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Note féminine : En hommage à la femme, Rewmi quotidien inspire Mbaye Mballo Kébé

 Baye Mballo Kébé s’inspire d’un article de Rewmi quotidien pour peindre un tableau. C’est dire qu’un bon article de presse vaut œuvre d’art.

«Note Féminine» est moins une exposition qu’un hommage rendu à la femme. C’est une succession de mots pour chanter la femme, début et fin de tout. Et Adam aurait eu une vie monotone, sans sa «Eve». C’est ce qu’on apprend, en regardant de près l’exposition de Baye Mballo Kébé, à la galerie Kemboury. Pour lui, dans la vie, il faut des hauts et des bas, et la femme est là pour le créer.  S’il chante la femme, c’est  aussi parce qu’à travers elle, il voit sa mère à qui il doit beaucoup, dit-il. Avant d’ajouter que la femme est fatiguée, ce qui, pourtant, ne l’empêche pas de courir pour faire vivre des personnes. Pour ce chantre, on juge un homme à travers son comportement envers sa femme. Face à son empathie, il crée des femmes à travers des mots. Ses tableaux, de loin, les représentent dans différentes cultures, mais de près, les silhouettes donnent place à de belles proses. D’ailleurs, pour justifier son amour pour les mots, l’artiste  explique : «j’ai tellement de choses à dire. Je lis beaucoup. J’ai une collection de livres. Je lis aussi chaque jour tous les journaux publiés au Sénégal et même ceux de l’étranger.» Des journaux qu’il lit, un de nos articles sur la première dame publié pour la journée internationale de la femme l’inspire au point de hanter son sommeil. «J’ai lu un article de Rewmi sur Marième Faye Sall et je me suis dit que ce texte va avec un poème (interprété lors de son vernissage) de jeunes musiciens. Cela m’a empêche de dormir, alors à 4h du matin, j’ai tracé Marième Faye et j’ai mis l’article de Rewmi et le poème des jeunes musiciens», a-t-il confié.  Pour dire que de ses lectures parfois, il y a des passages qui l’intéressent et qu’il veut partager avec les autres. Cette passion pour la prose, Baye Mballo Kébé la traduit par «xatim art», une technique de peinture faite d’écriture. Un tréfonds qu’il lui faut partager, mais qu’on ne s’y méprenne pas, parce qu’il recadre très vite. «Je ne peins pas pour les gens. Ils verront ce qu’ils voudront, peuvent critiquer ce qu’ils veulent. Mais moi, j’ai envie de pleurer, de rigoler, de chanter et partager. Et je ne peux le faire qu’à travers ma peinture», informe-t-il sur sa vision artistique. Que l’amateur estampille «beau» ou «pas beau», c’est un jugement qui n’ébranle pas son art. Ses œuvres ne contant pas que le beau, attirent aussi l’attention sur «ceux que les gens ignorent ou font semblant d’ignorer». Comme, cite-t-il, les mutilations génitales, la violence faite aux femmes, entre autres. Des maux qu’il dénonce à travers des tableaux représentants un couteau taché de sang, la main d’un homme étouffant le cri d’une femme violée…

Un engagement non feint. Pour son amour de l’art, Baye Mballo affûte ses armes à l’Ecole du Louvre, où il sort diplômé en archéologie. Mais pour mieux contempler ce qui le happe, il se spécialise technicien de musée.  Tout cela, sous l’influence de son ami et maitre, Iba Ndiaye, connu pour ses peintures sur le jazz. «Les gens pensent que je ne sais peindre que le jazz, parce que je suis l’héritier d’Iba Ndiaye», confesse-t-il, listant, parmi ses influences, le défunt président Senghor à qui, dit-il, «je dois beaucoup». D’ailleurs, pour lui rendre hommage, à ses 90 ans, il accepte, pour la première fois, d’exposer au Sénégal. Et l’histoire continue pour la troisième fois.

Christine MENDY

Baye Mballo Kébé (2)

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