POLITIQUE

Pape Samba Mboup livre ses vérités : « Que Wade cesse de dire ce qu’il faut faire… Oumar Sarr est un fantoche »

  • Date: 16 septembre 2016

Dans le giron libéral, Pape Samba Mboup est connu comme un homme qui ne mâche pas ses mots et qui dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Quitte même à se faire des inimités. Mais il a surtout bâti sa réputation sur sa proximité, sa loyauté et sa fidélité à Me Abdoulaye Wade, n’hésitant pas à s’ériger en bouclier autour de ce dernier. Et c’est ce feddayin du pape du Sopi qui s’est entretenu avec «L’As» pour asséner, sans fioritures, ses vérités à Me Wade, son fils Karim et décrier le fonctionnement du Pds. Dans un discours tranchant, il invite les militants libéraux à reprendre en main le parti qui, selon lui, doit mettre en place un plan B en perspective de la prochaine présidentielle.

Le PDS est en train de se craqueler

«Tout le monde peut reconnaître avec moi que le Parti démocratique sénégalais (Pds) se porte très mal. Vous connaissez mes rapports avec Abdoulaye Wade, les sentiments que je nourris envers Abdoulaye Wade ; je suis loyal envers Abdoulaye Wade. Je suis fidèle à Abdoulaye Wade. Je ne suis avec personne en dehors de Abdoulaye Wade. Si aujourd’hui, je me permets de dire certaines choses, c’est par loyauté. C’est pour que Abdoulaye Wade sache que son parti va très mal. Le Pds est en train de se craqueler. C’est pour la première fois qu’on voit dans le monde un parti dirigé de l’extérieur. Les dirigeants du Pds qui sont à Dakar ne peuvent prendre aucune décision. Ils ne prennent aucune initiative sans l’aval de Versailles ou de Doha. Et ceci est malheureux les responsables qui sont là sont juste des faire-valoir. Abdoulaye Wade a nommé des responsables, mais ces derniers ne peuvent même pas prendre la plus petite décision. Même pour mettre une virgule, ils sont obligés d’appeler Paris, Versailles et Doha pour demander où mettre la virgule. Actuellement, les militants du Parti démocratique sénégalais sont orphelins, car notre secrétaire général est à Versailles, notre candidat est à Doha. Nous avons l’impression d’être dans une armée mexicaine, chacun fait ce qu’il veut, tout le monde est responsable. Aucune structure ne fonctionne, sauf la fédération de Paris. Mais à Dakar, rien ne bouge parce que les gens ne peuvent rien faire sans se référer à Versailles ou à Doha.

Toutes les décisions du Pds viennent de Versailles et de Doha

Oumar Sarr ne peut prendre aucune décision, et c’est malheureux. C’est pourquoi, je demande respectueusement à Abdoulaye Wade de prendre un peu de recul parce que ses enfants ont grandi. Qu’il fasse confiance à ses enfants. Même s’il ne se retire pas totalement de la direction du parti, qu’il prenne du recul et laisse ses enfants travailler. C’est ce que je lui demande. Qu’il nous laisse travailler. Toutes les décisions prises en Comité directeur viennent de Versailles ou de Doha. Lorsque les décisions tombent, le Comité directeur est convoqué et les décisions validées. La direction actuelle du parti ne peut décider de rien sans se référer à Doha. Il faut qu’on revienne sur terre et qu’on ne se nourrisse pas d’illusions. L’heure est venue de nous dire la vérité, rien que la vérité. Karim est parti, il est normal que nous, responsables, soyons informés de ce qui se passe, de ce qu’il fait à Doha. D’autant que nous sommes tout le temps interpellés dans la rue par les militants qui veulent savoir ce qui se passe. Malheureusement, nous ignorons totalement ce qui se passe avec Karim. Pourquoi Karim est parti à Doha ? Nous n’en savons rien. Qu’est-ce qu’il fait à Doha ? Nous n’en savons rien. Quand est-ce qu’il va rentrer au Sénégal ? Nous n’en savons rien. Et on dit qu’il est notre candidat à la prochaine présidentielle.

