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Opération saisie des biens de l’ancien ministre-pas de répit pour Karim

Après le verdict de la Cour Suprême sur l’affaire Karim Wade, les avocats de l’État du Sénégal ne vont pas tarder à mettre la main sur les biens de Karim Wade et Mamadou Pouye. Face à la presse hier, les conseils de l’État annoncent que la prochaine étape est la saisie des biens acquis de manière illicite par Karim Wade et ses co-prévenus. Ils vont également dire, à la fin du mois, « leurs quatre vérités » au Groupe de travail des Nations Unis.

La machine judiciaire continue de broyer Karim Wade. Après la bataille judiciaire qui a abouti à la condamnation de l’ancien ministre de la Coopération internationale, c’est une nouvelle étape non moins délicate qui sera engagée.

« La prochaine étape, c’est que nous allons poursuivre l’exécution des dispositions civiles de l’arrêt de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) parce que les condamnations civiles sont définitives. Donc, nous allons procéder à la saisie des biens de Karim Wade et Mamadou Pouye », a annoncé hier l’ancien bâtonnier Me Yerim Thiam face à la presse et en présence de ses confrères Mes Moussa Felix Sow, Samba Bitèye, Bassirou Ngom et Aly Fall.

Les plaideurs sont déterminés à mettre en exécution toutes les dispositions civiles de l’arrêt parce que, disent-ils, les biens mal acquis doivent revenir à l’État du Sénégal.

« Nous n’avons pas attendu l’arrêt de la Cour de Cassation. Il n’y a pas de délai pour les exécutions. Laissez-nous le temps de procéder à l’exécution », indique Me Yérim Thiam. Me Samba Bitèye souligne, à son tour, que tous les biens mal acquis seront rendus à l’État.

« L’intégralité des biens de Karim Wade lui seront rendus, notamment les bisous de sa femme et le terrain que lui avait octroyé Serigne Saliou Mbacké. Mais ses autres biens étant issus d’un comportement illicite ne peuvent faire l’objet de partage ».

Dans la même veine, Me Bitèye trouve que les conseils de Wade-fils ont fait un aveu de taille en réclamant la confiscation du cinquième des biens de leur client, sous prétexte qu’il a une descendance.

« Ces biens qui ne leur appartenaient pas au grand jour, aujourd’hui ils les réclament et reconnaissent en être les propriétaires. Les avocats avaient dit que le patrimoine attribué à Karim Wade et compagnie était fictif. Aujourd’hui c’est surprenant de les voir se présenter devant la Cour Suprême pour réclamer ces biens. Nous avons eu la surprise et le plaisir de constater que ces gens, qui soutenaient qu’il n’y a pas de biens mal acquis, réclament ces mêmes biens », affirme Me Bitèye.

Et d’ajouter : « Ils ont accepté l’appartenance des biens à Karim et compagnie devant la Cour Suprême, ce qu’ils avaient refusé devant la Crei. Voilà la malice dans cette affaire ».

Le Sénégal sera aux Nations Unies pour dire « ses vérités au Groupe de Travail »

Interpellé sur l’avis du Groupe de Travail des Nations Unies, les avocats de l’État du Sénégal annoncent qu’ils se rendront à la fin du mois à New-York pour cracher leurs vérités au Groupe. « Le Sénégal sera à la fin du mois au Nations Unies, et on nous entendra parce que les choses n’ont pas été faites dans les règles de l’art », souligne Me Moussa Félix Sow.

« Nous avons des choses à leur dire. L’État ne baissera pas la tête. On va les regarder dans les yeux pour leur dire ce qu’on pense », dit-il. Cependant, il s’empresse de préciser que le Groupe de Travail n’est pas une juridiction, il ne fait que donner des avis. « Le seul organe des Nations Unies qui peut sanctionner un pays, c’est le Conseil de sécurité », notent Me Thiam et ses confrères.

Concernant une éventuelle demande de rabat d’arrêt des conseils de Karim Wade et compagnie, les avocats de l’État sont prêts à retourner au prétoire pour défendre les intérêts du Sénégal.

Seulement, à les en croire, « le rabat d’arrêt est quelque chose de très particulier, car il faudrait que des erreurs de procédures soient décelées. Si la Cour a commis des erreurs de procédure, c’est en ce moment qu’elle peut accepter un rabat d’arrêt. Mais pour ce cas précis, où est l’erreur ? Sur quelle base, vont-ils demander un rabat d’arrêt ? C’est facile de dire qu’on va demander un rabat d’arrêt. Qu’ils vous disent le point. Comme l’a dit Me Félix Sow, ils ont passé tout leur temps à nous faire perdre du temps », assène Me Yérim Thiam.

L’AS

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