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OUI OU NON CONTRE LE PROJET DE RÉFORME CONSTITUTIONNELLE- L’achat de conscience, une arme de guerre

 La plupart des électeurs appelés à voter en faveur du Oui ou du Non au référendum ne comprennent rien du tout du projet. Certains ne savent même pas qu’il n’y a personne à élire et qu’il faut simplement voter pour Oui ou Non.

Nous n’en voulons pour preuve que les nombreuses questions, à la limite stupide, que se posent les populations à longueur de journée pour essayer de se faire une idée des enjeux des batailles électorales autour du Oui ou du Non. Des points de réforme, ils n’en ont aucune idée. Certes des efforts sont faits dans certains médias pour améliorer la compréhension des choses, mais c’est presque peine perdue. Car, la plupart des électeurs sont analphabètes et pauvres. Du coup, ils ont d’autres préoccupations, d’ordre alimentaire notamment. Et le temps de campagne très court.

C’est là qu’interviennent, malheureusement, de nombreux hommes politiques pour s’adonner à leur jeu favori : l’achat de conscience. En termes clairs, il s’agit de se déplacer avec des mallettes d’argent dans les différentes localités du pays pour les distribuer aux populations afin de les amener à  voter dans un sens ou dans un autre. Même si la campagne n’est pas officiellement ouverte, les mallettes d’argent circulent. Beaucoup de villages, de quartiers, des mosquées, des associations, entre autres, sont visités par ces ‘’bons Samaritains’’ des périodes électorales. Le plus dramatique, c’est que ces opérations sont relayées par certains médias au vu et au su de tout le monde. Il s’y ajoute quelque chose d’extrêmement grave, c’est qu’il y a une ségrégation opérée selon des critères politiques partisans avec les résultats des dernières élections locales comme baromètres. Ainsi, des dizaines de millions ont été remis à des supposés souteneurs au moment où,  à côté, d’autres populations sont narguées sous prétexte qu’elles auraient voté négativement contre tel ou tel autre politicien.

Ce qui est dramatique dans cette affaire, c’est que ce sont souvent de piètres politiciens parce que non populaires dans leurs localités qui souvent, s’adonnent à ces opérations de chantage contre de pauvres citoyens qui voient des millions leur passer sous les yeux. Et ces politiciens sont d’autant plus maladroits qu’ils sanctionnent ainsi des partisans qui leur ont été fidèles dans des localités où malheureusement, ils ne sont pas parvenus à avoir la majorité.

Notre interpellation va d’abord aux plus hautes autorités de ce pays qui avaient promis la rupture et qui s’adonnent ou laissent faire des pratiques d’un autre âge avec, en toile de fond, un parfum d’enrichissement illicite.

L’esprit du vote faussé

L’achat de conscience nous semble être une hérésie qui devrait être sinon criminalisée du moins ravalée au rang de délit attaquable devant les tribunaux. Pour une raison très simple, elle est en porte en faux avec l’esprit de notre constitution parce que faussant le jeu démocratique. Au moment où l’on parle de l’admission des candidatures indépendantes, il ne serait pas acceptable de favoriser le jeu occulte des pouvoirs de l’argent dans l’élection de nos représentants. Certes, cette pratique est devenue monnaie courante dans notre pays, mais elle ne saurait pour autant être légalisée au point que tout le monde ferme les yeux. Dans les pays de grande démocratie comme les États-Unis ou la France, ce serait insultant de tendre un seul billet à un électeur. Ce serait lui manquer de respect et manquer de respect au Code électoral et à la Constitution de leur pays. Ce qui ne veut nullement dire que tout le monde est riche dans ces pays. Il n’y a qu’à voir la floraison des restaurants du cœur en Europe et les Sdf pour se convaincre du degré de paupérisation. Mais, une opération aussi importante que le vote ne saurait faire l’objet de transaction financière. Eh bien, c’est pareil au Sénégal. Sauf qu’ici, l’argent règne  en maître dans les relations sociales, politiques, culturelles et sportives. Tout est mercantilisé. À ce rythme, il n’est pas étonnant d’assister à l’émergence d’une caste de multiplicateurs de billets de banque.

C’est le lieu de s’intéresser au financement des partis, mais également aux comportements des hommes politiques vis-à-vis des électeurs.

Nous laissons faire une pratique, qui, à la longue, faussera tout le jeu démocratique, en privilégiant une bourgeoisie qui va accaparer les postes de responsabilité,  à tous les niveaux et en laissant en rade beaucoup de cadres compétents.

Il est alors plus étonnant que des médias leur serve de relais dans ces opérations honteuses ou aucun débat sérieux n’est posé sur la compréhension des points devant faire l’objet de la révision constitutionnelle.

Assane Samb

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