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Les organisations ivoiriennes de droits de l’homme contre l’amnistie

Trois ONG ivoiriennes de défense des droits de l’homme, dont la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), ont annoncé leur dépôt d’un recours contre l’amnistie présidentielle du 6 août dernier. Cet été, le chef de l’État, Alassane Ouattara, avait gracié 800 personnes impliquées dans les violences de la crise post-électorale de 2010-2011, dont l’ex-Première dame, Simone Gbagbo. Une décision que les associations et organisations représentant les victimes avaient immédiatement dénoncée. Avec cette demande de recours, les ONG espèrent que le président reviendra sur sa décision pour garantir le droit à la justice des victimes.

En rendant publique leur demande de recours, les trois organisations de défense des droits de l’homme espèrent faire pression sur le président ivoirien. Cela fait déjà plus d’un mois en effet que cette requête a été introduite auprès d’Alassane Ouattara.

Dans un souci d’apaisement et de réconciliation, le chef de l’Etat avait décidé de gracier 800 personnes emprisonnées ou encore en exil poursuivies ou condamnées suite à la sanglante crise post-électorale de 2010-2011. L’ordonnance d’amnistie signée le 6 août concerne notamment l’ex-femme forte du pays Simone Gbagbo. Si la grande majorité des partis politiques avaient salué ce geste, plusieurs ONG l’avaient au contraire dénoncé, se fondant sur l’obligation de l’état de poursuivre les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Pour la Ligue ivoirienne des droits de l’homme, cette amnistie est non seulement illégale au regard de la Constitution, mais surtout elle renforce le sentiment d’impunité. « Par le passé, il y a eu des amnisties qui avaient pour même objectif justement de favoriser la réconciliation nationale, mais on a constaté que toutes ces amnisties-là n’ont rien apporté. On a eu en 2002, une tentative de coup d’Etat qui s’est muée en rébellion armée. Il y a eu aussi en 2007, une autre amnistie, on a vu que ça n’a rien apporté. Au contraire en 2010-2011, le nombre de personnes ayant subi des violences est allé crescendo. La seule chose qui puisse décourager la récidive, c’est justement la mise en œuvre de la justice », déplore le vice-président de la Ligue, Willy Neth.

D’après la loi, le chef de l’Etat a jusqu’au 4 février pour répondre au recours. Au-delà, les ONG se réservent le droit de saisir la Cour suprême.

RFI

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