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Opportunités et préoccupations à Diamniadio : L’Agence de la plate-forme rassure les populations

Les représentants des différentes collectivités locales du département de Rufisque ont discuté hier avec les autorités de l’Agence de mise en œuvre de la plate forme du millénaire de Diamniadio (Ampmd) sur les retombées et impacts de tous ordres, principalement le côté environnemental, que ce projet ambitieux peut avoir dans la zone. Et pour ne pas être laissé en rade, le département de Rufisque (formé des communes de Rufisque, Sébikotane, Diamniadio, Bargny et des communautés rurales de Yène et Sangalkam) s’est déjà doté d’une Communauté des agglomérations de Rufisque (Car) sur suggestion du président de la République. Ce que Sogué Diarisso, directeur général de l’Ampmd a trouvé « excellent » puisque dit-il, ce cadre fédérateur permettra d’échanger sur les grandes options en matière d’aménagement de Diamniadio qui va changer toute la zone. Les enjeux sont de taille ; la plate forme créera 80.000 à 100.000 emplois directs dans les hypothèses basses, et « cela n’a rien à voir avec les effets induits du projet » a dit M. Diarisso. Raison pour laquelle il faut anticiper sur les services. À terme, la nouvelle ville de Diamniadio aura, selon les prévisions, une population d’environ 400.000 habitants d’où un problème de gestion des déchets qui risque de se poser. Mais, rassure Sogué Diarisso, « le code de l’environnement sera strictement respecté. Ce sera la clé d’entrée à Diamniadio ». Cette question n’a pas échappé aux autorités de l’Ampmd, qui s’apprêtent à faire des descentes dans les différentes localités du département de Rufisque pour discuter avec les populations sur leurs attentes et inquiétudes. Pour le moment l’Agence prend en compte cette question dans son schéma d’urbanisme de Diamniadio.
Poussée urbaine

La plate forme devant évoluer sur 2220 hectares, il est prévu un périmètre de 6500 hectares par mesure de sécurité, pour éviter une bidonvilisation. C’est sûr, la zone subira une poussée urbaine dans tous les sens. Il faudra donc séparer les zones d’habitat (prévues sur 20 % du territoire) des zones industrielles (80 %) tout en n’omettant pas la mixité de l’habitat afin qu’il ne profite pas seulement aux nantis. L’Agence ne compte pas non plus changer les habitudes agricoles des populations locales, elle prévoit de maintenir la zone agro-sylvo-pastorale et de bien planifier les zones d’habitat que sont Sébikotane et Sébi-Ponty. Le vieux Diamniadio sera également maintenu, mais subira un réaménagement pour obtenir un schéma de cohérence avec la nouvelle ville à construire. Avec la plate forme du millénaire de Diamniadio, c’est une opportunité de lutter contre la pauvreté par la création d’emplois directs et indirects. « 50 % des emplois doivent trouver un service social de haut niveau dans un rayon de 40kms. Sur le plan social, il faudra faciliter l’intégration des populations en tenant compte de la main d’œuvre locale, même celle non qualifiée en favorisant les travaux à haute teneur en main d’œuvre. Mais aussi, il s’agira d’aider les populations à compétir, sans oublier un bonus à l’aspect genre », déclare Abdoul Aziz Guèye, directeur technique de l’Ampmd.

Concernant l’environnement, Mme Gertrude Marie Zombre Coulibaly, responsable environnement à l’Ampmd, promet qu’il y aura une prise en compte des déchets solides et liquides et des zones inondables. Mais avec les incertitudes qui pèsent sur le centre d’enfouissement technique de Diass, il faut a-t-elle suggéré, songer à un nouveau projet en créant une infrastructure de ce genre pour Diamniadio afin de régler la question des déchets solides. Les déchets industriels dangereux feront l’objet d’un pré traitement, promet-elle. Quant aux déchets liquides, l’accent sera mis sur le respect des normes de rejet atmosphérique, les eaux usées seront collectées et traitées. Obligation sera faite aux entreprises de respecter les normes de pré traitement. Quant à la zone inondable, qui est l’exutoire de huit bassins versants et des eaux de drainage, elle continuera à jouer son rôle écologique. Mieux, elle sera érigée en zone de protection spéciale. Pour ce qui est des déchets ménagers, la Communauté des agglomérations de Rufisque a déjà concocté son programme.

