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Ousmane Tanor Dieng : «Wade doit savoir qu’il ne peut pas s’en sortir seul»

A Paris, le premier secrétaire du PS de retour de Genève s’est permis de briefer ses camarades du PS et de l’opposition en général, de la situation du pays et des différentes étapes du combat que l’opposition va engager.

Source : L’Observateur
Vous êtes engagés avec votre parti et une bonne frange de l’opposition, dans un bras de fer avec le pouvoir depuis plus de 3 mois maintenant. Un statu quo sans que l’on ne puisse dire quand cette situation va prendre fin. Jusqu’à quand . . . ?

Ahhh … . Je ne saurais vous dire jusqu’à quand, ni à quoi cette situation va aboutir. Mais une chose est sûre, on ne pourra pas nous reprocher nous de l’opposition d’être responsable des fâcheuses conséquences que cette situation va entraîner puisque notre position est très raisonnable. Nous avons indiqué à Abdoulaye Wade que la situation du Sénégal est aujourd’hui bloquée avec des crises à tous les niveaux . . . crises sociales et économiques (avec la flambée des prix des denrées, les délestages, les pénuries de carburants, des travailleurs de tous les secteurs mécontents), crises institutionnelles (avec la légitimité de la représentation parlementaire fortement entamée, et sa légitimité à lui aussi d’ailleurs puisque le résultat de l’élection présidentielle nous pose toujours problème), ne parlons même pas de la crise politique entre lui et nous. Alors face à tout cela, nous avons juste demandé à Wade de convoquer des assises nationales pour parler des problèmes du pays. En demandant cela d’ailleurs, nous ne nous inscrivons que dans une bonne tradition qui a jusqu’ici constituée un facteur d’équilibre de notre système politique et institutionnel puisque dans un passé pas très lointain, le même Abdoulaye Wade alors opposant de Diouf descendait les marches du palais en révélant aux sénégalais que « le Président m’a invité à discuter de Tout, tout avec un grand T (sic) ». Alors, dans la discussion que nous préconisons le pouvoir restera le pouvoir, l’opposition aussi restera à sa place puisqu’il ne s’agit pas pour nous d’imposer quoi que ce soit, tout comme il ne s’agit pas d’entrisme pour cacher les problèmes. Dans l’opposition aujourd’hui, nous sommes convaincus qu’il faut prescrire le dialogue et proscrire l’entrisme. C’est tout !

Mais pourquoi ne pas lui reconnaître à lui, président de la République la responsabilité de trouver des solutions à ces problèmes que vous évoquez plutôt de vouloir lui imposer votre agenda ?

Dans la méthodologie, on n’impose rien. Mais, c’est parce que nous pensons qu’il ne lui est pas possible de trouver des solutions durables à tous ces problèmes sans discuter avec nous. Il ne s’agit en rien de lui imposer quoi que ce soit. Vous pensez que lorsque Abdou Diouf discutait avec Abdoulaye Wade ou avec l’ensemble de l’opposition, vous pensez qu’il ne lui était pas loisible de dire non, je ne discute avec personne, je fais comme je le sens puisque je suis sorti vainqueur des élections. Cela ne se passe pas comme çà dans une démocratie. Ce combat-là, Abdoulaye Wade ne peut pas le gagner, mais si lui et les gens avec lesquels il travaille pense que c’est possible, alors tant pis pour eux ! On verra où cela va mener. Les seuls résultats des dernières élections législatives devraient le convaincre que les sénégalais ne sont pas contents de lui. D’ici à ce qu’il nous rejoigne à la table des négociations, il peut toujours s’estimer heureux d’avoir l’une des oppositions les plus responsables en Afrique.


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