Confidences

Multi recidiviste avec un passé pénal chargé : Yaadikoone, ses 32 arrestations et ses 32 évasions

  • Date: 18 août 2015

Animé par le désir de venir en aide les laissés-pour-compte de la société, Yaadikoone qui ne mesurait en aucun moment ses actes jugés criminels reçut beaucoup de plaintes. Il était recherché par la police, mais chaque fois que cette dernière lui mettait la main dessus, il s’échappait. Ce qui a occasionné de nombreuses arrestations, mais aussi autant d’évasions

de prison.

«Le grand malfaiteur, habitant de Nguékhoh vient de s’évader de la prison», avait une fois titré, à l’époque, le journal «Paris Dakar», ancêtre du «Le Soleil». En effet, Yaadikonne qui, souvent, était recherché par la police, a connu plusieurs arrestations. 32, selon son général Mor Mbinda Fall. Mais pas une seule fois, il n’a purgé sa peine.

«On l’a arrêté 32 fois et il a fait 32 évasions»,  indique Mor Fall avant d’expliquer : «Il y a à 100 mètres carrés deux clôtures et entre les deux clôtures il y a une distance de 4 mètres. C’est cette distance là que Yaadikoone sautait. Il franchissait les clôtures en pleine journée. Cependant, personne ne savait comment il faisait pour s’évader de la prison civile de Dakar (prison de Rebeuss) qui pourtant était très bien gardée. Le Procureur Desprez disait même qu’il était de connivence avec les gardiens de la prison.
Yaadikonne était tout le temps recherché par la police. Mais les hommes de Desprez n’ont jamais pu mettre la main sur lui longtemps. Mor Fall, son bras droit, de raconter le jour où «Djinné», comme il l’appelle, a été arrêté à Gorée.

«Un jour, on l’a attrapé à Gorée. Ce jour-là, beaucoup d’enfants étaient présents sur les lieux, à tel point qu’on a demandé à la chaloupe de ne plus en embarquer. Au moment où la police était occupée à chasser les enfants, Yaadi en a profité pour s’échapper. Il a plongé dans l’eau et s’est mis à nager. Les policiers ont pris des canots et se sont mis à le poursuivre. Yaadikoone faisait de la nage libre entre Gorée et l’actuel Lagon 2 qui faisait 7 km. Les canots qui le pourchassaient n’arrivaient pas à l’attraper. Quand il est revenu, je lui ai demandé comment il a fait pour s’en sortir. Il m’a dit qu’il était mieux dans l’eau que sur terre et que les canots ne pouvaient rien contre lui», raconte le vieil ami de Ndiaye Yaadi.

Trahi par ses compagnons, Yaadikoone fut arrêté pour la énième fois

Mor Mbinda se souvient aussi du jour où son ami avait été arrêté à Campement Nguékhoh. C’était vers les coups de 17 heures. Ce jour-là, dit-il, les policiers ont utilisé un filet pour le capturer, tel un animal. Toujours, dans cette veine d’arrestation, il y en a une que Mor Mbinda  Fall n’oubliera jamais. C’est le jour où Yaadikoone a été trahi par ses propres compagnons.

«Les policiers ont mis la main sur ‘Djinné’ à Campement dans une maison qui était située là où se trouve actuellement la mairie de Campement Nguékhoh. C’était vers une heure ou deux heures du matin. La nuit de son arrestation, il avait donné rendez-vous à Ndiaye Malick Barro et ‘Gouddi amna borom’. Cette nuit-là, on était tous ensemble avec Yaadi jusqu’aux environs de minuit. Puis, il nous a demandé d’aller nous coucher. J’étais étonné quand il nous l’a demandé parce que, d’habitude, on se couchait tous dans la même chambre», narre-t-il.

Et d’ajouter : «J’étais curieux de savoir ce qui se tramait. Donc, j’ai désobéi et je me suis caché sous un petit pont qui se trouvait près de la maison pour observer ce qui se passait. J’ai vu des voitures se garaient, des lumières s’éteindre et des hommes en tenue qui en descendaient. Ils étaient nombreux et étaient armés jusqu’aux dents. J’ai vu les hommes en tenue encercler la maison. J’ai sifflé trois fois, c’était un code entre nous. Malheureusement, Yaadi n’a pas entendu. Quand ils ont frappé à la porte, Yaddi qui somnolait avait cru que c’était son rendez-vous. Quand il a ouvert la porte, il a reçu une barre de fer au front. Après ce coup qui lui a fait perdre l’équilibre, les policiers se sont, sans tarder, jetés sur lui. Il s’est subitement relevé, mais n’a pas pu s’échapper».

Ligoté, bras et pied liés, il fut amené avec beaucoup de difficultés par les policiers

Le vieux Mor Fall, avec un brin de nostalgie,  continue son récit : «Alors, ils l’ont menotté, ligoté, bras et pieds liés, ils l’ont mis dans un camion. Après leur départ, je suis sorti de ma cachette et suis allé dans la chambre prendre les affaires de Yaadi. Après quelques minutes, Ndiaye Malick Barro est arrivé avec les autres gars avec qui Yaadi avait rendez-vous. Je leur ai demandé des comptes, car seuls nous qui étions dans la maison et eux savaient où se cachait Yaadi et je savais que c’était eux qui l’avaient dénoncé à la police. Mais ils ont  complètement nié les faits. Ils ont dit qu’ils n’en savaient rien du tout. Mais je savais que c’était eux, parce que la cachette, personne ne la connaissait à part eux, moi et les enfants. Ndiaye Malick Barro m’a bousculé et il est parti. Je lui ai dit que je n’avais pas  son temps. Je ne me suis pas inquiété, car je savais que ‘Djinné’ allait sortir pas longtemps. Quelques jours après, il est sorti».

Revenant sur Ndiaye Malick Barro, celui-là même qui a vendu la mèche aux limiers, il déclare : «Ndiaye Malick Barro fut un homme insupportable. Je me suis même battu avec lui. Ndiaye Malick Barro me provoquait tout le temps et ‘Djinné’ lui disait souvent de se méfier de moi, mais il n’en avait cure. Un jour, il y a eu un accrochage entre Ndiaye Malick Barro et moi. Il a dit qu’il allait bien me corriger et ensuite m’acheter de la boisson. A l’époque, la petite bouteille de boisson coûtait 25 francs. Yaadi a essayé de nous séparer, mais je lui ai dit de nous laisser. Ce jour-là, il l’a bien regretté, car je l’ai bien bastonné. J’ai su alors pourquoi ‘Djinné’ quand je me battais avec des personnes plus costauds que moi ou avec un groupe d’individus, il n’intervenait pas. Il me laissait tout le temps me débrouillait, il n’essayait même pas de nous séparer. Pour vous dire que Yaadi a participé à ma formation. Tout ce que je suis devenu, c’est grâce à lui».

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