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« Pas de militaire pour organiser les éléctions » Un ‘’wax waxett’’ de Macky souhaité

REWMI.COM Au Sénégal, le fait de se dédire (wax waxeet) est très mal perçu surtout dans le landerneau politique où cela peut donner lieu à des votes-sanctions.

Mais, cette fois-ci, nombre de personnalités, notamment de l’opposition, souhaiteraient en effet que le Président Sall revoient sa copie pour ce qui concerne l’organisation future de la Présidentielle.

En effet, ce dernier avait dit, tout de go, qu’il ne va pas nommer de militaire pour organiser la présidentielle de 2019. Histoire de dire que comme Abdou Diouf en 2000, il ne va pas s’attacher les services d’un général de l’Armée, des personnalités souvent sollicitées pour leur neutralité et leur crédibilité dans l’arbitrage du jeu électoral.

Aujourd’hui, le contexte délétère que les propos d’Aly Ngouye Ndiaye à la 2STV ont largement aggravé, appelle à une nouvelle introspection de la part du Chef de l’Etat.

Demander à ce Ministre de l’Intérieur d’organiser la présidentielle est certes dans les prérogatives du Président de la République, mais ce serait, à notre avis, maladroit. Le Ministre a péché par excès de zèle dans son désir de soutenir le Président de la République. Il ne peut plus arbitrer le jeu électoral. Car, il y a trop de suspicions dans l’air.

La réaction, hier, des partis réunis au sein de l’Initiative pour des élections démocratiques, en dit long sur la dégradation des relations pouvoir-opposition.

Oumar Sarr du Parti démocratique sénégalais (Pds) a été sans ambages : ‘’ Le système de la fraude est déjà orchestré, avance Oumar Sarr, le porte-parole du jour de l’IED. La loi électorale est violée. Nous rejetons totalement le taux de fiabilité de 98% du fichier électoral et demandons plus que jamais un audit fiable du fichier. Nous disqualifions la Cena qui a montré ses limites. Les deux mois fixés pour la révision du fichier sont trop courts. »

Et il est loin d’être le seul. L’opposition, dans son ensemble, a déjà récusé le ministre. Une partie de la société civile est dans cette dynamique. La rupture de confiance est trop profonde.

En conséquence, il serait dommage de la part du Président de la République de ne pas tenir compte de cette situation. Il faudra nécessairement nommer une personnalité indépendante pour crédibiliser les futurs résultats. Et, à ce propos, un militaire serait le plus indiqué.

Pour une fois, le ‘’wax waxeet’’ tant décrié est souhaité. Au nom de la stabilité de la nation et au nom du rayonnement de la démocratie.

Car, il n’y a pas qu’Aly Ngouille Ndiaye. Son prédécesseur Abdoulaye Daouda Diallo avait organisé, en 2017, l’une des élections les plus contestées de l’histoire du Sénégal. Même le camp du pouvoir n’était pas satisfait. Nombre de Sénégalais n’ont pas pu voter faute de cartes d’électeurs ou autres insuffisances notées. Des bureaux de vote ont ouvert très tard et certains, comme à Touba, ont été saccagés. Des résultats ont été contestés surtout à Dakar. Ce scénario est porteur de tensions.

On ne saurait la reconduire en 2019 au risque de connaitre le spectre de la violence post-électorale qui mine souvent les pays africains.
Si Macky ne fait rien, la situation peut dégénérer et il serait responsable, ne serait-ce que par omission.

Le problème, c’est moins le fichier électoral que les conditions générales d’organisation des élections. La carte d’électeur est devenue une denrée rare alors que 50 milliards ont été donnés à la société malaisienne pour leur confection.

Assane Samb/Rewmi quotidien

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