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Pape Gaye, directeur Intra health international : « Il y a un énorme besoin en matière de lutte contre les maladies cardiovasculaires »

Le Soleil- L’Onh Intra health international a lancé, le 7 novembre 2017, en marge du Symposium sur la santé qui s’est déroulé à Dakar, son projet sur les maladies non transmissibles, notamment l’hypertension artérielle. Son directeur général, Pape Gaye, revient, dans cet entretien, sur l’utilité de ce programme global qui va se dérouler dans trois grandes villes à travers le monde : Dakar, São Paulo et Oulan-Bator avec l’objectif d’améliorer la santé cardiovasculaire en milieu urbain.

Vous venez de lancer, en marge du symposium sur les partenariats public-privé dans le secteur de la santé, le projet sur les maladies non transmissibles surtout l’hypertension artérielle dans la région de Dakar. Quels sont les objectifs visés par ce projet ?
Les objectifs qui sont fixés, c’est d’abord d’attirer l’attention et de faire le plaidoyer pour avoir des programmes spécifiques sur les maladies chroniques et les maladies non transmissibles. Trois villes ont été choisies pour cette initiative globale : São Paulo (Brésil) en Amérique Latine, Dakar (Sénégal) en Afrique et Oulan-Bator (Mongolie) en Asie. Ce sont des villes où il y a un énorme besoin en matière de lutte contre les maladies cardiovasculaires. La vision est que le projet serve de catalyseur pour d’autres activités à venir. Le deuxième objectif est de mobiliser les partenaires qui vont venir et mettre en exergue l’importance de traiter de ce sujet. Dans nos pays, ces maladies font beaucoup de dégâts. Si on ne fait pas attention, si on ne fait pas une bonne conscientisation, une bonne communication, elles peuvent faire des ravages. Il y a une étude mondiale qui a été menée et qui montre que le monde tend vers une situation où nous allons maitriser plus ou moins les maladies transmissibles, mais le grand problème, c’est l’hypertension. C’est un double objectif : un plaidoyer et une mobilisation des partenaires.

Dans son plan stratégique, Intra health a inscrit les maladies chroniques parmi ses priorités. Est-ce que ce partenariat avec Novartis vient concrétiser la mise en œuvre de ce plan ?
Pour nous, c’est une très bonne chose d’avoir une organisation comme Novartis qui a reconnu que Intra health avait déjà mis sur pied une très bonne plateforme, parce qu’il ne voulait pas commencer à zéro. Dans nos discussions, la directrice de la fondation Novartis m’a dit que ce qui l’attirait, c’est surtout cette plateforme, car il y avait déjà une collaboration entre Intra health et le ministère de la Santé. La discussion qui s’est tenue montre qu’il y a une très grande volonté de la part de tous les acteurs d’aborder le problème des maladies chroniques et les maladies non transmissibles de façon générale, et de façon spécifique, l’hypertension artérielle.

Pourquoi le choix de l’hypertension artérielle ?
C’est un des nouveaux phénomènes. On a toujours parlé des maladies des riches. On est en train de voir ça. Au fur et à mesure que le pays se développe, la population va commencer à souffrir de ces maladies liées aux changements de régime alimentaire, au manque d’exercices physiques, sans compter les autres problèmes, tels que l’abus du tabac. En termes de partenariat public-privé, je suis très content des résultats de la discussion. Ce que Novartis fait avec Intra health est un très bon exemple de Ppp. D’après les interventions que j’ai entendues, les gens sont disposés à venir nous soutenir.

Quelles sont les différentes parties prenantes qui vont intervenir dans ce projet ?
Nous aurons l’Usaid, les Nations unies, mais c’est surtout les autres compagnies pharmaceutiques pour le moment. Il y a la totalité des produits pharmaceutiques. Elles ont, bien sûr, l’intérêt parce que c’est elles qui fabriquent les médicaments. J’espère qu’on verra aussi des partenaires multisectoriels, parce que nous avons besoin de toucher à tous les secteurs.

Quelles sont les expériences réussies par Intra health en matière de partenariat public-privé ?
Nous en avons plusieurs. La première qui me vient à l’idée, à part celle-ci, c’est l’expérience que nous avons en Tanzanie dans le domaine de la santé numérique. Là-bas, nous travaillons avec le ministère de la Santé, la compagnie de téléphonie, les associations de sages-femmes, de médecins. Si nous arrivons à faire de sorte que les travailleurs de santé s’inscrivent, s’abonnent au système de la compagnie de téléphonie, ils créent, par là, un réseau fermé où les travailleurs peuvent se parler gratuitement. Nous avons aussi d’autres expériences au Kenya et dans d’autres pays.

Lors du symposium, il était beaucoup question du digital dans le système de santé. Est-ce que Intra health international utilise le digital dans ces projets ou programmes ?
Oui, nous sommes les premiers à avoir mis sur pied un logiciel ouvert, les premiers à concevoir une plateforme pour gérer le personnel de santé. Une partie de ce logiciel sert à mieux recenser l’information dont le personnel de santé a besoin pour éviter les répétitions. Ce logiciel permet aussi de contrôler ce qu’on appelle les travailleurs fantômes. Nous avons installé cette plateforme digitale en République dominicaine. L’installation de ce logiciel leur a permis de nettoyer la liste du personnel et d’éliminer tous les travailleurs fantômes qui continuaient à toucher leurs salaires, alors qu’ils étaient morts où ne faisaient plus partie du système. Donc, le digital fait partie des stratégies que nous utilisons.

Propos recueillis par Aliou Ngamby NDIAYE

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