ACTUALITE

Partis politiques : Quand « l’insurrection » s’instaure en règle !

  • Date: 2 août 2015

Choc des ambitions, divergences de vues sur des questions. Les partis politiques éprouvent de plus en plus de difficultés à faire respecter l’ordre et la discipline en interne.

Les principales formations politiques du Sénégal ont, depuis quelques temps, du mal à organiser leur communication et à parler d’une même voix. Même le Ps, considéré longtemps comme un cas d’école, en matière de discipline de parti, éprouve de plus en plus de difficultés à canaliser certains de ses membres. Si ce n’est pas le Mouvement des jeunesses pour la démocratie (Mjd) de Babacar Diop qui fait une échappée solitaire, au nez et à la barbe de l’instance dirigeante, ce sont les maires Bamba Fall et Idrissa Diallo qui s’illustrent à travers des critiques acerbes sur la gestion du Ps. Sans oublier la mairesse de Podor Me Aissata Tall Sall. Depuis le dernier Congrès qui a prolongé le bail du Secrétaire général Ousmane Tanor Dieng, Me Aissata Tall fait des sorties publiques et pose des actes qui vont à l’encontre des positions officielles de sa formation politique. Récemment à l’Assemblée nationale, elle avait voté contre la loi sur le nombre de députés désormais requis pour former un groupe parlementaire (15), nonobstant le mot d’ordre de son groupe parlementaire « Bennoo Bokk Yaakaar et de son parti ». Elle n’était pas seule puisqu’il y avait, à ses côtés, d’autres camarades comme Idrissa Diallo et Aminata Diallo.  Des actes qui avaient été dénoncés par le député Cheikh Seck. «Seuls les militants indisciplinés ont voté contre cette proposition de loi qui n’est en rien antidémocratique », avait déploré le maire de Ndindy. Devant cette cacophonie,  le PS a récemment organisé un séminaire pour se doter d’une charte de communication. Avant, le porte-parole Abdoulaye Wilane avait mis en garde le Mouvement des jeunesses pour la démocratie suite à des sorties répétées contre le régime en place. Il avait rappelé que les seuls responsables habilités à porter la parole de sa formation sont le Secrétaire général et lui-même porte-parole.

Au Pds, autre grande formation politique, la discipline de parti semble également mise à rude épreuve par les temps qui courent. On se rappelle la récente convocation de Modou Diagne Fada et d’autres responsables devant le Comité de discipline du parti pour avoir réclamé une restructuration de leur formation politique. A cela s’ajoutent les rapports peu amicaux entre la député Fatou Thiam et le Coordonnateur national Oumar Sarr ou encore entre Fatou Thiam et le Secrétaire général de l’Ujtl Toussaint Manga. Ces derniers s’épanchent souvent sur la presse pour régler leurs comptes. Au grand dam de l’instance du parti mais aussi de « la seule constante », le Secrétaire général national Abdoulaye Wade.

A l’Afp, la direction a dû opter pour une solution radicale en excluant purement et simplement El Hadj Malick Gackou et Cie suite à leur fronde. Un signal fort pour rappeler leur attachement à la discipline de parti et dissuader toute velléité de dissidence.
A « Rewmi », c’est Omar Sarr qui réclame, depuis quelques temps, le départ du leader Idrissa Seck. Le député de Diourbel avait, pendant 9 mois, mis en veilleuse ses activités dans son parti, à cause de divergences de vues profondes avec son mentor. A l’Assemblée, il fut également accusé d’avoir empêché à « Rewmi » de former un groupe parlementaire pour n’avoir pas suivi une consigne de sa formation.

La discipline de parti ne se porte pas mieux à l’Alliance pour la République, le parti au pouvoir.  Ils sont nombreux, les responsables apéristes à avoir des divergences sur des sujets politiques. Par exemple, sur le mandat présidentiel, les points de vue divergent. Si Macky Sall, le chef du parti réitère son engagement à réduire son mandat de 7 à 5 ans, Moustapha Cissé Lô soutient le contraire en rabâchant que le chef de l’Etat a été élu pour 7 ans et qu’il ne s’est concerté avec personne.
En tout cas, la discipline au sein des partis politiques est aujourd’hui plus que jamais un sujet à débat avec les récents événements dans le champ politique : frondes, défiance à l’égard du leader et parfois scission  pose la nécessité d’analyser la discipline dans les rangs et sur la nouvelle posture que doit adopter les partis politiques.

Libérer les forces pour mettre fin à la cacophonie

Selon Mame Less Camara, analyste politique et enseignant au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), le parti politique ne peut plus fonctionner comme à l’ancienne méthode, selon le modèle soviétique  dans « ses raideurs, son centralisme démocratique ». « Le modèle soviétique du parti avec un comité central, un bureau politique, etc., avec une seule voix qui est celle du chef ne marche plus », dit-il. A son avis, les partis doivent se remanier en profondeur. « Le leadership ne peut plus être unique, confiné dans une seule personnalité à l’intérieur d’un parti. Il faut également distribuer les rôles et libérer les forces pour qu’elles pensent les uns avec les autres, les uns contre les autres, avance-t-il. De cette manière, le parti peut dégager une bonne dynamique parce que la position de leader peut être remise en cause à tout moment par une pensée plus reluisante, plus attachante, plus attrayante. Mais si l’on veut avoir des leaders inamovibles, ils étouffent le parti et les volontés en son sein. Cela crée un désordre. Il faut, à l’intérieur du parti, que les groupes qui ont des affinités entre eux puissent se rencontrer et s’organiser pour être porteurs d’un point de vue qui peut être celui du leader ou différent de celui-ci. Il faut ouvrir la compétition au sein des partis », affirme Mame Less Camara. Cette analyse emporte l’adhésion de Moustapha Lô du Parti démocratique sénégalais. « Les membres d’un parti politique cherchent à s’imposer comme représentants d’une population et porteurs d’un projet de société. Ils doivent donc travailler à faire partager la justesse de leurs vues, à convaincre de la valeur de leurs programmes et de leurs objectifs », estime-t-il, en soulignant que les partis politiques partagent le champ politique avec d’autres acteurs ou organisations.
Le but d’un parti politique étant la conquête et l’exercice du pouvoir, Moustapha Lô souligne que les formations politiques sont à la fois des machines électorales, des arènes de débat et des agents de socialisation.  « C’est cette nécessité de débattre à l’interne qui dicte l’obligation de laisser libre court aux idées des uns et des autres. Chacun est libre de prendre position et de faire savoir, sans pour autant enfreindre les règles de discipline établies au sein de l’organisation », affirme-t-il. Peut-être, c’est la voie du salut pour mettre un terme à la cacophonie qui brouille le message des partis politiques.

Par Diégane SARR et Oumar BA / Le Soleil

Comments are closed.

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15