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Ngoura Bâ écope 2 ans ferme après 11 années de détention préventive

Accusé de tentative de meurtre sur un homme qui, dit-il, l’accusait d’entretenir une relation coupable avec son épouse, Ngoura Bâ a été sauvé par une disqualification des faits en coups et blessures volontaires. Il a écopé de deux ans de prison ferme. Ainsi, il recouvre la liberté, mais le hic, c’est qu’il croupissait en taule depuis onze ans.

Source le soleil

Un drame a failli survenir en juin 1996 dans une zone de pâturage du village de Guéréo (région de Thiès) lorsque Ousmane Sow, soupçonnant le berger Ngoura Bâ d’entretenir des relations adultérines avec sa première épouse, Khardiata Bâ, débarqua pour une explication. Selon M. Bâ, ce jour-là, étreint par la jalousie, Ousmane Sow débarqua avec l’intention de laver ce qu’il considérait comme un affront. Armé d’un pistolet artisanal et d’un coupe-coupe, Ousmane Sow, raconte-t-il, voulait lui faire sa fête, mais il fut alerté par son chien, ce qui lui permit de voir à temps l’homme venir. Alors, dit-il, pour échapper à la furie de Ousmane Sow, il fonça vers un arbre. Lors de cette course-poursuite autour de l’arbre, Ousmane rata son coup de coupe-coupe destiné à Ngoura et qui atterrit sur l’arbre. Selon ce dernier, c’est en ce moment précis que son protagoniste a voulu charger son pistolet artisanal. Ayant compris qu’il n’avait plus le choix s’il voulait sauver sa peau, il se jeta sur Ousmane et un corps à corps s’ensuivit.

Il réussit à ceinturer son vis-à-vis et tenta de lui arracher son arme. “ C’est pendant ce duel que l’arme crépita, et nous nous sommes tous retrouvés à terre ”, explique-t-il. Aussitôt après, il dit s’être relevé et ayant constaté qu’il n’était pas blessé, contrairement à Ousmane Sow, il fuit vers la maison de son employeur. Sur la route, il croisa le berger prestataire de service de Ousmane Sow et le neveu de ce dernier qui l’interpellerent sur les raisons de sa fuite. “ Je leur ai dit que j’ai eu une altercation avec Ousmane Sow et que je l’ai laissé sur place. Ensuite je leur ai suggéré d’aller s’enquérir de ses nouvelles ”, raconte-t-il. Une fois chez son patron, absent au moment des faits, Ngoura donna l’information aux épouses de celui-ci et se rendit chez lui à Sindia. C’est là qu’il trouva la gendarmerie qui le cueillit. Dans son réquisitoire, l’avocat général a tenté de démontrer l’invraisemblance des propos de Ngoura qui n’a même pas eu d’égratignures lorsque le coup partit de l’arme, chargée de cartouches de 12 mm destinée à la chasse et dont les plombs s’éparpillent dès la détonation. Il en a conclu que c’est Ngoura Ba qui devait détenir l’arme, jamais retrouvée du reste et qui a eu à blesser Ousmane Sow au visage et à la poitrine conformément au certificat médical. Et l’avocat général de requérir huit ans de travaux forcés contre Ngoura Ba.

Me Niane de la défense a essayé de démontrer que le chef d’accusation de tentative de meurtre retenu contre son client n’était pas fondé. Axant sa démonstration sur les déclarations de feu Ousmane Sow qui a quitté ce bas monde, il y a deux ans, l’avocat a montré que la relation coupable entre l’accusé de tentative de meurtre et sa première épouse n’existe que dans l’imagination du défunt. Mais la Cour a préféré disqualifier le crime de tentative de meurtre en délit de coups et blessures volontaires. Déclarant coupable l’accusé pour cette dernière infraction, la Cour a condamné Ngoura Bâ à une peine de deux ans de prison ferme assortie d’une amende de 10.000 francs Cfa. Une sentence qui est très en deçà de la durée de détention préventive du condamné. En effet, Ngoura Bâ, arrêté depuis juillet 1996, a croupi en prison pendant onze ans en prison.


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