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Panne d’électricité, coupure d’eau : Cadeaux pour les législatives

Vivent les ombres et le noir. Vivent les pénuries d’eau, de gaz et de bois. Rien de grave. Ainsi va le Sénégal nouveau. Inscrit dans l’ordinaire des gens, ce ne sont pas tous ces manquements qui feront vaciller les bases d’un régime qui offre au peuple, à la veille des législatives, une liste de « cadeaux » dont personne ne veut et qui ne lui coûteront rien au final. Question d’habitude.
A côté de toutes les pannes constatées et subies par les populations, la logique de l’ombre s’installe ainsi un peu partout dans le pays. Et dans cette descente vers les ténèbres, aucune réponse n’avait été servie par la Société nationale de distribution électrique (Senelec), jusqu’à ce que celle-ci nous serve la version selon laquelle, le brouillard visible à Dakar dans la nuit du vendredi à samedi serait le principal responsable des mille coupures journalières que vivent les Sénégalais du matin au soir et toute la nuit.

En ce début de mois, où les populations des villes ont fini de faire leur ravitaillement remplissant, avec les maigres revenus qu’ils parviennent encore à gagner, les cages exiguës de leur réfrigérateurs, de quelques poulets, de précieux quartiers de viande pour la famille, de pièces introuvables et trop chers de poissons, voilà que le manque d’électricité, risque de tout compromettre. Menaçant de mettre en péril les équilibres alimentaires au sein des concessions dans un pays en crise. Au moment où parti au pouvoir et ses alliés s’offrent une campagne des législatives qu’ils sont sûrs de remporter, où Wade et son pouvoir vont choisir des députés prêts à leur dire OUI pour avaler toutes les couleuvres, la colère gronde dans les maisons. Parce que Wade, son Premier ministre, son régime semblent tourner le dos à toutes les priorités pour ne gérer que des projets « porteurs », le pays ne vit plus. La colère même contenue existe et même le régime ne saurait en faire l’économie.

Le brouillard, les oiseaux, la Sar et après…

L’électricité fait défaut dans tout le pays. Et depuis un an, toutes les explications qu’on a servies, n’ont convaincu personnes. Un moment, il a été évoqué la pénurie de pétrole et les problèmes de ravitaillement qui ont opposé la Société africaine de raffinage (Sar) et la Senelec. Le rétablissement de ces relations longtemps bonnes jusqu’à ce que…, n’a pas permis de faire sortir les villes du noir et du manque de courant.

Le pire, n’a d’ailleurs jamais été loin. Pendant qu’on sortait de la pénurie d’électricité, voilà que les « adeptes du manque » réinstallent les Sénégalais dans une autre forme de pénurie plus grave : celle du gaz et de carburant pour les véhicules et groupes électrogènes. Avec comme slogan, « Retournez à la bougie » ou encore « mangez des aliments crus ».

Parce que dans un pays où les rares forêts encore en vie, ne peuvent plus assurer l’alimentation en charbon et en bois de chauffe, la bouteille de gaz est vendue, comble d’incohérence à plus de 2800 FCFA la bouteille. Le courant même coupé à longueur de mois coûte toujours plus cher. Signe des temps, les bonnes comme les femmes de ménages sont fatiguées de traîner la journée à guetter l’horizon pour apercevoir un camion chargé de bouteilles de gaz de six kilogrammes. Elles errent, chopent des coups de soleil, sous le regard indifférent de gens qui prétendent gouverner ce pays et qui voient tous les jours derrière la baie vitrée de leur grosse berline, tous ces gens qui guettent un espoir vain de mieux être qui risque de ne pas venir avec Wade et ses hommes.

Victimes de la chaleur, la pauvreté, le mépris de leurs dirigeants, les Sénégalais sont FATIGUES. Que leur reste-t-il d’ailleurs à faire après tant d’années de souffrances en tout genre ? Rien, sinon survivre et voir tous les jours, un régime « sucrer » ses hommes, (les élus locaux ont eu leur part il y a quelques jours), pour rester contre vents et marées au pouvoir avec une majorité passive partout ( à l’Assemblée nationale, au futur sénat etc.

Ainsi, va le Sénégal. Et la Senelec dans ce contexte, peut dire ce qu’elle veut en matière de panne. Elle peut invoquer le brouillard, le vent, et même la pluie qui va venir. Pourquoi pas la faute aux Sénégalais eux-mêmes ?Oui, elle dira ce qu’elle voudra la Senelec. Les populations ne diront rien. Elles sont « mortes » d’attendre de voir surgir du mandat passé et actuel de Wade, un brin d’espoir.


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