Accueil / ECONOMIE / Négociations des accors de partenariat économique le Cojes prend ses responsabilités

Négociations des accors de partenariat économique le Cojes prend ses responsabilités

À cinq mois de la date butoir du 31 décembre 2007 fixée pour la fin des négociations sur les Accords de partenariat économique(Ape) entre les Pays Acp(Afrique, Caraïbes, Pacifique), le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes) avec l’appui de la Fondation Friedrich Ebert de Dakar, a, ce week end à l’hôtel Savana Saly de Mbour, passé à la loupe les enjeux.

Source : sudoline
Compte tenu de l’impréparation des Etats membres de la Cedeao et de beaucoup d’interrogations quant au processus de négociations de ces accords, le Manifeste sanctionnant les travaux du Cojes a tout bonnement demandé son report pour permettre aux négociateurs africains « de mener des études d’impact sérieuses et complètes ».

Les Accords de partenariat économique(Ape) dont la principale caractéristique est la création d’une zone de libre échange intéressent les acteurs étatiques et les organisations de la société civile nationale et de l’espace de l’Uemoa et de la Cedeao. Pour apprécier les risques socio-économiques réelles qu’une telle ouverture entraînerait pour nos pays aux économies encore fragiles et devant la date butoir du 31 décembre 2007 pour sa signature, les journalistes économiques regroupés au sein du Cojes(Collectif des journalistes économiques) ont mis les pieds dans le plat. Ils ont planché pendant le week end sur « Les Ape et leurs conséquences sur l’agriculture et la pêche sénégalaise ».

Les deux jours ont été ainsi mis à profit par les participants pour faire l’état des lieux des négociations sur l’Ape ; ce qui a permis de dégager les différentes positions, les enjeux et les perspectives. L’atelier a vu la place de l’agriculture et de la pêche dans le commerce international et les effets supposés d’une libéralisation totale des échanges avec l’UE discutés en profondeur par les participants. Ainsi sur la pertinence de l’atelier ; Cheikh Thiam, le Coordonnateur du collectif estimera que « compte tenu de la date butoir toute proche du 31 décembre 2007 et des importants enjeux économiques et sociaux portés par cet accord, la signature va engager les pays ACP dans un partenariat, qui, s’il est mal négocié, risque de compromettre la vie de plusieurs millions de paysans, pasteurs et pêcheurs des pays ACP ».

En effet, la zone de libre échange envisagée dans le cadre de cet accord comporte des risques économiques et sociaux énormes non encore réellement et parfaitement évalués. Pour conforter cela, Dougoutigui Coulibaly du Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes), dans sa présentation, renseignera que « malgré la place de toute première importance du secteur de la pêche dans l’économie nationale, aucun membre de leur organisation n’est à ce jour associé aux négociations en cours sur l’Ape ». Les agriculteurs ne sont pas mieux lotis que les pêcheurs, à en croire Babacar Ndao du Roppa qui a estimé que « l’Ape ne prévoit pas de période transitoire concernant la mise à niveau et la non prise en compte de la politique agricole commune de la Cedeao et des questions liées à la souveraineté alimentaire inquiètent les organisations faîtières de producteurs et les masses paysannes, notamment les femmes rurales ».

Auparavant, Malick Ndaw du Cojes, dans sa contribution, est revenu succinctement sur la cohérence nécessaire à faire sur les deux processus de négociations en cours dans lesquels les pays africains sont engagés, aux niveaux multilatéral et bilatéral, c’est-à-dire l’Omc et l’Ape, pour souligner le caractère contradictoire.

A l’en croire, « l’Ape, tel qu’imposé aujourd’hui par l’Ue, remettrait en cause les acquis réalisés par les pays ACP au niveau de l’OMC à travers les négociations sur le cycle de Doha ». Ajouté à cela les importantes baisses de recettes fiscales pour les pays ACP que ne viendrait compenser aucune ressource additionnelle, les barrières non tarifaires qui entravent l’accès au marché des pays membres de l’UE, le non respect des engagements de l’Ue pour l’aide au développement…, la coupe déborde. Autant des zones d’ombre que les journalistes économiques ont consigné dans un Manifeste pour « demander le report de la date butoir du 31 décembre 2007 pour permettre aux Etats de la Cedeao de mener des études d’impact sérieuses et complètes sur les conséquences économiques et sociales de la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Economique ». Dans cette perspective, le Cojes « interpelle les acteurs étatiques des pays membres de la Cedeao à prendre leurs responsabilités pour bien négocier ces accords, en veillant surtout à la défense des intérêts exclusifs de leurs populations ». Sur la même lancée, le collectif les « exhorte à respecter les engagements issus de la réunion ministérielle d’Accra du 04 août 2004 qui a consacré l’adoption de la feuille de route des négociations pour la région ». Celle-ci stipule l’engagement des deux parties à promouvoir le renforcement de l’intégration régionale et le développement durable en Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, le collectif a appelé les entreprises de presse de la région ouest-africaine à une implication plus accrue dans ce débat très actuel pour une meilleure sensibilisation des populations.

Rappelons que la réunion du Comité ministériel de suivi (Cms) de la Cedeao sur les négociations , qui regroupe les ministres du commerce des pays de l’espace communautaire, aura lieu à Accra (Ghana) du 09 au 13 juillet 2007.


À voir aussi

Ecosystème marin : Les scientifiques sénégalais appelés à jouer leur partition

L’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (Ansts) a réuni, depuis hier à Dakar, …

Industrialisation de l’Afrique : Akinwumi Adesina mise sur la formation professionnelle et technique

Le Président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a présidé hier …