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Nouvel record pour le Pr Ibrahima Thioub

Le Soleil- Le recteur de l’UCAD est le premier africain sub-saharien à recevoir le titre de Docteur honoris causa de Sciences Po Paris pour ses travaux scientifiques sur l’esclavage

Le Pr Ibrahima Thioub est le premier africain subsaharien à recevoir le titre de Docteur honoris causa de l’Institut d’études politiques de Paris. Jusqu’à ce 12 décembre 2017, Sciences Po Paris a décerné 20 Docteur honoris causa durant toute son histoire et aucun pour l’Afrique noire. L’injustice est réparée. « C’est une distinction que je reçois avec gratitude et reconnaissance », a commenté le recteur de l’Ucad. L’historien sénégalais a rendu hommage à ses « maîtres de l’école primaire à l’obtention de sa thèse ». Issu d’un milieu modeste comme la majorité des étudiants de l’Ucad, sa réussite scolaire n’était pas une évidence. « Comment un enfant de paysan finit-il par devenir le recteur d’une université aussi prestigieuse que celle de l’Ucad ? », a-t-il fait mine de s’interroger. Poursuivant, il a répondu : « Il faut en chercher le secret. Et il est tout simplement dans l’école publique. Tout ce que j’ai eu, je le dois à l’école publique. La République m’avait donné une tenue en kaki, un sac, un manuel scolaire, de la craie, un crayon, un stylo à bille. Cela me mettait en position d’oublier ma condition sociale. Dans une classe, il était impossible de savoir qui était le fils du député, du maire, de l’enseignant, du pêcheur, du paysan. J’ai pu faire mes études sans gêne ». La voix tremblante, parsemée de trémolos, Ibrahima Thioub a longuement salué l’école publique qu’il qualifie de « sacrée ». « C’est ma trajectoire, c’est moi, et je ne peux pas trahir cette histoire. Si je ne fais autre chose qu’enseigner, j’aurais trahi ma propre vie. C’est ce qui explique mon engagement pour l’école publique ».

Après son plaidoyer pour l’école publique, Ibrahima Thioub est revenu sur ses travaux historiques qui lui valent, aujourd’hui, de recevoir le titre de Docteur honoris causa de Sciences Po. « En tant qu’historien, je ne suis pas celui qui doit situer les responsabilités pendant l’esclavage. Ma fonction est d’expliquer ce que la mémoire simplifie, ce que les militants simplifient. Je dois leur dire que c’est plus compliqué que vous ne pensez. Non seulement il y a, eu bien sûr, des conditions pour que ces pratiques puissent se dérouler, mais aussi des segments des sociétés autochtones qui y ont pris part de connivence avec les initiateurs que sont les entreprises européennes ». Le Pr Thioub a également mis le curseur sur les résistances africaines pendant les traites négrières. « Que ce soit la traite transsaharienne, atlantique ou sur l’océan Indien, jamais les sociétés africaines n’ont abdiqué. En Afrique de l’Ouest, des communautés musulmanes ont organisé la résistance pour combattre la traite. C’est Nasr Aldin, Abdel Kader Kane, Thierno Sileymane Baal et d’autres », a-t-il expliqué. Selon l’universitaire, il est pour la complexité dans la lecture de l’histoire de l’esclavage.

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