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Nissan Leaf : on a pris la route sans toucher au volant !

Newham, à l’est de Londres. En ce jeudi matin, le ciel est chargé et le vent souffle sans relâche sur les maisons de briques rouges et les hôtels qui longent l’aéroport de London-City. Pas de quoi décontenancer Tetsuya Iijima, ingénieur Nissan, assis sur le siège conducteur de la Nissan Leaf. Le Japonais, réchauffé dans l’habitacle de la citadine, s’apprête à parcourir une dizaine de kilomètres dans les alentours sans toucher au volant ! Le secret : un ingénieux système d’aide à la conduite avancé, le Nissan ProPilot.

Je ne vais pas conduire !

En guise de démarrage, il appuie sur la destination préenregistrée sur le large écran de bord. Immédiatement, la voiture prend le contrôle. « Je ne vais pas conduire », sourit l’ingénieur, laissant la Leaf actionner automatiquement les clignotants, changer de vitesse à l’abord des voies rapides et s’arrêter aux feux rouges. L’homme se veut jovial et se tourne volontiers vers le passager, laissant la citadine « s’occuper » de la route.

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Maintien dans une file, dépassement de véhicules lents ou à l’arrêt, réaction face aux feux tricolores ou au passage des piétons : la Leaf s’occupe de tout. Ce qui impressionne, c’est la souplesse de la conduite. La voiture s’adapte tout en douceur aux courbes, aux changements de direction ou encore aux ralentissements.

Nissan Leaf © Malcolm Griffiths Nissan
La Nissan Leaf, dans les rues de Londres. © Malcolm Griffiths Nissan
L’ambition est de pouvoir remplacer l’homme dans toutes les situations

Afin de parvenir à ce résultat, la citadine est bardée de technologies : cinq radars, quatre « lasers-scanners » et douze caméras enregistrant chaque mouvement des véhicules alentour et des piétons. « L’ambition, c’est de pouvoir remplacer l’homme dans toutes les situations, assure Takao Asami, vice-président en charge de la recherche et du développement de la marque. Or, il nous arrive parfois, en tant que conducteur, de ne pas savoir quel comportement et quelle décision adopter. C’est le challenge le plus délicat. »

Au Japon, la technologie est déjà déployée au sein du Serena, un monospace au succès florissant. « Si le ProPilot fonctionne sur la majorité des routes, c’est plus délicat dans les rues étroites et le trafic très dense », poursuit Takao Asami. Un constat qui limite pour l’instant l’usage d’une telle technologie en Europe. « Dès que l’on est dans des grandes villes, les contraintes sont plus nombreuses. »

Pourtant, cela n’entame pas l’enthousiasme des ingénieurs chez Nissan. Tous espèrent répondre à l’objectif fixé par le président de la marque, Carlos Ghosn, qui souhaite « rendre accessible la voiture autonome à l’horizon 2020 ». Pour ce faire, le groupe Nissan-Renault a déjà engagé des discussions avec les pays afin d’adapter la législation en vigueur à cette conduite singulière. « En Angleterre par exemple, il est interdit de lâcher le volant, corrobore Takao Asami. Ce n’est pas vraiment la philosophie de la voiture autonome. »

Bagarre à distance entre constructeurs et sous-traitants

Retour à bord de la Leaf. Si Tetsuya Iijima poursuit tranquillement la discussion pendant que la petite citadine s’engouffre dans les rues animées, il jette des regards réguliers sur la route. « La technologie n’est pas encore assez évoluée pour ne pas garder le contrôle sur ce que fait la voiture. » Impossible, dans de telles conditions, de s’adonner à la lecture d’un journal ! Pour autant, le système s’adapte aux limitations de vitesse de rigueur. Et pour reprendre le contrôle, rien de plus simple : il suffit d’apposer les mains sur le volant pour que la « machine » cède la place au conducteur, qui peut reprendre une conduite habituelle.

« La clé de ce système, c’est la confiance que lui accorde l’utilisateur », confie Takao Asami, vice-président en charge de la recherche et du développement. Et pour ce faire, il doit être infaillible et, surtout, expérimenté. Au Japon, ceux qui ont déjà essayé ont été conquis. C’est devenu un besoin supplémentaire. »

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Ce « besoin » attise les convoitises chez de nombreux constructeurs. Audi et BMW y travaillent notamment, tout comme Peugeot. La marque au lion a d’ailleurs présenté récemment à Barcelone l’Instinct concept. En mode « autonome », les commandes de bord se rétractent et laissent davantage de place au conducteur pour se reposer… Aux côtés des constructeurs, de nombreux sous-traitants développent également des techniques à la pointe, comme la marque française Veolia. Il faudra donc s’habituer, dans les années à venir, à voir les conducteurs regarder de moins en moins la route !

lepoint.fr

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