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On a testé… le téléphone Nexus 6P, la vitrine d’Android

Le Monde.fr- L’écran géant (5,7 pouces) du nouveau Nexus offre la taille idéale pour jouer, regarder des vidéoset surfer sur Internet. Il est lumineux, très contrasté et le rendu d’image est particulièrement fin (518 ppi). C’est l’enfant de Huawei, marque chinoise à la croissance fulgurante, et de Google, créateur du logiciel dominant sur les smartphones, le fameux Android.

Google et Huawei promettent un smartphone haut de gamme sans compromis. Depuis la naissance de la gamme Nexus en 2010, le 6P serait le premier à pouvoir concurrencer les meilleurs smartphones du moment. Comme ses prédécesseurs, il embarque la toute nouvelle version d’Android en avant-première, dans une mouture épurée. Chaque détail, chaque menu, chaque application est signée Google.

Une beauté discrète

Sa coque est disponible en trois couleurs : blanc, gris et noir graphite. La façade arrière est plus gaie, avec son logo « Nexus » gravé dans une police futuriste, et sa petite fenêtre de verre, qui lui confère une note avant-gardiste. Sa construction en aluminium s’écarte volontairement des codes du luxe.
Photos et vidéos

Le nouveau Nexus capture des photos belles, lumineuses et contrastées. Il se joue des pièges qu’on lui dresse : le ciel bleu ne vire quasiment jamais au blanc. Les couleurs ne sont jamais ratées.

Essais de photos avec le Nexus 6P.

Essais de photos avec le Nexus 6P. NICOLAS SIX / LE MONDE.FR

La nuit, le Nexus voit comme un chat. Dans la rue, un simple lampadaire suffit à son bonheur. Ses images sont quasiment aussi propres et lumineuses que les smartphones dotés d’un stabilisateur optique. Dans certains cas, le Nexus les bat même. Les stabilisateurs compensent les tremblements. Résultat : le paysage est net, mais au premier plan, le personnage est souvent flou. Le Nexus, lui, tire des photos nettes à tous les plans. La raison ? Les photosites (ensemble des points photosensibles qui constituent un capteur d’appareil photo) sont plus grands que la moyenne (1,55 µm contre 1,2 µm).

Photo de nuit avec le Nexus 6P.

Photo de nuit avec le Nexus 6P. NICOLAS SIX / LE MONDE.FR

C’est en journée que le Nexus perd quelques points. Ses images sont belles, mais comparativement, celles du Samsung Edge + paraissent plus lumineuses, et leurs couleurs plus naturelles. Face à l’iPhone 6s en revanche, le Nexus a dominé tous nos tests : c’est l’un des meilleurs smartphones photo du moment.

Le futur selon Google

Depuis 2012, l’ambition majeure d’Android est de deviner l’information qui nous est utile, ou l’application dont nous avons besoin, avant que nous le demandions. Dans cette perspective, les menus du Nexus 6P introduisent des nouveautés « prédictives », qui profiteront prochainement à d’autres smartphones via une mise à jour.

L’assistant personnel Google Now change, par exemple, affiche les informations qui pourraient nous être utiles à gauche de l’écran principal, dans une cascade de « cartes » désormais plus claire. Ces cartes ressemblent à des widgets : météo locale, transports, résultats sportifs, actualités, billets d’avion, restaurants, livraisons. Google les choisit et les personnalise pour nous. Nouveauté : lorsqu’on ouvre le tiroir à applications, quatre logiciels, choisis par Google en fonction de ce dont nous pourrions avoir besoin, apparaissent. Par exemple, dans le métro, Google Now propose les podcasts à ceux qui les utilisent toujours dans les transports.

 Autre nouveauté : Google intègre une recherche rapide ciblée sur le contenu de l’écran. A notre demande, Google repère l’info principale affichée à l’écran, et propose des contenus liés. Exemple : vous recevez un texto contenant une adresse ? Pressez le bouton Home pendant deux secondes : Google vous propose la carte correspondante. Cette fonction est baptisée « Now On Tap ».

Ces services prédictifs sont-ils efficaces ? Les opinions divergent, mais les « divinations » de Google Now correspondent rarement à ce dont nous avons besoin. Bien souvent, l’information qui nous serait utile n’est pas là. Pire : Google Now est imprévisible, difficile de deviner quand il vaéchouer. A l’avenir, Google relèvera probablement cet immense défi d’intelligence artificielle qu’est la prédiction de nos désirs. En attendant, pour fonctionner, Google Now a besoin d’accéder librement à nos données personnelles. Certains utilisateurs préféreront donc le désactiver.

