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Passage de l’analogique au numérique- Quelles conséquences pour le Sénégal, après le basculement ?

  • Date: 22 juin 2015

Annoncée avec un grand tintamarre depuis plus d’un an, la transition de l’analogique au numérique s’est officiellement déroulée le 17 juin 2015 au Sénégal. En clair, nos compatriotes devraient, à partir de cette date, disposer des conforts et des offres multiples de la télévision numérique terrestre (Tnt) que sont : meilleure qualité de l’image et du son, accès presque illimité à des chaines, sans oublier la possibilité d’enregistrer, de mettre en pause ou de suivre en différé des programmes de leur choix ! Mais, en attendant que le plateau technique d’Excaf puisse se mettre au diapason, l’heure est peut-être aux interrogations sur les conséquences qu’un tel basculement pourrait avoir sur le paysage médiatique de notre pays, et par ricochet, sur l’influence que des dizaines, voire des centaines de chaines de télévision auraient irrémédiablement sur les populations. Et c’est justement là, qu’à notre avis, l’enthousiasme du président de la République doit être édulcoré. En présidant au lancement de l’évènement, mercredi dernier, dans la salle des banquets du Palais, Macky Sall, visiblement aux anges, a salué le génie des Sénégalais qui ont réussi cette prouesse, faisant du pays de la téranga, le premier à avoir basculé dans l’Afrique francophone. Des agents de la société créée par feu Ben Bass Diagne aux membres du comité national de pilotage de l’analogique au numérique (Contan), ils ont tous été félicités par le chef de l’Etat… Mais malgré tout, beaucoup de professionnels des médias, de sociologues, de religieux ou de juristes s’inquiètent des conséquences du numérique triomphant. Et pour cause, avec la multiplication de leur nombre par 10, 50, 100, les chaines de télévision disponibles (qui sont une vingtaine actuellement), vont poser une véritable casse-tête aux pouvoirs publics. Et le conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), déjà dépassé par sa tâche titanesque, aura du mal à assurer son rôle. Quid des programmes diffusés par autant de chaines ? Personne ne pourra en assurer ni la qualité ni la conformité avec le cahier des charges défini par les autorités. Car, non seulement, les entreprises de presse seront dans l’incapacité d’assurer le contrôle par le visionnage avant diffusion, mais elles ne seront même pas en mesure d’assurer leur mission de production, car, avec le tout numérique, il est fort probable que beaucoup de techniciens se retrouvent au chômage. Ce qui fera le lit de l’arrivée massive des contenus à caractère violent, obscène ou pornographique, au grand dam des régulateurs sociaux qui pensent qu’aucun progrès technique ne doit transgresser nos croyances religieuses et nos us et coutumes. Par ailleurs, il y a des risques réels liés à la médiocrité, au plagiat, au piratage et à d’autres actes relevant de la concurrence déloyale. Qui plus est, la lancinante question de la fracture numérique entre les zones urbaines et la campagne risque de se poser avec beaucoup plus d’acuité, accentuant au passage la césure socioéconomique entre citoyens d’un seul et même pays.

Serigne Saliou SAMB

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