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OPINION PUBLIQUE DESABUSÉE, PARTIS POLITIQUES ET SOCIÉTÉ CIVILE RADICALISÉS Le syndrome Wade guette Macky

  • Date: 5 juillet 2016

La réaction des mouvements de gauche n’est pas un phénomène épidermique ou accidentel. Cela relève d’un processus de maturation des velléités contesta ires par rapport à la gestion d’un président de la République. Wade a eu son 23 juin, Houphouët-Boigny a eu ses huées, Blaise son mouvement de jeunesse qui l’a éjecté du pouvoir et du Burkina, etc. Wade avait tenté une réforme constitutionnelle, un troisième mandat très discuté. On lui avait reproché de tout faire pour mettre son fils sur orbite au sommet de l’État mais aussi au niveau de l’appareil du parti. Il a fini par se mettre au dos l’ensemble des forces vives de la Nation : groupes de pression, partis politiques, syndicats, associations, etc. Il a joué et perdu avec un lourd score. Malgré de nombreuses réalisations, son peuple a fini par lui tourner le dos.

Pourtant, comme Macky, aujourd’hui, Wade avait pensé, hier, devoir compter sur des partis alliés sûrs et sur des hommes religieux acquis à sa cause. Il a, comme Wade, ses constitutionnalistes, ses agitateurs politiques, une Assemblée nationale aux ordres et une Justice assujettie. Autant de choses qui n’ont pas empêché la défaite. C’est ce syndrome qui guette Macky avec comme souci principal, le fils de Wade. En le faisant sortir de prison de la manière que l’on sait, Macky a pris le risque de révéler au grand jour, ses talents de fin calculateur politique. La grâce ainsi accordée à Karim avec comme condition de le déporter hors du pays, ce que Karim lui-même a reconnu, a été la goutte d’eau de trop. Celle-là qui fait que plus rien ne sera plus comme avant.

En effet, l’opinion, après avoir été prise en haleine pendant 4 ans par les charmes d’une opération comme la traque, s’est brusquement réveillée, émerveillée par la capacité de reniement de nos hommes politiques. Les populations auraient certainement compris que Karim soit élargi par une grâce comme l’exige la loi, c’est-à-dire en le laissant libre. Mais rien n’y fit. Les autorités ont, encore une fois, utilisé la loi comme tremplin pour aboutir à leurs fins.

Me Wade a voulu que son fils soit libéré et Macky que ce dernier ne le gêne nullement dans ses activités politiques. Ils ont trouvé une formule qui les met tous les deux dans une situation d’hors-la-loi. Ils ont aussi réussi à s’attirer le mépris d’une bonne partie de l’opinion décidée à dénoncer cet état de fait. Il en est ainsi des mouvements de gauche, du mouvement Y’en a marre, de chefs de partis comme Idrissa Seck, Imam Mbaye Niang, etc.

Des leaders de partis sont ainsi sortis de Benno Bokk Yakaar (BBY), pour des questions de principes, d’autres le feront dans les prochains jours. Il nous semble, en effet, qu’après ce qui s’est passé, il sera difficile aussi bien pour le Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT) que pour la Ligue démocratique (LD), de rester dans la coalition. Ils vont continuer à poser des actes de rébellion et Macky risque de les expulser comme il l’a fait avec Amsatou Sow Sidibé, Malick Ndiaye et tant d’autres.

Aujourd’hui, le front du Non qui s’était formé lors du referendum va s’élargir pour constituer un large front d’opposition contre Macky.

Dorénavant, le président Sall devra s’attendre à un pilonnage systématique de ses détracteurs décidés à abréger son règne. Il est ainsi entré dans une phase que Wade a attendu deux mandats pour l’atteindre. Il s’agit d’une phase où les critiques fusent de partout, les mouvements citoyens attaquent de toute part et l’opposition ne cesse de s’agrandir et d’être indicative avec, en toile de fond, une opinion publique désabusée.

Assane  Samb

1 Comments

  1. Bien analysé, le degré d’indignation n’a pas atteint le niveau réel car il y a certains qui veulent conserver leurs avantages et attendre le dernier moment pour s’indigner

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