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Le Parrainage : un purgatif efficace (Par Ibe Niang Ardo)

Quoi de plus pertinent que ce parrainage par rapport au péril de la pléthore chaotique qui menace notre démocratie ? – L’Etat doit prendre toutes ses responsabilités et initier une régulation chaque fois que de besoin

Le parrainage n’a pas surgi du néant pour venir semer l’équivoque dans notre espace politique. Il y a bien eu des motifs valables pour le convoquer à fin de satisfaire un besoin dont la prise en charge était devenue inéluctable. La pléthore de candidats lors des dernières législatives nous a servi d’appel au réveil, très interpellatif qui ne pouvait plus dès lors laisser personne ignorer l’acuité du problème lié à l’exercice de notre scrutin et la nécessité urgente d’une rationalisation.  Ainsi le statut quo n’était plus une option, aux yeux de tous, opposition et majorité confondues.

Une régulation s’imposait, pour éviter que n’advienne par inadvertance encore moins ne se répète et s’installe comme une fatale ineptie l’épisode cauchemardesque des législatives. Si l’Etat qui disposant de moyens de le faire s’en abstenait, le risque ne serait pas simplement le retour à un fiasco avec les mêmes causes qu’auparavant, mais plutôt la complaisance du pire en toutes choses. Est-ce admissible de notre part ? Est-ce même pensable ?

L’Etat doit prendre toutes ses responsabilités et initier une régulation chaque fois que de besoin, répondant ainsi par des initiatives pertinentes à l’attente des populations confrontées à des difficultés. En l’occurrence, des deux options qui se dégageaient pour s’assurer de n’avoir en lice que des candidats crédibles (l’augmentation de manière dissuasive de la caution financière ou le parrainage), il a choisi le parrainage qui a l’avantage par rapport à l’autre de ne pas être discriminatoire. Il consiste à imposer un préalable à chaque candidat de tout simplement démontrer que sa candidature est de bon sens. Quoi de plus pertinent que ce parrainage par rapport au péril de la pléthore chaotique qui menace notre démocratie ?

Pourquoi  » jeter le bébé avec l’eau du bain » au motif ici qu’il y aurait des pièges du pouvoir. Même si certains craignent qu’il n’y ait des pièges, en quoi cela invaliderait-il le parrainage dans son essence et le contexte donné ? Que l’on dise que la mise en œuvre du parrainage peut être complexe ! L’Etat peut le comprendre, considérer les variables du parrainage qui demanderaient des réajustements s’il y a lieu et donner droit aux plaignants en ouvrant des discussions sur celles-là afin de trouver un consensus. A défaut de cela il doit prendre toutes ses responsabilités pour apporter les changements idoines. Devant de telles circonstances si faciles à saisir avec un minimum de bon sens, qu’est-ce qui nous vaut cette hargne factieuse de la part d’une fraction de l’opposition à l’encontre du parrainage proposé ?

Certes pas une simple méprise opportuniste sur les motifs de la proposition qui voudrait nous faire croire à l’existence de pièges inhérents destinés à disqualifier de sérieux challengers. Soyons sérieux ! Aucun parti ou mouvement, confiant de sa crédibilité et légitimité sociale, ne devrait avoir des soucis à se faire avec les contraintes du parrainage telles que proposées dans le contexte politique actuel. Qui plus est, là où aucune alternative de ses pourfendeurs n’est ébauchée, une discussion en vue d’aménagements possibles leur est ouverte. Alors sincèrement damner la proposition et convoquer haine et violence insurrectionnelles n’est autre chose que fourberie qui cache un agenda chaotique, ourdi avec cynisme, par des personnes déficientes et irascibles.

Il faut savoir qu’il n’y a jamais eu à la veille d’une élection dans ce pays autant de menaces démagogiques qu’il y en a aujourd’hui, pour les raisons que voici : l’âge et l’usure du temps ont eu raison de nombres de candidats qui aujourd’hui savent qu’ils jouent leur dernière carte et sont prêts à vendre leur âme au diable juste pour conjurer le spectre de purgatoire qui les hante.

Pourvu qu’ils refrènent leur instinct de pyromanie et sache qu’il y a pour chacun de nous des choses dont on a le contrôle et d’autres non. L’on ne commande pas l’insurrection d’un peuple comme ça, à sa volonté. Non plus ne sommes-nous élus président juste comme ça à notre gré, du fait de nos seuls moyens! Alors faute de s’être arrogé son propre destin chimérique avec les choses en dehors de son contrôle, on en oublie celles en notre contrôle comme nos propres valeurs et risquons en poursuivant avec acharnement ce qu’on ne peut obtenir, de s’anéantir dans la frustration. Envers ceux-là dans une voie dépressive, l’Etat doit être vigilant et déterminé, le peuple lucide et responsable, ainsi sauf sera la République.

iniang@seneplus.com

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