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ODD :Le monde n’atteindra pas les cibles énergétiques d’ici 2030

Malgré les progrès significatifs accomplis ces dernières années, le monde n’est pas sur la bonne voie pour atteindre, d’ici 2030, les cibles énergétiques mondiales fixées par les Objectifs de développement durable (ODD).

 L’accès à une énergie abordable, fiable, durable et moderne pour tous, d’ici onze ans, demeure réalisable. Mais, selon un nouveau rapport, « The Energy Progress Report », publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), la Division de statistique de l’ONU (UNDESA), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il faut pour cela redoubler d’efforts, en particulier en direction des plus démunis. En effet, l’accès à l’énergie s’est sensiblement amélioré depuis quelques années, le nombre de personnes privées d’électricité étant passé d’un milliard en 2016 (et 1,2 milliard en 2010) à environ 840 millions aujourd’hui. Le Bangladesh, l’Inde, le Kenya et le Myanmar font partie des pays qui ont le plus progressé depuis 2010. Mais faute de mesures intensifiées et pérennisées, 650 millions d’individus seront toujours privés d’électricité en 2030, sachant que 90% d’entre eux vivront en Afrique subsaharienne.

573 millions de personnes vivent encore sans électricité

Ainsi le rapport a fait le point sur les avancées réalisées dans le monde, dans les régions et dans les pays en direction des trois cibles de l’ODD 7 : accès à l’électricité et moyens de cuisson non polluants, énergies renouvelables et efficacité énergétique. Concernant l’Accès à l’électricité l’étude soutient qu’après une décennie d’avancées régulières, le taux d’électrification dans le monde a atteint 89% et 153 millions d’individus supplémentaires ont été ainsi raccordés chaque année à l’électricité. Mais la situation dans les régions les plus isolées et en Afrique subsaharienne reste particulièrement préoccupante, puisque 573 millions de personnes y vivent toujours dans le noir. Pour raccorder les ménages les plus pauvres et les plus difficiles à atteindre, des solutions hors réseau, y compris l’éclairage solaire, les installations solaires domestiques et, de plus en plus, les mini-réseaux, seront au cœur des solutions. À l’échelle mondiale, au moins 34 millions d’individus ont pu accéder à des services électriques de base grâce aux technologies hors réseau. Le rapport insiste par ailleurs sur l’importance de la fiabilité des énergies renouvelables et de leur coût, qui doit rester abordable.

 

2,2 milliards de personnes utiliseront des moyens de cuisson traditionnels en 2030

S’agissant les moyens de cuisson non polluants, environ 3 milliards de personnes, vivant pour la plupart en Asie et en Afrique subsaharienne, n’ont pas accès à des moyens de cuisson non polluants. Une situation qui pose toujours de sérieux problèmes sanitaires et socioéconomiques. Au vu des politiques actuelles et planifiées, 2,2 milliards de personnes continueront de recourir à des moyens de cuisson traditionnels en 2030, avec des répercussions significatives pour la santé publique, l’environnement et l’égalité hommes-femmes. Quant aux énergies renouvelables, elles représentaient 17,5% de la consommation totale d’énergie en 2016, contre 16,6% en 2010. Si leur taux d’utilisation pour la production d’électricité a rapidement progressé, les avancées sur le plan du chauffage et du transport sont moins remarquables. Pour que les systèmes énergétiques deviennent abordables, fiables, durables et adaptés aux usages modernes, une hausse substantielle de la part des énergies renouvelables doit intervenir. Avec la généralisation des énergies renouvelables, les responsables publics doivent se doter de politiques qui prévoient leur intégration dans le mix énergétique et qui tiennent compte des conséquences socioéconomiques pour la pérennité et le rythme de la transition. Pour ce qui est des gains en termes d’efficacité énergétique, ils sont plus continus depuis quelques années, grâce aux efforts concertés des grandes économies. Mais à l’échelle mondiale, l’amélioration du taux d’intensité énergétique primaire est toujours à la traîne et a même, selon des estimations, nettement ralenti en 2017 et 2018. Le renforcement des politiques contraignantes en matière d’efficacité énergétique, des incitations budgétaires ou financières ciblées, le recours aux mécanismes de marché et la qualité des informations disponibles seront autant d’éléments cruciaux pour atteindre l’objectif fixé.

 

Zachari BADJI

 

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