Contributions

«Ne Touche pas et Touche à ma constitution» (Par Salihou KEITA)

  • Date: 29 juillet 2015

Sans être dans une position partisane, me voici dans un dilemme secouant ma conscience citoyenne libératrice de cette épitre. Cette contribution ne doit pas être lue avec le cœur mais plutôt les yeux de l’esprit. Aujourd’hui des sénégalais pensent que le Président de la République doit obligatoirement réduire son mandat de 7 à 5ans. Et sans réfléchir, des calculs politiciens les plus subtils fusent de part et d’autres sans consulter un passé politique récent, qui pourrait servir à mieux poser le débat et avoir une bonne lecture pour l’intérêt national. La maturité politique des sénégalais a engendré en 2000 la première alternance à la magistrature suprême du pays. A cette époque, le mandat du Président de la République était de 5 ans. Le Président Wade avait modifié cette disposition de la constitution pour l’amener à 7ans. Cela pour des considérations politiques parce qu’il avait comme objectif sa réélection  en 2012. A sa grande surprise, il fut envoyé en retraite par un peuple très accroché aux principes et  valeurs véhiculés par le président SALL. En guise de rappel, les sénégalais se sont battus pour faire face à l’ambition de Wade qui était de manœuvrer pour l’élection d’un Président et d’un vice-président au premier tour. Et le slogan fédérateur : «  Touche pas à ma constitution », était le dénominateur commun de tous les défenseurs de la République. Un slogan très citoyen plein d’éthique qui avait fait la fierté de tout le peuple sénégalais pour s’opposer au tripatouillage de la constitution. Les acteurs politiques et la société civile avaient posé le débat sur la durée mandat présidentiel, jugeant cela  trop long. C’est ainsi que  le Président SALL, alors candidat, avait fait de cette réduction une promesse électorale. Aujourd’hui, le débat sur la réduction du mandat refait surface .Il est le sujet à discussion partout jusque dans les villages les plus reculés. La presse en a fait ses choux gras sans pour autant poser le vrai débat qui est d’ordre juridique parce que touchant la constitution mais aussi qui fait revenir notre fameux slogan   « Touche pas à ma constitution ». Ce slogan tant chanté est balayé de manière subjective pour être remplacé par la faramineuse intention « Touche à ma constitution » défendue par l’opposition et une classe d’intellectuels malhonnêtes. Nous sommes déboussolés par cette malhonnêteté intellectuelle qui surfe entre l’objectivité et le subjectivisme, l’affirmatif et le négatif, entre « le Touche pas et…le Touche ».

Mais force est de reconnaitre que la constitution, en tant que texte majeur ne doit pas être touchée sans que des précautions ne soient prises comme l’avis du Conseil Constitutionnel et ensuite celui du peuple, qui est seul souverain.
De fait un référendum s’impose. Et ce sera des milliards à dépenser pour organiser cette consultation. Certes, la Démocratie et l’Etat de Droit n’ont pas de prix. Mais le contexte économique, où pratiquement,  on note que des urgences est un motif de report.
En mon humble avis, le Président SALL est très Républicain et accroché à ses paroles. Mais il reste un homme dont, ses choix doivent être bien compris.
Nous savons qu’au fond de lui-même, il n’est pas dans ces calculs politiciens mais plutôt dans une logique de reconstruction et de redressement d’un pays qu’il a trouvé dans une situation de cahot total.  En retraçant les contours de sa logique d’action, on découvre qu’il œuvre pour semer le bien être dans tous les territoires du Sénégal avec l’Acte 3 de la décentralisation.  Il jette ainsi les bases de l’émergence du Sénégal, et croit profondément à la généralisation de la dignité humaine et des droits fondamentaux par le lancement d’un programme d’urgence pour le développement communautaire (PUDC), la couverture médicale universelle, l’octroi de bourses de sécurité familiales…  Peut-on en 5 ANS, devant ces ambitions correspondant à des réponses concrètes et intelligentes face aux inégalités sociales, la pauvreté extrême et les dysfonctionnements dans les systèmes, nous payer le luxe d’organiser un référendum, des élections législatives et Présidentielles pour ensuite espérer l’émergence ?  Nous risquons simplement d’arroser une pluie sur un désert de latérite pour attendre des céréales.

Chers lecteurs, nous sommes des cœurs citoyens et patriotes, et vous appelons à faire preuve de raisons pour bannir les discussions stériles et travailler pour bâtir un pays fort qui accepte et respecte ses leaders dans leurs choix fondés tout en ayant une pensée pieuse aux sénégalais en situation de pauvreté et de précarité.

Salihou KEITA 

Secrétaire Général de l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ) 

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