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Négociations Etat-forces syndicales- Le pouvoir joue-t-il avec le feu ?

Le gouvernement mesure-t-il la fièvre sociale avec cette grève des enseignants à la lecture des maigres propositions faites sur leurs revendications ? Ce mouvement social aligne à ses côtés une jeunesse effervescente et incontrôlable, non loin des forces d’opposition politique. Attention, aux germes d’un printemps…

A force de prendre les choses à la légère, le Président Macky Sall, unique perdant d’un embrasement social, a intérêt à se saisir du dossier des enseignants. Et au plus vite. Lors de la comédie scolaire du Ministre de l’Education nationale sur la journée de l’enseignant, présidée par le Président de la République, ce dernier avait, à cette occasion, instruit le gouvernement de trouver au plus vite une solution aux légitimes revendications des forces syndicales réunies autour du G6, en vain. Si ce n’est un dilatoire toujours fortement expliqué par un Seydou Gueye, porte-parole du gouvernement, visiblement inconscient des dangers de l’heure et où peut mener cette série de grèves. Lors des premières négociations, le gouvernement avait fait un « effort » en octroyant la modique somme de 6000 francs sur l’insignifiante indemnité de logement par rapport aux autres corps de même grade que les enseignants. Le tollé qui s’en est suivi avait poussé toutes sortes de conseillers présidentiels sur la question à occuper les plateaux médiatiques. Vendredi, la rencontre entre le Premier ministre et le G6 qualifiée de celle de la dernière chance, a encore échoué. L’Etat ne faisant qu’une petite « aumône » de 4000 francs par rapport à la dernière proposition. Ce que naturellement, les syndicalistes ont refusé, qualifiant ce geste « d’aumône et de provocation répétées ». Ce qui fait dire à pas mal d’observateurs que l’Etat «minimise une situation aux conséquences incalculables». Ces derniers de tirer sur la sonnette d’alarme en analysant le soutien massif des élèves du Sénégal qui se sont rangés derrière leurs professeurs, intimant à l’Etat le respect des accords signés avec les syndicats depuis 2014. Dès lors, les craintes d’un débordement donnent le tournis à ces derniers qui pensent que le chef de l’Etat doit se saisir « au plus vite » de la question pour désamorcer la bombe sociale. Et le sixième plan d’action du G6, constitué du Cusems, du Saemss, du Sels, du Sels/A, de l’Uden et du Sneelas/FC) couvre le mois de mars et va jusqu’au vendredi 13 avril. Ce qui veut dire que l’école est au bord d’une année blanche ou invalide. Ce qui restera de l’année ne suffira pas pour boucler le quantum horaire. Ce qui n’est pas sans poser de sérieux problèmes. Quelle serait la nature d’un mouvement social combiné entre des forces sociales et politiques ? Encore que le pouvoir semble totalement perdre le soutien de l’opinion publique qui s’est rangée derrière les enseignants. Alors attention !

Pape Amadou Gaye

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