Contributions

Ne surtout pas désespérer l’espérance ! (Par Elie-Charles Moreau )

  • Date: 11 septembre 2015
 Même s’il paraît, après plus de 1095 jours, « toujours trop tôt pour tirer bilan du magistère de Macky », comme le croient et crient à tout-va les militants APR, ceux icelles qui ont devoir de « gérer ensemble » après avoir « gagné ensemble » (et on peut malgré tout les comprendre : ils ont tous un cahier de charges mental), mais, aussi, la horde de « mouches » qui les ont rejoints (et qu’on ne tolère que par défaut), force est d’avouer que le candidat que va redevenir M. Macky Sall doit être bien préoccupé. Et à raison.

Il est cerné par des intellos en transat et des sybarites aux petits pieds, tous, brillant par la langue de bois et une insoutenable superficialité chaque fois qu’opportunité leur est donnée de réponses concevables aux aléas et attaques dont leur mentor, en permanence, est objet et sujet. Il suffit, le plus sérieusement du monde, se pencher sur la geste plurielle de celles et ceux-là qui ont mission de « vendre » l’image et les messages de M.Macky Sall pour se convaincre de l’urgence plus-que-pressante à prendre en charge, avec rigueur, les deux questions cruciales et latentes que sont la communication et la culture : deux vocables, certes, mais autant de leviers pour gagner ou perdre, lamentablement, une posture et le statut de suprême magistrat qui la signifie.

Et au train où va le pouvoir, ajouté aux méthodes et façons par lesquelles les débatteurs et autres agents de promotion(s) du pouvoir en place se tiennent et s’expriment dans les aires médiatiques (radios, journaux, télévisions et autres réseaux sociaux), il est à imaginer et, mieux, à s’assurer de l’impérieuse nécessité pour le président Macky Sall de parer au plus pressé : désordonner les désordres en vigueur dans son camp, dans la République et dans la Nation. Mille et une chosesaisées à corriger et dont le préalable consiste àenclencher un froid, mais raisonnéchamboulement des attelages fondamentaux que sont le gouvernement, les pré-carrés, la pléthore de conseillers, ministres-conseillers et d’agences, mais, encore, ces compagnonnages de tous ordres et natures qui, au fond, ne sont qu’autant d’occasions de ruiner le discours et le profil déjà pas trop écorné du « PrésidentMacky ».

Propos de citoyen– grand – oublié des partages de fromage et gaufres républicain ? Oh, que non ! Il faudrait s’armer d’optimisme fou pour réfuter le fait que le Sénégal demeure, quatre ans après Maître Wade, un vaste souk où les populations, de toutes les manières possibles, clament qu’elles sont fatiguées d’être fatiguées. D’autant que tout y est réglé sauf l’essentiel. Nous sommes donc à la croisée des chemins. Plus clairement, nous aurions bouclé les trois quarts d’un pouvoir entrain d’épuisement, dit-on. Il faut être dans « les affaires » pour récuser cette donne et oser penser que les Sénégalais n’ont pas gagné en maturité et en liberté à l’intérieur d’eux-mêmes et ont bien commencé à briser les fers de la peur, du fatalisme et des infécondes illusions.

Alors que les conditions matérielles des plus démunis de nos concitoyens demeurent plus poignantes que jamais et que l’enfer du quotidien consume leur vie, l’écrasante majorité des Sénégalais a certitude du possible radieux de l’à-venir. Cela ne relève point de rêves éveillés, mais d’un inaliénable besoin de redevenir les réels acteurs de leur histoire, confortés en cela par une tenace et authentique aspiration à un changement devant se traduire par celui des conditions de vie et le respect scrupuleux de la dignité humaine. Au tournant du chemin qu’il nous reste à accomplir, il est impérieux de tenir en compte de telles évidences. Méconnaitre ces choses-là, sinon les traiter par le mépris, comme c’est trop souvent le cas, ne servirait à rien.

Car, de nouvelles pages vierges se sont ouvertes en notre trajectoire de vie. La question se pose, alors, de savoir comment et qui vont les remplir. Les manières et les compétences sont à foison : elles courent les rues, les avenues et même les boulevards de ceinture. On peut les trouver dans toutes les associations normales et dans les mouvements civiques, dans les médias dits indépendants et chez les lettrés et intellectuels dont on fustige, trop souvent à la hâte, à mon sens, les silences et prébendes. Au fond, tout indique que le pouvoir, en place depuis le 25mars 2012, se cherche toujours et cherche encore le « YoonuYokkute » tellement promis, clamé et déclamé sur tous les tons et toits de la nation. Mais, je n’irai pas jusqu’à avouer en râlant, avec les opposants et déçus du « Benno BokkYaakaar », que l’alternance qui a installéM.MackySall au Palais de la République a des relents de faillite.