Le tout nouvel Android

Le Nexus 6P embarque la dernière version d’Android en exclusivité. Ses concurrents n’en profiteront pas avant quelques semaines (ou mois). Ce nouvel Android, la version 6.0 « Marshmallow », apporte quelques raffinements qui séduiront les experts. Un menu permet dechoisir l’application qui ouvrira chaque type de fichier. Deuxième réglage : on peut retirer les autorisations d’une application. Empêcher, par exemple, une application de traquer votre position GPS, ou votre microphone. Enfin, on peut refuser à une application envahissante d’émettre des notifications brutales.

La gestion de la batterie est améliorée. Après quelques minutes d’immobilité, le mobile se met en veille profonde. Il espace ses accès à Internet. La nuit, la batterie ne perd plus que 5 % de charge. On peut donc compter sur une autonomie d’un à deux jours selon l’usage. Le chargeur est au standard USB type C. La recharge ne prend qu’une grosse heure.

Clarté et personnalisation

Ce furent longtemps les atouts des Nexus. Mais beaucoup de marques concurrentes ont rattrapé leur retard sur ce plan. On le perçoit en comparant le Nexus 6P au Samsung le plus proche : le Edge +. L’écran d’accueil Samsung est presque aussi dépouillé que celui du Nexus. Les icônes du Nexus ne sont pas toujours faciles à comprendre. Samsung rajoute un petit texte par-dessous : c’est plus clair.

Côté personnalisation, Samsung fait mieux. Le Edge + embarque quelques widgets supplémentaires. On peut aussi refondre l’interface avec des thèmes. Mais globalement, ces différences ne pèseront pas lourd aux yeux des experts. La seule vraie différence est ailleurs : les menus du Samsung recèlent beaucoup plus d’options et des réglages. On peut par exemple diviserl’écran en deux, pour afficher deux applications côte à côte. Impossible sur Nexus.

Confort d’utilisation

Les applications par défaut du Nexus 6P.

Les applications par défaut du Nexus 6P. NICOLAS SIX / LE MONDE.FR

Le 6P n’est pas un modèle d’ergonomie, comme beaucoup de gros mobiles. Huawei a pourtant fait un effort. La largeur du 6P est raisonnable, son épaisseur menue (7,3 mm). Ses coins sont arrondis et ses tranches biseautées. Grâce à cette construction, le 6P est presque agréable en main. Un homme au pouce moyen arrivera à toucher les deux côtés de l’écran sans peine. Mais n’oublions pas que le 6P est un mobile inhabituellement long, plus encore que le Nexus 6, son prédécesseur, pourtant doté d’un plus grand écran.

Pour déverrouiller le 6P, Huawei a prévu un lecteur d’empreintes situé au dos du smartphone. Lorsqu’on sort le mobile de la poche, l’index tombe dessus. Le Nexus se réveille avant même d’être porté aux yeux. Ce lecteur d’empreintes commet peu d’erreurs. En revanche, quand le smartphone est posé sur la table, sa position devient gênante. Impossible de déverrouiller le mobile à plat : il faut le prendre en main. Pire : quand le 6P touche la cuisse à travers le tissu, il émet une vibration : il croit toucher notre doigt. Notons aussi que les boutons de volume sont mal placés : le pouce tombe dessus lorsqu’on téléphone. Il faudra quelques semaines pour s’adapter à ces petites erreurs d’ergonomie.

Durabilité

Le quadruple cœur du 6P est très puissant, il n’y a aucun risque que les prochaines mises à jour de Google le ralentissent. Grâce à son cœur graphique, tous les jeux gourmands continueront detourner sans accroc pendant deux à trois ans. En revanche, sa mémoire n’est pas extensible, et sa batterie n’est pas amovible, contrairement au LG G4, par exemple.

Conclusion

Le Nexus 6P gomme les défauts de ses prédécesseurs. Son autonomie est excellente, ses photos remarquables. On le déverrouille rapidement par empreinte digitale. Et Huawei l’a habillé d’une belle robe en aluminium. Le confort est passable, comme tous les mobiles XL. Nous le conseillons plutôt à ceux qui restent assis toute la journée. Son tarif (non encore confirmé officiellement) est équilibré : 649 euros pour la version 32 GO, 699 euros pour la version 64 GO.

Si l’on apprécie sa ligne discrète, on peut parfaitement craquer. Surtout si l’on utilise beaucoup les applications Google. Avec le 6P, on est aux avant-postes : on observe la direction empruntée par Android avant tout le monde, et notamment l’évolution de ses outils prédictifs.

  • Nicolas Six
    Journaliste au Monde

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