Enfouissement technique

La collecte passe par des poubelles réglementaires distribuées aux ménages, la collecte par le système de porte-à-porte en zones urbanisées, la collecte par points de regroupement en zone non-urbanisées. Le nettoiement se fera par balayage et désensablement des rues et espaces publics, etc. Une déchèterie sera créée avec tous les aménagements et mesures de sécurités inhérents. Un centre d’enfouissement technique de classe 2 doté de casiers aménagés absorbera les déchets ménagers et sera ouvrable aux déchets industriels. Ce centre qui prévoit le programme de gestion des déchets ménagers de la Car sera implanté dans la forêt classée de Sébikotane, précisément sur le site d’une carrière de latérite fermée après plusieurs années d’exploitation. Le total des investissements pour la collecte et le nettoiement est évalué à 3.579 milliards de francs et le centre d’enfouissement technique à 2.8 milliards de francs.

Le coût total sera donc de 6.465 milliards de francs pour assurer un système allant de la maison à la décharge. Ainsi, 552 emplois permanents seront générés. Des intervenants n’ont pas manqué d’émettre leurs craintes de ce voisinage avec Diamniadio. Il s’agit de l’application stricte du code de l’environnement comme promis, mais aussi la possibilité du déclin des localités avoisinantes, sans oublier la question des retombées financières. Autant de préoccupations qui ont amené M. Diarisso à rassurer ses interlocuteurs.

Pour mieux prendre en compte toutes ces questions, le maire de la ville de Rufisque, Ndiawar Touré a même suggéré que le périmètre de sécurité de la plate forme de Diamniadio soit tout le territoire départemental.

Sogué Diarisso directeur général de l’Ampmd : « Nous ne délocalisons pas les populations »

Prérogatives du Car

Il est indispensable que les prérogatives du Car soient renforcées pour faciliter les discussions avec tous les investisseurs, notamment les futurs responsables de l’administration de la zone de Diamniadio.

Délocalisation des populations

On ne délocalise pas les populations. Par contre, si quelqu’un est sur un axe d’une route, il sera indemnisé, c’est la loi qui nous l’exige. On ne peut pas déplacer quelqu’un sans son assentiment, sinon on est contraint d’aller en justice. Et là, ce sont des procédures qui vont s’éterniser et retarder la mise en œuvre du projet. On n’a même pas intérêt à entrer dans une situation de conflit avec les populations.

Étouffement des localités voisines

Certains ont exprimé une inquiétude d’avoir une ville moderne à proximité de leur localité. Il n’y a aucune inquiétude à avoir à ce niveau. Il faut voir comment tirer profit de la proximité de ces villes dans la phase actuelle, avoir un certain nombre de projets qui puissent être pris en compte dans la phase de structuration de la plate forme de Diamniadio.

Menaces sur l’espace vital environnant

Il y a le décret 2006 sur un certain nombre d’activités au niveau de la plate forme et de la zone de sécurité. Dès lors que nous aurons résolu un ensemble de formalités avec les Américains, qu’on aura réglé le problème du titre foncier de la plate forme, les activités reprennent. On ne veut pas d’un développement anarchique de la zone, c’est pour cela que le président de la République a pris l’initiative de geler toute activité dans la zone. Le plan d’urbanisme de détail de Diamniadio précisera ce qu’on doit faire à Diamniadio et les zones environnantes. Il sera disponible dans trois à quatre mois.

Premier coup de pioche

C’est en 2008. Nous avançons très vite avec les partenaires américains, ils seront là en mai, juin, septembre. On pourra vous dire en septembre à quelle date le Sénégal va signer.

Occupations anarchiques à Diamniadio

Nous avons signé une convention avec la direction de la surveillance et de l’occupation des sols, elle fait des descentes régulières sur le terrain. Depuis, il n’y a plus d’occupations anarchiques. Nous avons des photographies aériennes de la zone, maison par maison, ce qu’il y avait avant un temps précis et après. Si quelqu’un essaie même de construire son toit, c’est quelque chose que nous saurons (grâce aux photographies aériennes). Nous saurons s’il l’a fait avant ou après le décret.


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