Les militants doivent reprendre le parti en main et le reconstruire

Il ne faut pas qu’on se fasse d’illusions. Les militants doivent prendre leurs responsabilités et reprendre le parti en main pour le reconstruire et préparer notre candidat. Qu’on cesse de rêver et qu’on se prépare sérieusement pour l’élection présidentielle. Pourquoi ne pas désigner à côté un autre candidat au cas où. Nous devons réfléchir à un plan B. Car s’il s’avère que Karim Wade est recalé au dernier moment, que fera le parti ? Il est temps qu’on prépare le plan B pour qu’on ne soit pas pris au dépourvu. Le parti regorge de personnes qui présentent un profil parfait pour être candidat. Ils sont nombreux.

Il faut un plan B pour la prochaine présidentielle

Il y a trois jours, Karim Wade m’a appelé pour me présenter ses vœux. Il m’appelle fréquemment, mais il ne parle jamais de son retour au Sénégal. D’ailleurs, est-ce qu’il sait quand il va rentrer au Sénégal. Il est là-bas à Doha, nous sommes ici en train de rêver. Arrêtons de rêver et prenons notre destin. Peut-être que mes propos vont faire mal à Abdoulaye Wade, mais je lui dis la vérité. Même s’il est fâché contre moi, il se rendra compte un jour que je lui ai dit la vérité. Un jour Abdoulaye Wade comprendra que Mboup lui a encore dit la vérité. Parce que je lui ai toujours dit la vérité, il a refusé au début, mais il l’a reconnu après. Je demande aux militants de cesser de rêver. Que les militants s’imposent, récupèrent le parti et le reconstruisent. Chaque responsable du parti se terre chez lui et ne fait rien. Lorsqu’on se rend à la permanence, on ne voit personne ; on n’y trouve que le permanent qui gère les affaires courantes. Il est temps qu’on se penche sur les problèmes du parti. Ce que je dis actuellement, beaucoup le pensent tout bas même s’ils ne le disent pas. J’invite les militants à mettre la pression sur la direction du parti pour qu’on organise le congrès et qu’on arrange la situation. Il faut qu’on réorganise le parti, sinon on n’ira nulle part.

Oumar Sarr est un coordonnateur fantoche

J’ai mal. Partout où je passe, les militants m’interpellent sur le retour de Abdoulaye Wade. Les gens pensaient qu’il allait passer la tabaski ici à Dakar. Vous trouvez cela intéressant. Et on veut que le parti vive. Les principaux animateurs ne sont pas là. Le secrétaire général n’est pas là. Notre candidat n’est pas là. S’il s’avère que Karim ne peut pas revenir, qu’on nous le dise. En tant que militants, nous avons le droit de savoir. Cela suffit la manipulation qui vient de Versailles et de Doha. Oumar Sarr est un coordonnateur fantoche. Il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour maintenir le parti debout. Il a encaissé beaucoup de coups, les gens le traitent de tous les noms d’oiseaux alors qu’il fait de son mieux, mais il ne peut pas aller au-delà de ces deux barrières. Il a les mains liées, on le téléguide. Il ne peut prendre aucune décision.

Participation du Pds à l’élection des membres du Hcct : une grave erreur

J’étais contre la participation du Pds aux élections des membres du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), parce que nous devions être logiques jusqu’au bout. Le Pds ayant voté non au référendum qui renferme la disposition relative au Hcct, il ne devait pas participer à l’élection. Le Pds n’aurait pas dû y aller d’autant que le pouvoir détient la majorité des conseillers qui votent. C’est une grave erreur. Comment pouvait-il espérer quelque chose ? On a donné au régime l’occasion de faire le malin en se vantant d’avoir infligé une raclée au Pds.

Que Abdoulaye Wade cesse de dire ce qu’il faut faire

Abdoulaye Wade avait annoncé qu’il serait à Dakar dans la deuxième quinzaine du mois de septembre. Je reviens fraîchement de Versailles et c’est ce qu’il m’a dit. Je m’excuse auprès du secrétaire général national du parti. Je m’excuse auprès de certains militants (il insiste) qui vont peut-être se fâcher, mais je tiens à leur faire savoir que ce que je viens de dire, je le fais par loyauté, par amour pour Abdoulaye Wade. Je le fais pour dire à Abdoulaye Wade qu’il est temps qu’on s’occupe de la reconstruction du parti. Car le Pds est démoli. Qu’il fasse confiance à ses enfants au lieu de rester à Versailles et de dire ce qu’il faut faire».

L’As

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