Je ne dirai pas non plus que son tempo de magistrature suprême avoisine son terme et qu’une nouvelle alternance s’impose. Je ne verserai donc pas dans le pessimisme ambiant, même si cela ne me paraît pas excessif encore moins pas exagéré du tout. Tout de même, une alternative est àmûrir et à asseoir qui ne peut être que culturelle. J’ose croire, sincèrement, que convertir la Culture en sur-priorité est envisagé par le Premier Protecteur des Lettres et des Arts. Même si, jusqu’à ce jour, malgré les signes qu’il a envoyés aussi bien, les ministres qui ont été nommés pour gérer le secteur n’ont brillé que par des effets d’annonce, par un dilettantisme déconcertant, par une volonté obstinée à aller plus vite que la musique, à systématiquement mettre les charrues avant les bœufs, à compiler bourdes et bévues en pensant, dur comme fer, que la Culture c’est juste un étalage d’événements folkloriques allant de l’obscène au tolérable en passant par l’insensé.

Que la Culture, ce sont des obligations de parrainage de nuits et soirées de tous ordres et natures, ou des temps décuplés de louanges à Première dame, motivés par des réflexes de courtisan, trop souvent sans fondement, et qui font des ravages au Sénégal depuis plus de trois ans et des poussières. Malgré tout, pourquoi ne pas créditer le PrésidentMackySall de la ferme intention de changer positivement les choses ? On peut, en ce point, lui accorder toute notre confiance. A lui, donc, de jouer en maestro. Et, en prévision des heures graves qui l’attendent, il lui faut (se) muer en monstre froid. C’est une question d’instinct de conservation d’égo et … de fauteuil. Eh oui ! C’est surtout de courage qu’il est question. D’autant qu’il commence à se faire tard, que le temps ne sait même plus donner du temps au temps et que l’espoir est devenu comme une peau de chagrin.

L’« Emergence » est, pour sûr,un concept merveilleux, mais c’est juste un concept : quelque chose comme une calebasse vide. Hélas, depuis l’an 2000 au moins, les Sénégalais ne sont plus des chèvres, des cabris et des boucs si jamais ils le furent. Et si la « rupture » est toujours d’actualité, autant en clarifier le sens et lui trouver des contenus crédibles. L’hermétisme et le flou, en politique, ne favorisent que des entendus, des sous-entendus et malentendus désastreux, que des amalgames et intrigues. Si « YoonuYokkute » il y a encore, autant faire savoir vers quoi un tel chemin mène. Déjà qu’il ne s’agit pas seulement de faire savoir.

Car, un tel acte dérive sur des choix, sur des exigences et qui sont autant de barouds d’honneur, de défis à relever. Pour ce faire, il urge sortir de tout « immobilisme » en dotant le Sénégal d’un gouvernement non pas de compagnons, de mange-mil, de « migrants » urbains et de « cochons » dénaturés, mais de citoyens à compétences avérées dans les domaines pour lesquels ils auraient été consultés. Je parle de « femmes et d’hommes qu’il faut aux places qu’il faut », c’est-à-dire d’équipiers ayant acquis une haute et saine idée de la République et de la Nation, jouissant de bonne vie et mœurs, mais, aussi, des pouvoirs de prendre des mesures d’urgence et d’envoyer des signaux forts vers la société sénégalaise, et en priorité, vers ses membres les plus « malades ».

Un électorat n’adhère à une cause, à une coalition, et ne se mobilise ou mobilise pour elles que s’il sent que les engagements et promesses d’un candidat se traduisent en actes même concrétisés par un léger mieux dans son quotidien, dans ses conditions d’existence et ses droits. Du côté du pouvoir tout comme des oppositions politiques, trop de questions restent en suspens qu’une communication maîtrisée rendrait moins aigres et moins inacceptables. Mais, enfin… Comment et au nom de quoi devrais-je « être plus royaliste que le roi » ? Déjà qu’il y a comme un trop-plein de gens assermentés pour résoudre toutes les équations et énigmes républicaines, n’est-ce pas ?

Elie-Charles Moreau 

Mouvement Alternative-Culture

alternativeculture2017@gmail.com

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