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NOUVELLE FORME DE BANDITISME EN BANLIEUE : Un sergent accusé de rétrécissement de sexe par ses agresseurs

Les agresseurs écumant la banlieue dakaroise changent de modus operandi en accusant leur victime injustement de rétrécissement de sexe pour mieux les dépouiller. Mais, curieusement, les supposés rétrécisseurs de sexe sont très vite dépouillés par leurs accusateurs qui ne ratent pas l’occasion de les malmener, avec l’aide de la foule ameutée, toujours prête à lyncher sans chercher à comprendre.

Source Le Soleil
Les agresseurs écumant la banlieue dakaroise changent de modus operandi en accusant leur victime injustement de rétrécissement de sexe pour mieux les dépouiller. Mais, curieusement, les supposés rétrécisseurs de sexe sont très vite dépouillés par leurs accusateurs qui ne ratent pas l’occasion de les malmener, avec l’aide de la foule ameutée, toujours prête à lyncher sans chercher à comprendre.

La journée du mardi dernier restera à jamais gravée dans la mémoire du sergent Issa Djiba. Car, le pauvre a frôlé le pire à la suite d’un piège dans lequel il est tombé. Ce jour, le sous-officier s’est rendu à Hamdallahi, à Thiaroye, pour voir son ami militaire Souleymane. Malheureusement, il ne le trouve pas sur place et demande à un groupe de jeunes s’ils le connaissent. Ces derniers lui répondent par la négative et Issa Djiba prend congé d’eux après leur avoir serré la main en guise de salutation. Avant de quitter les lieux, il passe un entretien téléphonique à partir de son portable. Quelques secondes après avoir pris congé du groupe, quelle n’a été sa surprise lorsque Pathé Guèye, l’un des jeunes, l’interpelle gentiment pour porter une grave accusation sur lui.

Pathé, l’air désemparé, dit au sergent que depuis leur poignée de main, il avait senti la disparition subite de son sexe. Le militaire, qui n’a même pas eu le temps de réagir, est vite malmené par la bande de copains, ils le dépouillent de divers objets dont son téléphone portable, sa carte d’identité, son passeport, son porte-monnaie et sa montre. Comme le dernier des malfrats, le sergent Djiba est ligoté et malmené par ses bourreaux après que la foule a été ameutée. Pire, Issa Djiba, taxé de faux militaire malgré sa carte, est gardé au domicile de Pathé Guèye qui, comble de comédie de mauvais goût, est allé se plaindre à la brigade de gendarmerie de Thiaroye.

Arroseur arrosé

Mais, il ignorait que les histoires de vol de sexe commençaient à paraître bizarres pour les gendarmes et policiers à cause de leur recrudescence, mais surtout du fait du traitement infligé aux prétendus rétrécisseurs. Alors, le commandant de brigade invite le plaignant à baisser son pantalon pour vérifier si réellement son sexe a disparu. Ne pouvant plus faire marche arrière, Pathé s’exécute. Apparemment, tout était en place. Pathé rétorque alors qu’il vient de sentir que la situation est redevenue normale. L’arroseur arrosé est alors arrêté sur le champ, en attendant de voir à quoi rime toute cette affaire. Deux compères de Pathé ayant appris son arrestation, retournent chez lui pour demander de préserver l’intégrité physique du sergent. Les choses commençant à prendre une tournure imprévue, le père de Pathé Guèye se rend à la brigade pour demander aux gendarmes de venir sauver le militaire gardé chez lui.

Mais les hommes en bleu mettent le chef de famille devant ses responsabilités, et pour s’éviter des pépins, ce dernier conduit le pauvre Issa Djiba à la gendarmerie. Mais l’affaire est loin d’être close, les gendarmes, soupçonneux, écoutent le militaire narrer le sale quart d’heure qu’il venait de passer. Et à l’entendre, l’histoire sent un coup tordu savamment préparé. Au moment où il était accroché à son téléphone portable, dit-il, il avait entendu l’un des jeunes dire aux autres : « il a l’air plein aux as ». Aussitôt après, le piège s’est refermé sur lui. Le certificat médical présenté par le militaire faisant état de coups et blessures et mentionnant une interruption temporaire de travail de quinze jours a fini de convaincre les gendarmes qui n’ont pas hésité à arrêter Pape Mor Bèye et Moussa Fady, accusés d’avoir ligoté et bastonné Issa Djiba. De même, l’accusateur Pathé Guèye a été arrêté. Leurs excuses ont été vaines. Tous les trois individus ont été déférés ; les deux premiers devront s’expliquer pour coups et blessures volontaires et le dernier pour complicité. Quant à leur victime, il est entré à nouveau en possession de tous ses biens volés à l’exception du téléphone portable.

La mésaventure du militaire Issa Djiba est loin d’être un cas isolé, la brigade de gendarmerie de Thiaroye a déjà arrêté et déféré deux autres individus qui ont fait usage du même stratagème. Du côté du commissariat de police de Sicap Mbao, quatre personnes ont été aussi déférées pour des faits similaires. Encore une nouvelle forme d’agression qui ne laisse aucune chance aux victimes. Mais, ce n’est pas à tous les coups que ça marche.


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