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NOËL A DAKAR- La fête qui résiste à la crise

Malgré la conjoncture économique difficile, personne ne se prive d’agapes et de festin. La période faste des fêtes de fin d’année est donc arrivée avec, en prime, Noël, la fête la plus populaire et la plus mobilisatrice. Si certains ont déjà écoulé des articles à valeur de millions de francs, d’autres ont vu tout simplement leurs chiffres d’affaires connaître sensiblement une hausse. Fête de nouvel an oblige. Dans moins de 48 heures, Dakar sera encore plongée dans la Bamboula.

Ils sont vendeurs de poulets de chair, d’habits de luxe, de jouets pour enfants… à se frotter les mains durant ces moments de fête dans la capitale sénégalaise. Peu importe la position géographique et la cherté de la vie, les Dakarois trouvent tant soit peu de quoi se payer quelque chose, juste le temps d’une fête, au grand bénéfice des commerçants. Installé devant l’entrée principale du lycée Maurice de Lafosse, ce commerçant décline sans gène sa recette journalière. « Depuis le début de cette fête, mon chiffre d’affaires varie entre 40.000 et 75.000 francs CFA, contrairement aux jours ordinaires, où il se chiffrait à 25.000 mille francs par jour. Mes clients, pour l’essentiel des filles, se disputent la part belle ». En pleine conversation, un groupe de jeunes filles, apparemment des élèves de l’établissement, font leur entrée dans la boutique. Elles tâtent les habits suspendus à l’aide de crochets en fer. « Moi je préfère cette couleur, c’est un bon pantalon kaki », indique l’une d’elle. Le prix de cet habit étant de 8.000 Fcfa, sans hésiter, cette élève tend un billet froissé de 10000 Fcfa au commerçant. Il est déjà huit heures, un bon présage se dessine déjà pour ce négociant.

Au marché Tilène, les vendeurs de poulets de chair nichés  au cœur de ce haut lieu de l’offre et de la demande, sont à la pointe de gros bénéfices en ces jours de fête. Même si les clients crient à la cherté des prix, ces marchands voient leurs gains monter d’un cran. « En quarante-huit heures seulement j’ai eu à écouler 45 poulets pour un montant de plus de 150.000 francs », révèle Modou Lô. Chose rare, ajoute-t-il. Ici toutes les offres liées aux préparatifs de la fête de nouvel an qui se profile à l’horizon, marchent bien. Il en est de même pour Alassane Diop, détaillant d’objets essentiellement composés de jeux pour enfants. Il brasse une rente financière d’au moins cinquante mille francs par jour. Il en trouve dans cette reconversion de circonstance, une raison jamais égalée de se faire de l’argent. Trouvé assis, entre ses mains une tasse de café au lait bien remplie, ce jeune commerçant qui prend son petit déjeuner sourit à la première question qui lui a été posée. Il vient par ce geste de nous indiquer la bonne tenue de ses affaires marchandes.

Sur l’avenue Malick Sy, lieu d’intenses activités commerciales, les propositions ne manquent pas. Même scénario un peu plus loin au marché Sandaga. Ici, l’effervescence des lieux est de mise. Du Mbalaax aux bruits assourdissants des véhicules, se mêlent des voix rauques, distillant des messages divers et variés sur les prix des articles exposés à même le trottoir. Dans les étroites allées qui bordent ce marché, des centaines d’individus vaquent à leurs occupations. Les uns se rendent au travail tandis que les autres font des achats parfois à la va-vite, au risque de se faire bousculer par les passants. Une cliente, Fatou Diagne, a porté son sur un jean bleu et une chemise manche longue. « Il me faut une tenue car je dois sortir avec mes amies », dit-elle, précisant qu’il ne faut rien rater. Cet avis de Fatou est entièrement partagé par Moussa Ndong qui, lui aussi, est dans cette ambiance folle des préparatifs.

Les fêtes  de Noël, de fin d’année et de nouvel an s’annoncent lucratives pour les commerçants. Malgré les difficultés que traversent la plupart des Sénégalais, il y a toujours de l’argent pour aller à l’assaut de tout ce qui va avec la fête. Abdallah, commerçant d’origine libanaise, se frotte déjà les mains, lui qui a vendu pour plus de deux millions de francs de marchandises liées aux préparatifs de la fête.

Khady. T. COLY

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