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Pour non respect des accords Les enseignants du Cusems desertent les classes

Le cadre unitaire syndical des enseignants du moyen secondaire (cusems) a observé un débrayage ce mercredi. il compter observer une grève totale, ce jeudi pour exiger le respect des accords signés avec le gouvernement, l’arrêt et la restitution des ponctions sur les salaires et le paiement intégral des indemnités du bac et du bfem.

Le mot d’ordre de débrayage du Cusems a été suivi. Dans certains lycées de la capitale à l’image de John Fitzgerald Kennedy, Maurice Delafosse, Blaise Diagne, il a été respecté par une bonne frange des enseignants. C’est le cas au lycée des filles, John Fitzgerald Kennedy. A notre arrivée, la cour était pleine d’élèves. Certains sont en pleins cours d’Education physique et sportive (Eps), d’autres sont déjà libres et s’adonnent aux causeries et moqueries entre camarades. «Nos cours ont vaqué parce que nos professeurs sont en grève», a expliqué Awa Diop, élève en terminale, le sourire aux lèvres. Sa blouse rose à la main, elle avoue qu’elle ne sait pas les causes de la grève, tout en remarquant que cette dernière à des conséquences considérables sur les candidats. « J’ignore les raisons pour lesquelles nos enseignants sont en grève, cependant je constate que les grèves répétitives nous empêchent d’avancer dans le programme. Cela risque de compromettre notre réussite au Bac » a-t-elle déploré.

Derrière le petit groupe que forment les camarades d’Awa Diop, se trouve la salle des professeurs. Une note placardée sur un des arbres qui ornent la devanture du bâtiment indique que les enseignants affiliés au Cusems sont en mouvement d’humeur, ce mercredi, à partir de 10 heures. «Mercredi 10 janvier à 10h débrayage suivi d’une assemblée générale et jeudi 11 janvier grève totale. Cause, non respect des  accords signés avec le gouvernement, l’arrêt et la restitution des ponctions sur les salaires et le paiement intégral des indemnités du Bac et du Bfem» lit-on sur l’affiche. Dans la salle, des profs, assis de part et d’autres du salon en fauteuil rouges. Des enseignants discutent des points de divergence avec le gouvernement. «Tous les enseignants membres du Cusems ont observé le mot d’ordre», a assuré, le responsable dudit syndicat dans cet établissement, Daouda Thiam.

Avec une voix grave comme pour montrer son amertume, le syndicaliste déplore le mauvais traitement que le gouvernement réserve aux enseignant, comparés aux autres fonctionnaires. «L’alignement des indemnités de logement est un point non négociable. Il faut désormais que tous les fonctionnaires de même hiérarchie aient les mêmes indemnités. Il existe une discrimination qui fait que certains travailleurs de même grade que nous, aient des indemnités de logement qui font quatre fois les nôtres» a-t-il fustigé. « Il faut que cela cesse, nous avons tous des familles à nourrir et faisons tous nos devoirs dans les travaux qui nous sont dévolus», a encore vociféré le professeur d’Anglais.

Son collègue, Serigne Niang, professeur d’Histoire et de géographie au lycée d’enseignement général, Blaise Diagne embouche la même trompette. « Nous exigeons l’ouverture des négociations sur le régime indemnitaire», a réclamé le responsable syndical. L’entretien a été entrecoupé par les élèves qui viennent s’enquérir de la situation. «Nous attendons le professeur depuis 10 heures, nous voulons savoir s’il fera cours ou non», se demandent les élèves inquiets. La réponse négative de l’enseignant gréviste, a fat exploser de joie les élèves qui visiblement ne voulaient pas faire cours. «Non nous sommes en mouvement », rétorque M.Niang tout en intimant l’ordre aux élèves de ne pas entrer dans la salle des professeurs. Cependant, tous les élèves n’ont pas la même perception sur la grève des enseignants. «Nous dépassons beaucoup d’argent pour venir à l’école. Alors, si nous ne faisons pas cours, ça devient une perte», a expliqué Oumou Kaltoum Fall, élève en première. Son camarade de classe, Mor Loum, lui, s’inquiète pour son avenir. «A ce rythme, le programme ne sera pas terminé et nous passerons en classe supérieur avec beaucoup de lacunes », a-t-il regretté.

A Colobane et Fass, les quartiers les plus proches du lycée Kennedy, les élèves sont déjà dans les ruelles à la recherche de cantines en vue d’acheter de quoi manger. D’autres sont déjà à l’arrêt du bus pour regagner renter chez eux. Partout dans les autres lycées de la capitale, le combat semble être bien engagé. A l’Etablissement mixte Maurice Delafosse où nos tentatives de joindre le responsable du Cusems sont vains, le mot d’ordre de débrayage est aussi bien suivi. Deux dames, des professeurs membres du syndicat en grève viennent visiblement d’arrêter leurs cours. «Voila quatre ans que j’attends mon reclassement. Le gouvernement ne nous respecte pas», fulmine une dame sous le sceaux de l’anonymat. «Tant que les accords signés ne sont pas tous satisfaits, la grève de ne doit pas cesser», dit-elle.

L’As

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