Confidences

Pape Mor Fall, compagnon de Yaadikoone- «J’étais tout pour Yaadi et il était tout pour moi… »

  • Date: 18 août 2015

Un proverbe a dit : «Beaucoup de gens entrent et sortent de ta vie, mais seuls les vrais amis y laissent leur empreinte». Yaadikoone Ndiaye a laissé une empreinte indélébile dans la vie de son ami, Pape  Mor Fall. Ce dernier, malgré sonâge avancé, se souvient des moments qu’il a partagés avec son ami. Il a, ainsi, transformé les mauvais moments en bons souvenirs et les bons moments en souvenirs inoubliables.

 Il était surnommé Mor Cabo Fall, le lieutenant de Yaadikoone. Il était très proche de ce dernier, trop même. Ils ne se séparaient que quand Yaadi était en prison. Yaadi lui disait tous ses secrets dans les moindres détails. «Ce que je connais sur Yaadi, personne dans ce monde ne le connaît. Il me disait tous ses secrets. C’était à moi seul qu’il accordait ce privilège. Il était tout pour moi, j’étais tout pour lui», déclare Pape Mor Fall. Fils de Seynabou Niang et de Ibra  Fall, Pape Mor Fall est né dans un village appelé Toglou, à 5 km de Boukhou. Il a grandi à Campement Nguekhoh à côté de son père adoptif, le frère aîné de son père, El Hadji Socé Fall, chef de Canton à l’époque. Sa rencontre avec Yaadikoone Ndiaye fut des plus fortuites. C’est à campement Nguékhoh qu’ils se sont rencontrés et se sont liés d’amitié.

«On s’est rencontré aux environs de 17 heures à Campement Nguekhoh. Quand il m’a vu, il m’a appelé. Puisque j’étais un gars nerveux, je lui ai répondu sévèrement en lui demandant pourquoi il m’appelait. Donc, il est venu vers moi et m’a dit que c’était Dieu qui nous avait réunis. Il m’a demandé mon nom, je le lui ai dit et il m’a dit le tien. J’ai dit que j’avais déjà entendu parler de lui et que j’étais admiratif de ce qu’il faisait. Les jours ont passé, Yaadikonne venait souvent me voir à Campement. Et, ensemble, nous allions, après les saisons des pluies, à Mbour. Au fur du temps, je commençais à lui porter une estime incommensurable», raconte le vieux qui indique que depuis lors, ils ne sont plus quittés jusqu’en février 1984, date à laquelle Yaadi est décédé.

Ainsi, le vieux Mor Fall, âgé aujourd’hui de 72 ans, vit actuellement à Boukhou avec ses 4 femmes et 22 enfants, ainsi que ses belles mères. Le fidèle compagnon de Ndiaye Yaadi n’a cessé de remercier son ami pour tout ce qu’il a fait pour lui. Yaadi, d’après lui, lui a tout donné même ses savoirs les plus précieux. «Tout ce que je sais, tout ce que je suis devenu, c’est yaadi. Il me disait que j’étais tout pour lui et j’étais le seul sur qui il pouvait compter dans les mauvais moments. Il m’a dit qu’il allait me donner tout ce qu’il a de plus cher et il l’a fait. Il n’avait pas de limites envers moi. Il ne me cachait rien de tout ce
qu’il faisait. Il me disait tout sans exception. C’est lui qui m’a donné tout ce savoir et je lui en saurais toujours reconnaissant», avoue Pape Mor Fall.

Il reconnaît, par ailleurs, que c’est Yaadi qui lui a fait aimer la boxe. «Quand on s’est rencontré, Yaadi m’a demandé si je savais boxer, je lui ai dit que non. Il a alors commencé à m’entraîner, puis m’a inscrit dans une salle de boxe gérée, à l’époque, par Raoul. Grâce à Yaadi, j’étais devenu un très grand boxeur. On me surnommait, à l’époque, le danseur du ring. Parce que j’étais souple, rapide et excellent. Je devais même aller en France compétir, mais j’ai préféré rester aux côtés de Yaadi. Il m’interdisait les femmes et me recommandait de bien manger de la viande pour conserver ma force», se souvient le vieux.

«Yaadi, le ‘djinn’ et moi…»

À en croire le vieux Mor Fall, Yaadi et lui étaient inséparables. Ils étaient comme les doigts d’une main. «Yaadi me trouvait partout. Quand il est venu me rendre visite un jour en prison, le régisseur m’a fait appeler et m’a demandé comment je connaissais Yaadi. Je lui ai dit que Yaadi et moi faisions qu’un. Il m’a alors demandé si je n’étais pas comme lui. Je lui ai alors répondu que j’aurai bien voulu. Le jour de ma sortie de prison, je suis allé voir le régisseur et je lui ai dit que j’allais rejoindre la personne à laquelle je voulais tant ressembler », indique Pape Mor. Et le vieux d’ajouter : «Chaque fois que je suis arrêté, il faisait tout pour me faire sortir de prison. Parfois, il m’envoyait des choses qu’il mettait dans du pain chocolaté et me disait comment l’utiliser. Ah Yaadi ! C’était quelqu’un d’exceptionnel. Il ne me refusait rien». Aussi, Pape Mor Fall de se rappeler le jour où Yaadi lui a fait rencontrer un «djinn», un vrai. «Un jour, il m’a demandé si je voulais voir un ‘djinn’. J’ai répondu oui. Et il m’a demandé si je n’allais pas avoir peur. J’ai dit non. En sortant de Nguékhoh vers Dakar, il y avait un pont, c’est là-bas qu’une nuit il me l’a montré. On marchait tranquillement quand il m’a demandé si je n’avais rien senti dans mon corps. Évidemment que oui ! J’avais les cheveux qui s’étaient hérissés. Il m’a dit qu’il était devant nous. Et, subitement, j’ai vu un taureau apparaître d’un seul coup. Il avait les cornes en flammes. Il faisait 2 heures du matin. Yaadi m’a dit ne pas avoir peur et que je pouvais tout lui demander. La première chose que j’ai demandé au ‘djinn’ est que je voulais être un vainqueur, que je ne puisse jamais perdre devant un adversaire. La deuxième chose est que mon sang ne soit jamais versé tant que je vivrais. On m’a poignardé de partout, mais jamais mon sang ne fut versé. Quand j’ai fini de faire mes voeux, le taureau a meuglé trois fois et est reparti soudainement comme il est apparu», raconte le vieux qui confie que, parfois, le ‘djinn’ vient lui rendre visite dans son sommeil.
Grâce à Yaadikoone, Pape Mor Fall a, en plus du savoir que lui a transmis son grand père, un savoir mystique qui lui vient des «djinns». Savoir qui lui permet, aujourd’hui encore, de rendre service aux gens qui le sollicitent.

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