bonne note et s’est engagé à transmettre notre requête à son supérieur dès son retour».

Le quotidien

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