Confidences

Mystère autour d’un vol

  • Date: 7 septembre 2015

Un témoin de l’accident raconte – D’anciens employés de Sénégal Air chargent la compagnie – La présidence et la Primature avait été alertées – SOS Médecins sous le choc

 L’avion d’évacuation médicale de Sénégal air, à destination de Dakar, était entré en collision avec un Boeing de la compagnie Ceiba en partance pour Cotonou. Après l’abordage, l’appareil qui avait à son bord 7 personnes a connu une dépressurisation brutale avant de s’abîmer en mer. En attendant, les recherches se poursuivent pour le retrouver.

Le mystère autour des circonstances de la disparition de l’avion d’évacuation médicale 6V-Aim de la compagnie Sénégal air, qui avait à son bord 7 personnes portées disparues, s’est un peu dissipé. Le drame s’est joué à 10 mille mètres d’altitude. L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) a annoncé hier que l’avion en provenance de Ouagadougou avait croisé samedi le vol Ceiba Cel 071 à destination de Cotonou, à 18h 12 min Gmt à environ 300 Nm (555Km) de Dakar.

«D’après les premières informations, il y aurait eu abordage entre les deux aéronefs, ce que les résultats de l’enquête technique permettront de confirmer ou d’infirmer», indique un communiqué de l’Anacim.

L’instance de gestion aéronautique informe que l‘avion équato-guinéen, qui avait décollé de Dakar à 17h 29 pour rallier Cotonou, s’est alors détourné vers Malabo où il a atterri à 21h 40 mn. Mais il a tenté en vain d’entrer en liaison avec l’appareil sénégalais en signalant immédiatement l’incident. On a appris que le choc a provoqué une avarie et une subite dépressurisation de l’appareil, les sept personnes qui étaient à bord se sont évanouies.

En pilotage automatique, l’avion a poursuivi sa route en direction de Dakar avant de s’abîmer en mer après avoir épuisé ses réserves de kérosène. On est certes loin de l’énigme du vol MH370 de Malaysia airlines qui devait relier Kuala Lumpur à Pékin samedi 8 mars 2014 avant de disparaître au large du Vietnam avec à son bord 239 personnes. Mais l‘enquête devra dévoiler les circonstances exactes de la collision entre les deux avions.

Les tragédies aéronautiques sont exceptionnellement provoquées par un abordage aérien (une collision entre deux avions en vol). Il est souvent lié à une mauvaise communication, une incompréhension entre le pilote et le contrôleur aérien ou entre les pilotes, une erreur de navigation, une baisse de vigilance ou modification des plans de vol.

Les autorités de l’aviation civile doivent éclairer une autre zone d’ombre : les deux avions étaient ou non dans le même couloir aérien. Par conséquent, des recoupements sont en train d’être faits au niveau des tours de contrôle de Malabo, de Niamey et de Cotonou.

7 personnes portées disparues

En attendant, les recherches se poursuivent pour retrouver l’avion qui a disparu des écrans radars samedi à 19h 08. Elles ont repris dimanche à 6h du matin avec l’entrée en lice de deux avions et d’un navire de la marine nationale, a annoncé à l’Agence de presse sénégalaise le service de communication du ministère des Transports aériens. Le navire de la marine nationale est suffisamment équipé pour rester dix jours en mer, a souligné la même source. Par ailleurs, une cellule de crise a été installée à l’aéroport de Dakar.

Le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo, et son collègue des Forces armées, Augustin Tine, suivent de près l’évolution de la situation au sujet de cette affaire. Il faut savoir que cet appareil affrété par Sos Médecins effectuait une liaison entre Ouaga et Dakar.

Il avait à son bord 7 personnes (2 pilotes algériens, un mécanicien congolais, un médecin et deux infirmiers sénégalais et une patiente française) qui sont portées disparues. Et les explications de leur disparition se trouvent sans doute dans les boites noires qu’il faudra retrouver pour lever définitivement les zones d’ombre.

TÉMOIN DU CHOC ENTRE LES DEUX AVIONS

L’enseignant au CESTI raconte

«J’ai voyagé à bord de cet appareil hier soir (samedi). Notre vol a atterri à Malabo Guinée Equatoriale au lieu de Cotonou. Après environ 45mn de vol, on a subi un choc à l’arrière de l’avion. Mais le vol s’est déroulé normalement. C’est à l’approche de Cotonou que le pilote nous a dit qu’il continue sur Malabo parce qu’il a un petit problème technique. On a repris un autre avion à Malabo vers 2h 30 du matin. Sur place, on nous a dit qu’on a heurté un oiseau, mais un autre passager de première classe nous a dit que c’est un petit avion qu’on a heurté.»

LA COMAPGNIE « SÉNÉGAL AIR » SUR LA SELLETTE

L’alerte de Al Hassane Hane

La disparition de l’avion de Sénégal air repose la question de la délivrance de certificat de navigabilité à certaines compagnies. Al Hassane Hane et Frédéric Villegente, ex-directeurs d’atelier et technique, avaient alerté sur la qualité de ses appareils.

