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Patrick Vieira en colère contre les joueurs sénégalais (Diouf et consorts)

Le capitaine de l’équipe de France Patrick Vieira, par ailleurs un des promoteurs du projet de l’Institut Diambars, regrette que les joueurs de l’équipe nationale de football du Sénégal tardent à se manifester pour soutenir leur initiative qui consiste à aider les jeunes talents à réussir dans leur vie. Dans l’entretien qu’il nous a accordé en marge de la conférence de presse qu’il a animée avant-hier dans les locaux de l’institut, à Saly Portudal, le Franco-Sénégalais regrette ce manque de coopération des ‘stars’ sénégalaises. Il se prononce également sur le racisme auquel les footballeurs noirs sont confrontés dans les différents championnats européens. Entretien…

Source : Walfadjri
Wal Fadjri : Vous vous êtes félicité de l’engagement des joueurs de l’équipe de France, notamment Thierry Henry, Michael Sylvestre, William Gallas… à vous soutenir dans la création de l’Institut Diambars. Mais, on ne vous a pas entendu citer le nom d’un footballeur sénégalais. Qu’en est-il ?

Patrick Vieira : Lorsque Jean Marc Adjovi Boco (qui est aujourd’hui directeur de l’Institut Diambars Ndrl) m’a approché en 2002 pour me parler de ce projet auquel j’ai adhéré sans aucune hésitation, la première des choses que j’ai faites, c’est d’en parler aux joueurs que je connaissais très bien. Avec lesquels j’évolue en équipe de France. Il y en a qui m’ont dit oui, d’autres non. C’est ainsi que Thierry Henry, Michael Sylvestre, William Gallas… ont tout de suite adhéré à l’idée et nous ont versé une somme d’argent pour participer à la création de l’institut. Comme je l’ai fait en équipe de France avec mes coéquipiers, les joueurs sénégalais ont été approchés. Mais personne n’a fait l’effort de faire une donation pour l’institut. Je suis vraiment très déçu. Parce que je m’attendais à ce que ces joueurs fassent un petit geste de soutien pour aider les jeunes Sénégalais à réussir comme eux. Mais, je suis au regret de vous dire qu’aucun joueur sénégalais ne s’est encore manifesté pour soutenir le projet Diambars. Un petit geste de soutien moral serait très bien venu de leur part. Et j’avoue que c’est décevant de ne pas avoir un joueur évoluant dans l’équipe nationale du Sénégal présent à cette conférence de presse devant ces enfants. Mais il n’est jamais trop tard. Peut-être qu’un jour ou l’autre, le projet les intéressera.

Wal Fadjri : Contrairement à votre coéquipier en équipe de France, Lilian Thuram qui est très engagé dans la lutte contre le racisme, on ne vous entend pas souvent. Est-ce à dire que ce phénomène ne vous préoccupe pas ?

Patrick Vieira : Au contraire, lutter contre le racisme est l’une des raisons qui m’ont encouragé à travailler avec l’Unesco. Il y a beaucoup de choses à faire dans ce domaine. J’ai eu la chance de jouer en Angleterre où je n’ai jamais vécu ce phénomène. Contrairement à l’Angleterre, le racisme est un gros problème au quotidien en Italie et ça fait deux ans que j’évolue dans ce championnat. Mais, j’avoue qu’il faut avoir les nerfs vraiment solides pour tenir le coup. On ne cesse d’entendre des bizarreries et des insultes racistes qui nous viennent des tribunes. Toutefois, j’ai toujours estimé qu’il ne faut jamais répondre au coup de pied de l’âne. De mon point de vue, il y a deux manières pour régler ce problème. La première, c’est de ne pas répondre. En répondant à leurs insultes racistes, on ne fait que se rabaisser à leur niveau. Par contre, pour répondre à ces insultes et autres bizarreries, je dédouble ma force. Je deviens plus fort sur le terrain en entendant ces insultes. Ceci est la manière, à moi, de répondre à ces insultes. Et je pense que c’est la meilleure façon de répondre à tout ce qui peut venir des tribunes. La deuxième chose, c’est qu’il faut reconnaître qu’il y a tout un travail à faire pour lutter contre le racisme. Car ce phénomène est lié à un problème d’éducation. C’est en quoi j’estime que le travail doit se faire à la base. Il faut, dès le bas âge, chercher à bannir la question du racisme. Ce travail est en train d’être fait, notamment par Lilian Thuram qui donne beaucoup de son temps pour faire avancer les choses. Et c’est pour aider les gens à changer de mentalité, surtout les jeunes, que je compte me déployer sur le terrain pour travailler avec l’Unesco. Le message que je tiens et que je tiendrai toujours à faire passer aux jeunes, surtout à ceux de l’institut Diambars qui sont là, c’est de ne jamais répondre à ces insultes. Bien que ce soit difficile dans la mesure où on est tous des êtres humains. Ce sont des choses qui font très mal. Mais, on doit apprendre à se contrôler pour ne pas répondre à ces insultes. La meilleure façon de répondre doit venir du terrain, en montrant qu’on est le plus fort.

Wal Fadjri : Quels sont vos rapports avec votre partenaire de club (Inter de Milan), Matarresi, qui est entré dans l’histoire depuis une certaine finale de Coupe du monde ayant opposé la France à l’Italie en 2006?

Patrick Vieira : (Rires). Je n’ai pas grand-chose à dire sur celui-là. C’est un collègue de travail avec qui je défends les mêmes couleurs de club. On se bat pour les mêmes objectifs. On n’a pas besoin de nous aimer ou de bien s’entendre pour atteindre les objectifs du club. J’avoue, toutefois, que nous n’avons aucun rapport particulier. Matarresi n’est pas quelqu’un avec qui je vais manger au restaurant. Nous sommes tous des professionnels et des joueurs de haut niveau. Chacun sait pourquoi il est là. On discute seulement de sujet qui concerne l’équipe (Inter de Milan). C’est tout.

Wal Fadjri : Que comptez-vous faire après votre carrière professionnelle ?

Patrick Vieira : (Eclats de rires). Je ne suis pas en fin de carrière. Je suis encore trop jeune pour penser à une fin de carrière. C’est vrai que je vais fêter bientôt mes 31 ans. Mais je n’ai pas encore envie d’arrêter le football. Il me reste même encore des années et des années parce que je me sens encore très jeune. Et je n’ai pas l’ambition d’arrêter. Peut-être dans cinq à dix ans, je mettrai un terme à cette carrière professionnelle. Concernant mes ambitions et mes projets, c’est de venir à Diambars. Je ne dis pas à plein temps, mais d’essayer de passer plus de temps à Diambars pour assister les autres. Parce que mon rêve, c’est d’ériger des instituts Diambars dans tous les pays africains afin d’aider les jeunes à réussir comme nous autres. Alors, à la fin de ma carrière professionnelle, je compte revenir à côté de ces entraîneurs et ces dirigeants de l’institut qui sont là depuis lors pour apprendre à aider les jeunes à réussir dans la vie.

Wal Fadjri : Qu’en est-il de votre récente sortie de presse où vous évoquiez le problème des arbitres ?

Patrick Vieira : Récemment, je disais que les arbitres recevaient trop de pression notamment en Italie. De sorte qu’ils arbitrent moins avec leur cœur. Il y a trop de règles qui les formatent. Je pense que l’erreur fait partie du jeu. On doit laisser les arbitres arbitrer simplement et tranquillement. En ce moment, ils feront moins d’erreur, à mon avis. Il faut qu’on leur concède un peu de liberté de manœuvre. Malheureusement, ceci est loin d’être le cas. Les arbitres ont toujours la pression sur le dos.


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