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Omar Pène, lead-vocal du Super Diamono : Le jour où nous saurons ce que Wade réserve à son fils

Citoyen, patriote, panafricaniste, dans son propos, le chanteur Omar Pene multiplie les adjectifs qui marquent l’ancrage de son œuvre musicale dans la réalité socio-politique de son pays et de l’Afrique. Son dernier album, Moom Tamit, se fait naturellement l’écho de ses maux qui rongent le continent, notamment avec le titre Enfant Soldat. La sortie de ce nouvel opus, qui vient jalonner trente années de carrière, a été l’occasion pour la Rédaction de WalFadjri d’inviter le lead vocal du Super Diamono. Un entretien sans détour, ni langue de bois.

Source : Walfadjri
Débat sur les Ape ‘Je manifeste ma solidarité en tant que Sénégalais. J’avoue que je ne comprends pas trop les tenants et les aboutissants de ce projet. En tout cas, cela a été décrié dans certains pays d’Afrique, des voix s’élèvent pour condamner ces Accords de partenariat économique. Donc en tant que Sénégalais, je suis très solidaire par rapport à ce qui se passe. Si c’est bien ou pas, je ne sais pas. Je pense qu’il y a des raisons de dénoncer ces accords, si ça peut porter préjudice aux générations futures. Donc, quelque part, ceux qui défendent cela ont de bonnes raisons de le faire. Je trouve que si on ne doit pas les signer, qu’on ne les signe pas. Il faut renégocier autre chose qui pourrait plus intéresser les Africains. En tout cas, moi, de par ma vision personnelle des choses, je pense qu’il est temps que les Africains se regroupent autour de l’essentiel pour ne pas tout accepter. Parce que, pour le moment, l’Afrique, c’est un peu la poubelle de l’Europe dans d’autres circonstances. Et nous sommes confrontés à beaucoup d’autres problèmes, notamment à des histoires de visas. Nos compatriotes éprouvent d’énormes difficultés pour aller en Europe. Il faut donc qu’on nous témoigne une certaine considération. Il appartient aux Africains de dire non quand il le faut et essayer de traiter d’égal à égal avec ces gens-là. Je crois qu’en Afrique il y a des hommes et des femmes qui sont très outillés pour parler avec ces gens-là, pour défendre les intérêts des Africains. Donc, si on ne doit pas signer, on ne signera pas. C’est tout !’
Prémonition sur l’émigration clandestine
‘Moi, j’ai senti cette affaire venir. Parce qu’à chaque fois que je discutais avec les jeunes, je sentais qu’ils voulaient partir par tous les moyens. Notamment quand les problèmes de visas se sont posés au niveau des ambassades. A chaque fois, je lisais les faits divers dans les journaux, c’étaient des histoires d’arnaque pour visa. Donc ça commençait à prendre un peu d’ampleur. J’étais sûr et certain que les jeunes allaient essayer de trouver une autre solution pour contourner les difficultés d’obtention des visas. Mais je ne pensais pas aux pirogues. Même si, je savais qu’ils étaient en train de trouver une autre solution pour partir. Je faisais la remarque à un ami en lui disant que bientôt on ne va plus trouver d’enfant pour l’envoyer à la boutique. Parce qu’ils seront tous déjà partis en Europe. Donc, j’ai senti l’histoire venir et j’ai créé cette chanson sur l’émigration. J’ai la chance de beaucoup voyager à travers le monde, je vois aussi comment nos compatriotes vivent à l’extérieur. Ils croient que c’est l’Eldorado, alors que tel n’est pas le cas. C’est un monde extrêmement dur et difficile. Donc les jeunes qui n’ont jamais voyagé, en voyant ceux qui ont plus ou moins réussi, ne sont pas toujours conscients de cette réalité. Je me suis dit pourquoi ne pas créer une chanson non seulement pour parler à ces jeunes, mais aussi pour sensibiliser les décideurs. Parce que ces jeunes qui partent, s’ils trouvent chez eux ce qu’ils vont chercher, même si les conditions ne sont pas les mêmes, peut-être qu’ils préfèreraient rester aux côtés de leurs amis, dans leurs propres pays. C’est surtout ça qui m’a emmené à créer cette chanson sur l’émigration clandestine.’
Les tournées des artistes : filière d’émigration clandestine
