31 octobre, 2014
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Pape Diop, Mamadou Seck, Moussa Sy en rébellion : Le Pds pourrit par la tête

Pape Diop, Mamadou Seck, Moussa Sy en rébellion : Le Pds pourrit par la tête

Ce sont les vertus de l’opposition : Les libéraux s’affranchissent de la tutelle de Abdoulaye Wade après la perte du pouvoir. En entrant en rébellion, Pape Diop, Mamadou Seck et Moussa Sy montrent que l’ex-chef d’Etat est devenu une variable comme tous les militants.

Au Parti démocratique sénégalais (Pds), la tragédie se vit au présent alors qu’un avenir incertain se profile sous leurs yeux pleins d’amertume. En prenant la décision de confier le parti à Oumar Sarr, Abdoulaye Wade montre qu’il est encore le Me… du jeu politique libéral. Cela a créé une levée de boucliers des hauts responsables libéraux et une rébellion entretenue par les têtes d’affiche du parti. Abdoulaye Wade, qui incarne toujours à 84 ans le leadership de son parti, a oublié qu’un vent contraire souffle sur les prairies bleues. La perte du pouvoir a procuré aux militants du Pds de nouvelles vertus : le courage et surtout la possibilité de dire non. Depuis la chute du premier régime de l’Alternance, Abdoulaye Wade est devenu une variable comme tout le monde. Ses décisions sont épiées, mais surtout remises en cause par ses fidèles militants qui aspirent à de nouvelles responsabilités au sein du parti. Son leadership infaillible depuis plus de 30 ans vacille sous la mutualisation des leaders frustrés. Cette Alternance, qui n’a pas seulement emporté un pouvoir, a provoqué un remous inhabituel dans les rangs du Parti démocratique sénégalais (Pds) dont l’implosion est programmée dans les prochains jours à cause de l’ex constante. Constat curieux dans ce contexte de rébellion : le Pds pourrit par la tête : Pape Diop (Président du Sénat), Ma­madou Seck (Président de l’As­sem­blée nationale), Moussa Sy (maire des Parcelles assainies) sont entrés en rébellion pour réclamer la considération due à leur rang de grands dignitaires libéraux. «Les gens ont fait beaucoup de concessions au secrétaire général national du Pds, en sa qualité de président de la République. Les gens ont voulu lui donner tous les pouvoirs. Il est arrivé maintenant l’heure où tout le monde doit prendre ses responsabilités et se déterminer pour l’avenir du parti, si nous tenons au Pds, qui n’appartient plus à Abdoulaye Wa­de», explique Moussa Sy.

Soupçonné de confectionner des listes pour les prochaines Législatives, le président déchu qui insufflait le rythme à ses «poulains» est obligé de s’arrêter au milieu du gué pour prendre en compte les plaintes et les complaintes de ses ex-pantins. Au­jourd’hui, le débat de la constante entretenu par tout le conglomérat libéral pour «tuer» les autres se retournent contre le système libéral structuré autour de l’infaillibilité de Wade comme un boomerang. Parti mal structuré, leader charismatique et intouchable, tous les egos qui dépassent étaient sous la menace du sabre.

Wade, ex-constante

Entouré de personnalités sans charisme, sans relief et base politique solide, l’ancien chef de l’Etat se retrouve prisonnier de ses mauvais choix. Pape Diop, Mamadou Seck, Ous­mane Masseck Ndiaye regrettent sans doute leur passivité et surtout leur esprit domestiqué pour la sauvegarde de leur poste. Sans base politique solide et gage de charisme, leur position stratégique et leurs moyens n’auront servi à rien pour leur assurer un positionnement futur à la hauteur de leur envergure administrative cautionnée par Wade. C’est là où le bât blesse : En voulant un rang que devrait leur conférer leur légitimité historique, ils accélèrent aussi la décomposition de leur parti massifié par des opportunistes et purgé aussi de ses enfants naturels (Macky Sall, Idrissa Seck…). A l’époque, la situation arrangeait leur ascension politique. Aujourd’hui, le retour du bâton crée un nouveau remous politico-stratégique dans le Pds dont les fondamentaux sont menacés davantage par la transhumance et autres démissions.

Depuis la chute du pouvoir, Karim Wade est devenu un sujet banal. Après des années d’omerta et porté par cette nouvelle jeunesse, le débat sur le fils de l’ex- chef d’Etat, jadis sujet tabou au sein du Pds, est au cœur de toutes les discussions. Hier, Moussa Sy a reconnu sans ciller l’implication de Karim Wade dans la chute de leur régime. Ces analyses et ces aveux interviennent dans un mauvais contexte : la perte du pouvoir. Mais, le Pds s’offre de nouvelles vertus en pleine décomposition.

lequotidien.sn