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Nafi NGOM KEITA, chef de l’Inspection générale d’Etat : L’Ige n’est pas un instrument de règlement de comptes politiques

Renforcer la crédibilité de l’Inspection générale d’Etat et le prestige du corps, tel est l’un des objectifs stratégiques déclinés par Mme Nafi Ngom Keïta à l’issue d’un séminaire de formation à l’intention de ses collègues. Présentée souvent à tort comme une machine de répression à la solde du chef de l’Etat contre des adversaires politiques, l’Ige se dit neutre et objective dans ses missions.

Source : Walfadjri
‘L’Ige est neutre et objective dans sa mission. Elle constitue une forteresse imprenable qui ne saurait être au service d’aucun homme politique’. Ces propos de la patronne de l’Inspection générale d’Etat, Mme Nafi Ngom Keïta, illustre bien la préoccupation majeure de ce corps d’élite qui est chargé, entre autres missions, de traquer les délinquants financiers haut placés. Cependant, fait remarquer la patronne de l’Ige à l’issue d’un séminaire de formation à l’intention des inspecteurs généraux d’Etat, ‘nous ne sommes pas un instrument de règlement de comptes politiques. Nous avons toutes les garanties d’indépendance qui nous mettent à l’abri de toute pression. La neutralité est une norme absolue chez nous. C’est la loi qui nous protège’.

Seulement, reconnaît Mme Nafi Ngom, ‘le problème c’est l’exploitation que l’on fait des produits de notre travail. Et cela ne nous engage pas. Nous remettons toujours nos rapports au chef de l’Etat qui décide de la suite à donner à ces rapports. Nous n’avons jamais été manipulés, mais je dois dire qu’on est mal compris parce qu’on ne communique pas. On nous accuse de beaucoup de choses dont nous ne sommes pas coupables’.

C’est d’ailleurs pour mieux être compris des citoyens que l’Ige a décidé, dans sa nouvelle orientation, de communiquer. ‘C’est dans ce cadre qu’une nouvelle orientation stratégique a été définie pour l’Inspection générale d’Etat qui, comme vous le savez, reste l’institution administrative de contrôle la plus élevée et la plus ancienne de l’administration sénégalaise’, explique Mme Nafi Ngom Keïta, entourée de ses pairs et d’Alain Gerard Cohen, un expert international chargé d’animer le séminaire. Ainsi, la nouvelle orientation de l’Ige est résumée ainsi : ‘Tout en maintenant le cap sur la lutte contre la fraude et la corruption, qui constitue l’une de ses missions principales, l’Ige doit, dans une démarche proactive, mettre en place des stratégies de prévention de ces délits financiers afin de minimiser le lourd préjudice subi par le trésor public’.

L’Inspection générale d’Etat veut également réorienter son action vers l’audit et l’évaluation des politiques publiques, ‘dans le but de s’assurer que les programmes atteignent leurs résultats et que les personnes qui gèrent les affaires publiques, rendent compte de leur gestion’. L’Ige, explique toujours Mme Nafi Ngom Keïta, ‘doit d’une part, prendre sa place en tant que leader dans le domaine du contrôle et de l’audit interne, de l’évaluation ainsi que de la pensée stratégique sur le secteur public et, d’autre part, s’assurer que les organismes publics disposent des capacités techniques et institutionnelles susceptibles de favoriser une mise en œuvre efficace des politiques et programmes publics’.

Au terme du séminaire, sept objectifs ‘stratégiques’ ont été déclinés à partir de l’orientation précitée. Il s’agit de renforcer la crédibilité de l’Ige et le prestige du corps ; mobiliser les membres autour d’objectifs et de valeurs organisationnelles partagées ; moderniser le système informatique de l’Ige par la mise en place d’un site web ; développer une stratégie de communication externe pour satisfaire l’obligation de rendre compte dans le respect de la confidentialité et du caractère secret des informations détenues ; créer les conditions d’une prévention efficace de la fraude et de la corruption ; créer les conditions d’une bonne exécution des missions à haute valeur ajoutée, axées sur l’évaluation des politiques publiques et de l’audit supérieur et enfin créer les conditions de l’instauration d’une culture de reddition des comptes.

Ce ‘reformatage’ de l’Ige, souligne Mme Nafi Ngom Keïta, répond à l’exigence de bonne gouvernance ‘clairement exprimée à travers une nouvelle citoyenneté en gestation dans la plupart des pays africains et au Sénégal en particulier’.


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