‘Moi je suis un légaliste. Franchement, j’essaie de faire tout dans les règles de l’art. Je n’ai jamais emmené quelqu’un en Europe pour qu’il reste là-bas. Je n’ai jamais emmené des gens pour qu’ils me donnent des sous. J’ai le droit d’y aller. Je travaille avec des gens qui sont vraiment en règle. Ils s’occupent de mes tournées hors de l’Afrique. Ce sont des gens qui sont connus dans le milieu et qu’on respecte. Ils envoient tous les papiers nécessaires. Ce n’est pas parce que tu peux aller et venir que tu essaies de rajouter quelque chose d’autre. Il faut respecter ton propre boulot, respecter les gens avec qui tu travailles et être vraiment réglo avec les différentes ambassades.’
Départ de Mada Bâ
‘Ce qui s’est passé, c’est tout simple : elle a voulu partir et elle est partie. Il y a quand même eu une polémique autour de cela. Mais, écoutez, moi je n’ai pas pour habitude de commenter les départs au niveau du Super Diamono, parce qu’il y en a tellement eu. Le Super Diamono, c’est un groupe qui accueille les gens. Quand on a envie de recruter, on le fait sans tambour ni trompette. Si maintenant tu as envie de créer ton propre groupe, c’est ton droit le plus absolu. Je le pense sincèrement. Et elle est partie de son propre grè.’
Rupture avec Diarra Guèye
‘Ecoutez, cela fait partie de la vie d’un groupe. Comme j’ai l’habitude de le dire : on peut être ensemble aujourd’hui et que demain chacun parte de son côté. C’est dans l’ordre normal des choses. Ce n’est pas qu’au Super Diamono que ça se passe ainsi. Même dans votre corporation, il m’arrive d’entendre quelqu’un dans une radio et demain je l’entends ailleurs et pourtant on ne demande pas d’explication. C’est dans la vie. Ça se passe comme ça. De toute façon, le Super Diamono continuera d’exister. Les départs n’enlèvent en rien le fait que le Super Diamono puisse continuer d’évoluer. On a vécu des moments de bonheur, il a fallu que ça s’arrête, ça s’est arrêté. C’est aussi simple. Ce n’est pas qu’elle a été virée : elle devait faire un temps au Super Diamono, ce temps s’est terminé, elle est partie. Elle avait été recrutée pour faire un boulot, ce boulot est fini. Je pense qu’elle ne perd rien en partant. C’est une fille qui a beaucoup de talent, qui a passé de bons moments au Super Diamono. Je pense qu’elle a donc dû y apprendre quelque chose et certainement y apporter quelque chose. Maintenant, il fallait que ça s’arrête, ça s’est arrêté. Un point, c’est tout ! La décision vient de nous.’
Carrière des collaborateurs du Super Diamono
‘Une production, ça ne s’invente pas. Une première production, il faut attendre d’en faire l’évaluation avant de passer à une nouvelle. Pour le musicien qui veut se produire le Super Diamono, n’a rien à voir dans cela. Vous voyez dans les productions qui sont faites sur la scène musicale sénégalaise, 90 % sont faites par les musiciens du Super Diamono. On n’interdit pas à nos musiciens d’accompagner d’autres gens ou de faire des produits. De toute façon, ce sont des prestataires de services qui jouent avec le Super Diamono, ça ne les empêche pas de faire du jazz ailleurs ou d’accompagner d’autres gens. Ils sont libres de jouer où ils veulent, mais seulement leur groupe, c’est le Super Diamono, C’est une équipe. Quand il y a un producteur qui veut travailler avec nous, il engage Omar Pène et le Super Diamono. En dehors de ça, chacun est libre de faire ce qu’il veut.’
Mode d’organisation du Super Diamono
‘On est organisés en tant que société. Il y a une société qui s’appelle le Médiator qui est propriétaire du groupe Omar Pène et le Super Diamono. Donc les musiciens qui travaillent au Super Diamono – y en a qui ont fait 17 ans comme Dembel, 15 ans comme Doudou – sont des musiciens du Super Diamono qui sont rémunérés au cachet par le Médiator. Donc Omar Pène et le Super Diamono est géré par le Médiator. Omar Pène, c’est le chanteur, le Super Diamono ce sont les musiciens. Tout cela appartient à une entité qui s’appelle le Médiator. C’est pour mieux définir les choses et que chacun puisse jouer son rôle convenablement. Je crois que c’est extrêmement important. Médiator appartient à un groupe de personnes dont Omar Pène fait partie. Je ne fais que de la musique. Je ne fais pas de business. Je n’ai pas de boutique à côté de chez moi. Je n’ai pas radio ou de télé ni de journaux. Toutes mes activités tournent autour du Médiator, du Super Diamono et de l’Afsud/Sén

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