SOCIETE

MUSIQUE ET PAROLES L’amour, mal compris et chanté par nos ‘’mbalaxmen’’

  • Date : 29 juillet 2016

La chanson française et les musiques dites anglo-saxonnes ont la réputation de nous proposer des textes qui transcendent les générations pour s’inscrire dans la postérité. Ce constat, on ne peut le faire pour notre mbalax national, cocktail assourdissant et aux textes creux. L’amour, sujet très usité par les chanteurs et interprètes féminins, ne fait pas exception à la règle avec des textes qui frisent trop souvent le ridicule. Diagnostic.

Ce n’est pas pour rien qu’on lui donne le titre de meilleur artiste de la scène musicale sénégalaise. Excellant bien dans des registres aussi différents tels les faits qui interpellent la société que l’amour, Thione Seck a encore donné une preuve de son immense talent en matière d’écriture de textes musicaux. « Diaga », chanson dédiée à sa vaillante épouse est posée comme de l’encre indélébile sur son dernier album (éponyme, d’ailleurs). Une poésie qui rappelle le titre « Yow » chanté par le même artiste dans les années 80 afin de magnifier le charme et l’exemplarité de l’être aimé, choisi parmi tant d’autres.

Si l’on évoque le pater de Waly Ballago pour le donner en exemple parmi cette floraison d’artistes qui ont investi le champ musical pour faire carrière, c’est que l’auteur de « Mbeguél » a l’habitude de bien soigner ses textes notamment ceux parlant d’amour. Ce qui n’est généralement pas le cas pour la plupart de nos artistes qui se plaisent dans la facilité. Surtout que depuis plusieurs années, pour contourner la piraterie et rester en permanence au devant de la scène, ces chanteurs et leurs pendants féminins multiplient les sorties de singles qui parlent quasiment tous d’amour. Mais de quel amour s’agit-il ? D’un amour exclusivement à la sauce mbalax. D’ailleurs, les textes proposés par les animateurs de ce genre musical bien local se rechignent à creuser dans leur tête pour en fin de compte livrer des textes qui feront durer leurs créations dans le temps et l’espace. C’est ainsi qu’onomatopées et autres devinettes incompréhensibles par le commun des mortels, restent les ingrédients jugés utiles pour meubler des plages musicales qui ont souvent le mérite d’être concoctées par les mêmes programmeurs et arrangeurs. Résultat : une musique psychédélique pour accompagner les sirènes de l’amour.

Quand le ridicule donne des ailes

La jeune garde sensée révolutionner le cours des choses, reste la frange la plus exposée à cette facilité notée dans le mbalax des amours. Et cela, nombre de doyens de la musique sénégalaise l’ont souligné lors de plateaux télévisés ou d’émissions de radio, montrant ainsi leur dépit concernant cette « musique d’un jour » qui se consomme juste pour un temps bien déterminé. À preuve, avant même qu’il ne finisse de bénéficier d’une campagne de communication et de promotion qui s’inscrit dans la durée, beaucoup de « tubes » d’artistes lassent une bonne partie des mélomanes. « C’est la triste réalité. Ces morceaux sont juste faits pour fêter un événement religieux comme la Tabaski, la Korité, Noël et autres. Ça marche bien puisque les gens étant en période de fête, mais ensuite ils se tournent vers des titres beaucoup plus engagés s’ils veulent vraiment écouter de la bonne musique », souligne la jeune Anta, étudiante en droit et non moins mélomane assidue. « Pour moi, ce qu’ils  chantent (les artistes, NDLR), ne peuvent-être qualifier de textes sur l’amour. C’est du n’importe quoi ! On doit normalement rêver et s’évader en écoutant un titre sur l’amour. Faites le constat avec les artistes européens et américains. Ce qui n’est pas le cas pour nos chanteurs locaux soucieux plutôt du rythme endiablé de leur musique que des textes qui doivent les meubler. Et cela, est vraiment regrettable ».

Une contribution de son amie Oumy qui avoue pourtant ne pas mettre tous les artistes dans le même sac, puisqu’il y a parfois du bon dans le répertoire de certains chanteurs et chanteuses. « Coumba Gawlo, Thione Seck, Youssou Ndour et quelques autres, restent des exceptions dans ce milieu. Et je pense qu’il faut des distinctions pas seulement pour les meilleurs textes sur l’amour, mais sur les meilleures paroles de musique au Sénégal. Vous verrez que cela aura une incidence positive sur tout le showbiz sénégalais ». Paroles d’une étudiante et chercheuse en histoire de l’Art.

Chanter les couleurs de l’amour en ce qu’elles ont de plus beau, relève du parcours du combattant dans un pays où le mbalax reste le roi indétrônable d’un showbiz aux relents d’informel. Dans un Sénégal où également les artistes aux égos surdimensionnés croient pouvoir penser pour eux-mêmes et les autres. Ce qui fait que ce n’est pas demain la veille que le métier de parolier inexistant et méconnu dans ce pays, pourra être considéré comme un maillon essentiel de la vie musicale sénégalaise. Pour cela, Birame Ndeck Ndiaye (ex-parolier de Youssou Ndour) et Didi Fama (auteur de Takhander, chanté par Mapenda Seck), peuvent en témoigner.

Khady Thiam COLY                 

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