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Paris : cette rue «intelligente» s’illumine quand elle détecte du mouvement

Installé fin février, le nouvel éclairage de la rue Antoine-Bourdelle (XVe arrondissement) s’intensifie uniquement au passage de piétons, cyclistes ou automobilistes. Une première dans la capitale.

À première vue, la rue Antoine-Bourdelle ressemble à une banale artère du XVe arrondissement : des trottoirs calmes bordés d’habitations, quelques bureaux, deux zincs et un admirable musée consacré au sculpteur Bourdelle, disciple de Rodin (si vous ne connaissez pas, allez-y, c’est gratuit), le tout au pied de la tour Montparnasse.

Mais depuis fin février, la discrète rue est devenue le terrain d’une expérience innovante, pilotée par la société Evesa et la Ville de Paris. Elles ont équipé pratiquement tous les points lumineux de capteurs de mouvement, capables de détecter tous les modes de déplacement. La lumière, à sa puissance minimale quand la rue est déserte, s’intensifie automatiquement au passage d’un piéton, d’un cycliste ou d’un automobiliste dans un rayon de 30 mètres.

Jusqu’à présent, la Ville avait expérimenté la détection de présence sur l’éclairage public de quelques sites très spécifiques. Mais c’est la première fois que la société Evesa parvient à couvrir un espace mixte, c’est-à-dire un axe routier et des trottoirs.

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Le précédent éclairage était plus jaune. Evesa

« Grâce à l’assemblage de plusieurs technologies, on a trouvé le matériel qui permet de détecter différents types d’usagers. En cela, l’éclairage de la rue Antoine-Bourdelle est plus représentatif de ce qu’on voudrait développer par la suite. Mais c’est complexe à gérer, car même le riverain qui descend ses poubelles doit être repéré », explique Zeynel Acun, directeur des nouvelles technologies d’Evesa.

Bien souvent, les principaux concernés ne perçoivent pas le changement. « C’est le but. Il ne faudrait pas que les habitants soient gênés par un clignotement incessant. D’où un abaissement progressif de la lumière lorsqu’il n’y a plus personne », poursuit Zeynel Acun. Dans la rue, une riveraine confirme : « C’est la lose, je n’avais même pas remarqué ! Ça doit être bon signe. »

Une baisse de consommation d’énergie fulgurante

Il aura fallu huit mois d’études, de préparations et de tests sur un prototype avant d’équiper les treize luminaires d’un éclairage LED et de capteurs. Seuls les deux candélabres aux extrémités de la rue sont restés en l’état.

« Le passage en LED représente à lui seul 75 % de baisse de consommation d’énergie. Avec l’installation de détecteurs de mouvement, on peut atteindre 87 % à certains moments de la nuit, aux heures les plus creuses », résume Patrick Duguet, chef de la section de l’éclairage public à la Ville de Paris.

S’il est encore « trop tôt » pour évaluer la rentabilité de cet « éclairage dynamique », dont le coût s’élève à 27 000 euros, la mairie de Paris et Evesa imaginent déjà les multiples atouts d’une telle installation. Et la Patrick Duguet de conclure : « Les capteurs pourraient aussi servir à calculer le nombre de places de parkings disponibles, par exemple. C’est une première brique de la Ville intelligente qui va nous aider à poser les suivantes. »

Les autres éclairages écolos à Paris

Depuis 2015, la Ville de Paris, par le biais de la société Evesa, convertit par petites touches l’éclairage public en lumière « durable », pour répondre à l’un des objectifs du Plan Climat. Celui-ci prévoit une réduction de 30 % des consommations énergétiques du parc municipal et de l’éclairage public par rapport à 2004. À chaque fois, l’environnement, le public visé et les matériaux sont très différents.

Square René-Le-Gall (XIIIe). Ici, l’éclairage LED et l’installation de capteurs sur les luminaires servent avant tout à préserver… Les chauves-souris. L’Agence d’écologie urbaine mènera une étude pendant deux ans pour mesurer l’impact du dispositif sur le comportement de la faune nocturne.

Boulevard de Courcelles (XVIIe). Cette fois, ce sont les cyclistes, et uniquement eux, qui sont concernés. « L’éclairage dynamique » a été posé sur des candélabres le long d’une piste cyclable.

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