Le «Rapport circonstancié» rédigé par Al Hassane Hane, ex-chef d’atelier de la compagnie Sénégal air et adressé au directeur de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), n’était pas prémonitoire. Mais il contenait des informations qui auraient dû pousser l’autorité à prendre des décisions idoines pour éviter probablement une tragédie. Le Hawker 125-700 immatriculé 6V-Aim, de type jet, destiné au transport des Vip et aux missions Med’Evacs, qui a disparu samedi, ne répondait pas aux normes.

Selon ce technicien supérieur avionique qui fut chef d’équipe avionique à la cellule Fokker de l’Armée de l’air sénégalaise, le hawker qui a disparu a connu des fissures des pare-brises gauche et droit en vol. Pis, d’après lui, des équipements vitaux et fondamentaux de contrôle moteur de la «taille d’un Itt» sont restés en avarie de fonctionnement pendant plusieurs missions.

Dans le rapport de M. Hane, aucune mention n’était portée sur le technical logbook. En d’autres termes, les mentions relatives aux écarts de fonctionnement répertoriées en vol sur les carnets étaient substituées par d’autres carnets qui occultaient les notes gênantes. Cette situation avait poussé un copilote français à démissionner. Dans ce document, Al Hassane Hane raconte une histoire surréaliste. Il a trouvé une fois le King Ar, immatriculé 6VAgs, en ligne de vol sans présence de mécanicien.

Après une vérification d’usage, dit-il, il a constaté une fuite d’hydraulique au niveau du train principal droit. Sans cette vérification, l’avion allait partir sans possibilité de freinage. A l’atterrissage, cela aurait pu provoquer une catastrophe. Lors d’une phase de remise à niveau du commandant de bord Marie Yvonne Magan, la chaîne d’entraînement du 6 V-Ags s’est rompue.

Par ailleurs, le jet Stream 32 immatriculé 6V-Aie, qui effectuait la desserte Dakar-Ziguinchor, avait été l’objet d’une saisie et les mêmes membres de l’équipage dont le commandant Oumar Wane ainsi que 2 passagers arrêtés à Freetown. Dans son rapport, il rappelle que les travailleurs n’étaient pas qualifiés.

Par exemple, le Dirigeant responsable (Dr) avait 76 ans et ne dispose pas de licence de validité. Il faut savoir que ce rapport adressé au directeur de l’Anacim le 17 avril 2013 a été envoyé à la Présidence, Primature, au ministère des Transports.

FRÉDÉRIC VILLEGENTE, EX-DIRECTEUR TECHNIQUE DE SÉNÉGAL AIR

«La compagnie exploite des avions sans autorisation»

Frédéric Villegente a démissionné de son poste de directeur technique de la compagnie privée Sénégal air à cause des mauvaises «conditions de travail».

Dans son courrier daté du 11 août 2013 adressé au président du Tribunal régional hors classe de Dakar, il avait soutenu que la compagnie exploite des avions sans autorisation, seulement des passe-droits. «J’avais averti l’aviation civile de la dangerosité de cette société

TROIS DE LEURS AGENTS ONT DISPARU AVEC L’AVION

« SOS médecin » sous le choc

Les recherches pour retrouver l’avion de Sénégal air qui avait à son bord deux infirmiers et un médecin de Sos médecin se poursuivent. Sans nouvelle de leurs collègues, le personnel de la clinique est sous le choc.

Sos médecin a besoin d’assistance en ces moments. Le personnel est sous le choc au lendemain de la disparition de l’avion de Sénégal air qui avait à son bord deux infirmiers et un médecin de la clinique. Devant leur siège, le calme règne en maître. Le bruit des voitures qui passent la rue et le gazouillement des oiseaux dérangent par moments la quiétude des lieux. Au bas de l’immeuble en carreaux blancs en plus des poteaux en couleur verte et bleue, on aperçoit un homme au 2ème étage.

Habillé en chemise manches courtes, casque blanc vissé sur les oreilles, mains collées au menton, regard fixé sur la mer, il est étreint par la douleur. L’inquiétude a gagné l’ensemble de la «maison» après l’annonce de la triste nouvelle. Après avoir bien observé le grand bleu, il se tourne et jette son regard un peu partout. De l’autre côté, on voit deux dames assises en discussion avec un homme. En bas du bâtiment, deux ambulances et d’autres voitures sont stationnées sous des arbres.

Les vigiles veuillent au grain. Les instructions sont respectées à la lettre. Les personnes étrangères à la structure ne sont pas les bienvenues. «L’accès est interdit», tonne un vigile sous couvert de l’anonymat. Quelques minutes après, un agent sort du bâtiment, sac à dos en main .

Mais il est tenu de respecter une consigne : «Je ne peux pas me prononcer sur le sujet», fait-il comprendre avant de se diriger vers son véhicule. En attendant de retrouver l’appareil disparu à quelques centaines de kilomètres de Dakar, l’ambiance reste calme à Sos médecin, sis à la Guele Tapée. C’est le deuil.

Le Quotidien

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